24/12/2007

L'arbre à palabres suisse

En 1874, la Suisse a fait oeuvre de pionnier en donnant un tour constitutionnel et donc formel à l'arbre à palabres.

 

Baptisé procédure de consultation, le système consiste, préalablement au lancement d'une nouvelle loi, à tâter le terrain en organisant un tour de table auprès des partis politiques et des milieux concernés. Buts avoués de l'opération: sonder le degré d'acceptabilité du projet, recueillir des bonnes idées et participer à la fabrique du consensus, permettant à ce pays si diversifié d'échapper à la dictature de la majorité ou pire à la fracture démocratique du 51-49%, où un citoyen sur deux se retrouve mécontent, incompris, rejeté ou frustré.

 

La formule a plutôt bien fonctionné jusqu'à présent. Elle a pourtant trois défauts au moins: elle allonge le processus législatif de deux plusieurs mois voire années. elle reflète un consensus qui est parfois plus de forme que de fond, elle exprime l'avis des appareils (partis et groupes d'intérêt) davantage que l'avis des citoyens.

 

La Suisse ne devrait-elle pas innover et se servir davantage d'internet pour recueillir l'avis des citoyens? Passer en quelques années de la Landsgemeinde au forum virtuel est une idée séduisante. Créer un remue-méninges national ou à géographie variable en fonction des questions traitées, quoi de plus excitant pour des politologues convaincus que l'intelligence collective est notre avenir et que la démocratie ne saurait se passer des citoyens, comme c'est hélas le cas aujourd'hui en Europe.

 

Récemment deux chercheurs (Franco Furger et Stéphane Tendon) ont relancé le débat dans une tribune libre publiée par le Temps. Voici l'essentiel de leur thèse en résumé

Nous proposons de lancer des consultations de citoyens au moyen du "netdialogue". Le principe est le suivant:

1) un échantillon représentatif des citoyens suisses est invité à participer à un processus de consultation sur des projets de loi d'intérêt général comme l'interdiction de fumer dans des lieux publics, la publicité sur l'alccol, la construction de minarets, la réforme de l'assurance maladie, les nanotechnologies. On crée des panels où chacun s'informe et se familiarise avec le sujet.

2) chaque pannel ouvre un débat citoyen au moyen d'internet et examine les aspects positifs et négatifs d'une proposition.

Le but, écrivent les auteurs, n'est pas nécessairement la recherche d'un consensus, mais de rapprocher la chose publique du peuple et de permettre à des citoyens devenus plus compétents de donner un avis en connaissance de cause.

 

Qu'en pensez-vous? L'internet peut-il changer la manière de faire la politique? Les premières expériences qu'on peut suivre ici et là sont pour l'instant guère encourageantes. Pour notre part, les quelques blogs à vocation citoyennes ne rencontrent qu'un intérêt relatif. Mais comme disait Guillaume d'Orange Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer.

 

Les blogs publics de la Tribune. Cliquez sur les icônes. Vous trouverez la marche à suivre sous les mots "mode d'emploi" dans la deuxième colonne de chaque blog.

 

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08:10 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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