22/07/2008

Elire des indépendants à la Constituante. Impossible?

wouter.gifComment se faire élire à titre individuel et en toute indépendance à la Constituante? Impossible! Le Grand Conseil a privilégié le mode de scrutin proportionnel qui oblige tout candidat à s'associer à au moins 14 autres personnes pour présenter une liste. Un Genevois, Hollandais d'origine, croit avoir trouvé la parade.Il lance www.proposition.ch


Ce sera une association à vocation unique, dont la dissolution est d'ores et déjà fixée au 19 octobre au soir, date de l'élection de la Constituante. Elle servira exclusivement de véhicule électoral sans aucune attache ni ambition politique assure Wouter van der Lelij dans un courriel adressé tous azimuts. Wouter van der Lelij a 33 ans. il habite Vésenaz, est marié et a un enfant. Licencié HEC, il a créé JobUP.ch qu'il vient de vendre à Edipresse (l'éditeur de la Tribune).

Wouter van der Lelij est aussi président de l'association Realis. Il a créé parcours.ch, chante dans le choeur du Grand-Théâtre et joue dans un groupe rock Les Hiziti.

"Habituellement, écrit le jeune patron, les élus d'une assemblée reçoivent des consignes de vote de leur parti politique qu'ils doivent respecter. D'ailleurs, s'ils vous arrive de regarder les séances du Grand Conseil sur Léman Bleu vous serrez souvent frappés par l’absence de débat. Personne n’écoute personne. De toute manière les « jeux » sont déjà faits…

Pour l'élection de la Constituante, il est fort à parier que les partis maintiennent leur système de consigne de vote. En dehors des partis, les candidats élus des deux principales listes "hors-partis" FAGE et G[E]'avance  représentent des associations et des fédérations. Ainsi, il est bien naturel que leurs élus éventuels votent selon les consignes décidées par leur bureau, prenant en compte les intérêts qu’ils sont censés représenter.

Je crains donc, poursuit  Wouter van der Lelij, que les débats de fond au sein de la Constituante, soient, comme le sont déjà les débats au Grand Conseil, des débats dans le vide. Cela serait très dommage pour l’avenir de Genève. Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour essayer de changer ce mode de fonctionnement?

proposition.ch.png

Et de proposer à toute personne intéressée de se regrouper sur une liste modeste et indépendante: www.proposition.ch.

  1. Chaque candidat sur la liste «www.proposition.ch» se présente de manière libre et détaillée sur ce site, avec son CV, et quelques propositions politiques.
  2. Notre «campagne commune» sera basée principalement sur ce site, sur des rencontres avec la population, et lors de manifestions organisées par les médias. Notre budget pour l’élection sera de 4'000,- (les frais de dépôt de notre liste) divisé entre le nombre de candidats (donc maximum 267 Fr/personne). Nous ne prendrions volontairement pas part dans la campagne d’affichage.
  3. L'«association» prend fin à l’élection le 19 octobre 2008; chaque personne éventuellement élue sera libre de s’exprimer comme elle l'entend par la suite.

A suivre!

JFM 

16:15 Publié dans Associations, Candidatures | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

Le lien explique de lui-même pourquoi une telle idée est saugrenue. Les candidats ne feront pas campagne et reprendront leur liberté totale le soir de l'élection. Autrement dit avec une Assemblée constituante qui sera déjà très éclatée, nous y ajouterions deux électrons libres de plus.

C'est un assez bon moyen depriver les genevois d'une nouvelle constituution dont la République a pourtant bien besoin.

Cette élection demande un minimum de pragmatisme si l'objectif est bien de livrer une texte acceptable dans 4 ans.

Cette assemblée a peu de chance d'y parvenir suivant le résultat du scrutin, avec des lobbies puissants qui seront là pour poser les mines sur les vrais enjeux dont leurs commanditaires ne veulent pas entendre parler.

A cela s'ajoutera des formations politiques qui ont tout sauf envie de faire de vraies réformes, notamment les libéraux, l'UDC et une partie de la gauche conservatrice (ultra gauche).

Il faut donc que les genevois soient très attentifs lors de leur vote et qu'ils rechcerhcent clairement leur volonté profonde.
Si le changement est bien ce qu'ils veulent, alors ils devront viser juste et ne pas se laisser tenter par le chant des sirènes.... il n'arriveront jamais à bon port!

Cela dit j'aime bien l'idée de Wouter, elle montre bien que la Constitution est avant tout une affaire"citoyenne".

Si son projet n'aboutit pas et qu'il est encore dans les temps, il peut toujours prendre contact avec moi pour en discuter.

Notre liste "CHANGER GENEVE" rassemble quelques dizaines de citoyennes et citoyens qui ne sont pas des politiques mais des CITOYENS avec leurs vécus, les bosses et cahos de la vie, toute abstraction est non seulement illusoire mais dangereuse car les constituants doivent représenter la société telle qu'elle est et non pas telle que les théoriciens la croient.

merci à lui pour ce vent de fraicheur au milieu d'un politiquement convenu qui juste lassant et stérile!

Écrit par : patrick dimier | 22/07/2008

Qu'est-ce qui fait qu'un « citoyen » devient un « politique »?
L'affiliation à un parti ? Suffit-il vraiment de payer 100 francs par an de cotisation pour changer soudainement de catégorie ? Est-ce le fait d'être élu à une assemblée qui fait de vous un politique ? Ou faut-il atteindre le stade d'élu à un exécutif, voire même peut-être à un exécutif suffisament important pour faire de vous un professionnel ? Ou suffit-il de se présenter à une élection ?
La réponse de Wouter est intéressante. La barrière fixée est celle de l'affiliation à un groupe, dont il s'agit d'accepter les ukases et les diktats, éleborés en interne de manière plus ou moins démocratique selon les partis. C'est d'ailleurs le but même du parti politique que d'organiser la constitution de majorités facilitant la gouvernance, à contrario d'une sorte d'anarchie sympathique ingouvernable, parce que chacun conserve son quant à soi. En fait, un parti, c'est un bras de levier.
Un parti unique ou très largement majoritaire, c'est donc la dictature assurée du groupe ayant su parvenir aux commandes. Cela facilite les bouleversements profonds et les mutations rapides, mais sans prendre de gants, voire avec une violence extrême à l'égard des opposants. Pas de parti, ou trop de petits partis, c'est le risque que plus rien n'avance et que les plus petits dénominateurs communs, sur lesquels une majorité parvient à se retrouver, soient proches de l'immobilisme.
Bien que membre d'un parti depuis deux ans et même rédacteur en chef du journal de ce parti, je dois dire que la logique partisane, le fait de devoir être d'accord avec la ligne, ou pire, en désaccord avec une proposition ou une personne, juste parce qu'elle n'est pas de la bonne couleur, me laisse encore songeur.
Ce dont je suis certain en revanche, c'est que la liste dont parle M. Dimier, dont les initiales sont celles du MCG, n'est pas plus une liste hors parti qu'elle n'est une liste citoyenne. Ou alors toutes les autres le sont. A l'instar de la liste N 1 du parti Radical, qui intègre plusieurs personnes non membres du parti
Comme Dimier le sous-entend lui-même, puisqu'il attaque le projet Wouter sur ce point, les membres de sa liste auront des consignes de vote, une unité, un fonctionnemnt collectif, un projet commun. Un projet plus ou moins indépendantiste, endossé dans son blog ces temps-ci par le député Eric Stauffer.
Le comité Alerte et la liste de M. Dimier ont ceci de commun qu'on y est très très proche du MCG sans oser le dire. Personnellement, je ne trouve pas que ce soit là une attitude typiquement citoyenne.
Il est un autre point qui me parle très favorablement dans le projet de Wouter, avec qui j'ai conversé, c'est qu'il souhaite rester indépendant vis à vis des lobbys et même de ses électeurs. Pouvoir juger en toute liberté en fonction des débats qui se seront déroulés à l'assemblée, auxquels il aura participé avec les oreilles grandes ouvrtes. Loin du populisme soucieux de répondre à des demandes immédiates, il veut avoir une vision à long terme, et c'est bien ce qui fait défaut dans notre société minée par l'hédonisme à courte vue.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/07/2008

BRAVO, mille fois BRAVO !
Vous ouvrez la porte à tant de personnes, dont les idées ne s'arrêtent pas à celles des partis ou associations figés à défendre leur programme (malgré leurs discours), qui seraient prêtes à se lancer dans l'inconnu plutot que de défendre le connu. Je partage entièrement votre point de vue sur le mode d'élection de cette assemblée où les intérêts partisans se joueront dans des rapports de force.
La société et ses institutions ne supporte pas les individus indépendants parce qu'elle ne peut les contrôler.
Votre proposition crée de l'espace pour des personnes prêtes à prendre le risque de quelquechose de nouveau à créer. BRAVO !

Écrit par : Marie-paule blanchard-queloz | 25/07/2008

Bonjour, je me joindrais volontiers à la proposition de Wouter van der Lelij, dans un groupe indépendant pour la rédaction de la nouvelle Constitution. Mon principal intérêt est orienté sur la liberté du choix scolaire d'abord, en s'inspirant des Constitutions Pays-Bas, Irlande, Belgique sur ce point.
Un examen de la liberté d'expression religieuse publique serait également souhaitable, même si les temps semblent difficiles en Europe sur ce point (moins difficiles au CERN?)
Proposer un Délégué de OIDEL Genève (voir sur leur Site Internet), serait également à initier par vos soins.
Avec mes meilleures salutations. Joost MATTHEEUWS, 17 Rue des Boudines, 1217 MEYRIN.

Écrit par : Joost MATTHEEUWS | 29/07/2008

L'indépendance gêne ? Tant pis pour "l'establishment" politique qui imagine être la seule force capable de mener à bien l'écriture d'une nouvelle constitution.
Finalement une Constituante ne devrait-elle pas être formée que de citoyens indépendants puisqu'une Constitution doit refléter - avant tout - l'ensemble des rapports que la population souhaite voir s'établir entre tous.
Alors attention de ne pas confondre Constituante avec campagne électorale...
Michel Sommer

Écrit par : Michel Sommer | 29/07/2008

Est-ce que quelqu'un aurait la gentillesse d'expliquer à M. van der Lelij qu'être membre d'un parti n'implique pas la perte de son indépendance ? Et qu'à ne poser comme conditions pour être candidat sur la liste rammasse-tout que celle de n'être pas membre d'un parti et n'avoir pas de casier judiciaire, on suggère pour le moins que tout-e membre, et à plus forte raison tout-e militant-e d'un parti politique est un délinquant ?

Écrit par : Pascal Holenweg | 01/08/2008

Je ne sais pas où M. van der lelij a pris que "les élus éventuels (de la liste de la FAGE entre autres)... votent selon des consignes décidées par leur bureau". Il est vraiment bien mal renseigné, on ne sait par qui. S'il est une organisation soucieuse de s'assurer du large consensus de ses membres avant de retenir le moindre principe général pour la prochaine constitution, c'est bien la FAGE. Et cela par la technique des caf'idées où chacun s'exprime le plus librement possible avant d'élaborer avec les autres la nécessaire synthèse. Nous espérons tous que se retrouveront à la constituante des gens de qualité qui n'auront nul besoin de discréditer leurs voisins pour aboutir à un texte qui reflète notre aspiration à l'intérêt général.

Écrit par : Magali Orsini | 02/08/2008

Merci pour toutes ces remarques constructives.

Je suis fier que notre liste comporte une médecin, un chauffeur de taxi, un curé, une étudiante, un chef d’entreprise, une secrétaire ou encore un ouvrier en construction métallique, qui veulent tous s’engager pour Genève et qui n’ont pas trouvé d'autre liste correspondant à leurs attentes. Selon ma perception d’une démocratie, tout le monde a le droit de se présenter à une élection. Toutes les opinions sont bonnes à prendre et cette diversité nous rend crédible.

Je pense que le débat et l’échange d’idées, démarqués de consignes ou de directives partisanes au sein de la future Constituante sera déterminant pour sa réussite.

Une très grande partie de la population n’est représentée ni par un parti politique, ni par une association patronale, ni par une autre association. Les candidats de notre liste ne sont pas membres d’un parti politique, ni représentants d’un lobby quelconque. Nous revendiquons donc notre indépendance. Nous ne prétendons pas représenter la population, mais nous espérons que notre liste est représentative de celle-ci !

Écrit par : Wouter van der Lelij | 04/08/2008

Rédiger une nouvelle constitution à Genève relèvera - j'en ai peur - de la gageure si les constituants confondent leur rôle avec celui de députés ! Une nouvelle charte fondamentale devait ne contenir que l'essentiel, donc un minimum d'articles. Une constitution n'est pas un "foutoir" dans lequel se retrouvent tous les délires les plus saugrenus. Une constitution ne devrait être ni de gauche ni de droite : elle doit "simplement" préciser l'organisation de la cité dans son sens le plus noble, affirmer que tous les citoyens y sont soumis d'égale manière. Une constitution devrait être écrite sans arrière-pensées et avec sobriété, donc courte et novatrice.

Les constituants seront-ils assez sages pour accoucher d'un texte à la mesure des ambitions à la fois internationalistes et genevoises des citoyens du bout du lac. Si cela n'était pas le cas, Astérix pourrait rapidement faire irruption dans les débats et avec son copain Ordralfabétix nous gratifier de relents de poissons pas très frais...

Écrit par : Sommer Michel | 05/08/2008

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