09/05/2008

Le développement durable selon saint Gilles

1404422990.jpg "Ne pas voler à nos enfants ce dont ils auront besoin pour vivre". "Voilà un principe simple et essentiel, écrit Gilles Petitpierre dans la Tribune du 8 mai. Nous appelons les futurs élus à l'Assemblée constituante genevoise à placer ce principe au coeur de leurs travaux. Pour que notre future constitution soit un exemple dans l'histoire. La première Constitution fondée prioritairement sur le critère du développement durable".

Le radical convaincu que son parti a fait la Genève prospère d'aujourd'hui (merci pour les autres courants politiques!), nous sert un de ses articles qui ne coûte pas cher et font plaisir. La Bible était plus économe en mots (et manifestement plus durable). Elle spécifie tout simplement: Tu ne voleras pas!


Que veut donc dire "ne pas voler à nos enfants ce dont ils auront besoin pour vivre"? Le professeur honoraire de l'Université de Genève s'est-il au moins posé la question?

Nos enfants, que veut dire ce "nos" possessif. On imagine évidemment que ce sont là tous les enfants de l'humanité, même si l'on ne voit pas très bien comment la constitution de la modeste république genevoise pourrait s'engager sur quoi que ce soit. Mais c'est là un travers courant au bout du lac de penser pour la terre entière. Un prosélitisme très calvinien sans doute. 

De quoi "nos" enfants auront-ils besoin demain? Vaste question.

De pétrole? Depuis que le monde est monde et que la terre porte des humains  sa surface, force est de constater que le pétrole n'est un élément vital que pour la tranche minuscule des humains qui ont vécu ces cents dernières années. Et encore pas pour tous. Nombre d'humains n'en connaissent encore ni la couleur, ni l'odeur. 

D'eau pur? Cela paraît évidemment plus vital. Qui sont les voleurs d'eau pur? Comment les poursuivre, les amender? Je me réjouis des débats de la Constituante ouvrira à ce sujet.

D'un climat tempéré (?), équilibré (?), non réchauffé (?). Besoin vital semble-t-il. Mais là encore on voit mal notre république gourmander les Etats-Unis où la Chine grands pollueurs devant l'éternel.

Que veut dire vivre enfin et pour être précis "ce dont ils auront besoin pour vivre"? Pour vivre heureux (?), pour vivre prospère (?), pour survivre (?). Les mots sont décidément difficile à manier. Surtout dans une constitution. 

 JFM

 

Voici l'intégralité du texte de Gilles Petitpierre publié dans la Tribune d'hier 8 mai 2008 

 

La durabilité doit être gravée dans le marbre constitutionnel

L'INVITÉ | 00h00

 

GILLES PETITPIERRE, PROFESSEUR HONORAIRE DE DROIT À L’UNIVERSITÉ DE GENÈVE | 08 Mai 2008 | 00h00

Ne pas voler à nos enfants ce dont ils auront besoin pour vivre. Voilà un principe simple et essentiel. Nous appelons les futurs élus à l'Assemblée constituante genevoise à placer ce principe au coeur de leurs travaux. Pour que notre future constitution soit un exemple dans l'histoire. La première Constitution fondée prioritairement sur le critère du développement durable.

Nous appartenons à la famille politique, le Parti radical, qui a créé la Genève moderne. Les droits fondamentaux, la liberté de presse, de culte, de commerce, l'école publique obligatoire sont notre fierté. De même que les assurances sociales, l'AVS, le congé maternité. Tout ce qui a fait de la Suisse, pays pauvre et exsangue au début du XIXe siècle, l'un des pays les plus prospères et les plus justes du monde.

Notre devoir est pourtant de ne pas nous contenter de ces succès. Le 5 novembre 1898, Georges Favon écrivait que le Parti radical ne pouvait se satisfaire d'avoir obtenu ce pour quoi il était né. Certes, «la démocratie politique a été portée par nous presque à ses extrêmes limites: la souveraineté populaire est un fait. Maintenant, c'est un souci plus profond d'égalité qui travaille le peuple, c'est la question sociale qui se pose.»

Cent dix ans plus tard, héritiers de Favon, nous disons qu'aujourd'hui, c'est la question de notre responsabilité à l'égard des générations futures qui se pose. Une question à deux volets: les ressources naturelles et les ressources financières.

L'environnement? Parlons-en. Unanime, le Grand Conseil vient de voter une résolution en faveur de la société à 2000 Watts. Mais sans se donner ni de délais, ni de moyens pour y parvenir. Simultanément, les Services Industriels de Genève, soutenus dans ce projet par le Conseil d'Etat et même par des élus écologistes, veulent construire au Lignon une centrale électrique à gaz. Assez d'incohérence! La nature ne doit plus servir d'argument électoral kitsch. Il n'est plus temps. Si l'on veut parvenir à sauver notre planète, montrons l'exemple. En nous engageant à ne plus augmenter notre dépendance à l'égard des énergies non renouvelables, nucléaire et gaz y compris.

Mieux: à la réduire progressivement au rythme de 1% tous les deux ans. C'est un objectif simple. Précis. Ambitieux, mais réaliste. Les moyens techniques existent pour réduire la consommation énergétique de nos immeubles, de nos ordinateurs, de nos voitures. Et sans recourir aux taxes ni aux subventions, mais en agissant sur le marché, comme le prévoit notre programme (www.radical.ch).

Cela vaut aussi pour les finances publiques. Au cours de la dernière quinzaine d'années, Genève s'est endettée plus que n'importe quel Etat européen. Notre confort, nous l'avons financé sur le dos de nos enfants. La dette, tout comme la pollution, est une bombe à retardement. Elle réduit la capacité d'agir. Elle obligera nos enfants à payer les erreurs du passé, plutôt qu'à investir dans les succès de l'avenir.

La future Constitution doit donner le cadre d'une politique de désendettement. Et fixer un minimum de 2% annuels de baisse de la dette (environ 200 millions) jusqu'à ce que nous ayons atteint un niveau responsable. A terme, la dette ne doit plus dépasser 50% du budget cantonal.

Le comité directeur du Parti radical genevois a approuvé ces deux principes fin avril. Nos élus à l'assemblée constituante tenteront d'obtenir que ces principes finissent gravés dans le marbre constitutionnel.

 

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