17/08/2008

Guy-Olivier Segond n'en sera pas

gosphoto.jpgCe lundi à midi, les Genevois sauront combien de listes - 15, 17 ou 18 - leur seront proposer le 19 octobre prochain pour élire leur Constituante. En vérité l'embarras du choix. Pour quel enjeu, pour quelles réformes? L'ancien conseiller d'Etat radical Guy-Olviier Segond, qui fut aux manettes de la Ville de Genève, puis de l'Etat durant 22 ans, observe ce manège d'un oeil à la fois distant et critique.

D'aucuns s'attendait à voir le défenseur d'un pouvoir exécutif fort, qui un temps avait même caressé l'idée de créer un gouverneur à Genève, siéger au sein de la Constituante. Mais non. GOS ne sera pas le James Fazy du XIXe siècle. A sa décharge, notons, que le tribun radical du XIXe siècle n'eut pas à réunir une constituante pour imposer sa constitution qui nous gouverne toujours. Et c'est ensuite seulement qu'il fit tomber les fortifications qui bridaient le développement de la cité. Interview.


- Pourquoi n'en êtes-vous pas?

Quand on est parti, on est parti! Je trouve étrange cette propension qu'on les Barde et autres Grobet qui furent aux commandes et ont eu l'occasion de changer les choses en profondeur durant des années de s'engager dans une aventure sans véritables enjeux. Personnellement j'ai été magistrat pendant 7 ans à la Ville de Genève et 12 ans au canton. J'ai fait mon temps. Enfin, il ne faut pas attendre de réformes profondes du processus constitutionnel qui s'engage. Ce n'est pas le rôle de la Cosntituante de régler la question du logement, d'améliorer les transports en commun ou de forger l'école du siècle qui commence. 

- Où sont les véritables enjeux?

Ils sont dans la dimension régionale. Malheureusement le projet d'agglomération franco-valdo genevois n'a ni clarté, ni lisibilité, ni force politique. C'est un exercice intéressant. Mais ce n'est pas l'affaire que des Genevois. 

- La révision de la Constitution n'est-elle pas l'occasion de rééquilibrer les pouvoirs?

Je suis partisan d'un pouvoir exécutif fort, sous le contrôle du Parlement et d'un pouvoir judiciaire qui préserve les droits des habitants. Mais ce n'est pas l'orientation que prend aujourd'hui notre société. Au contraire. On assiste à une multiplication des organes de contrôle et des procédures de recours qui conduisent à une dilution de l'autorité. Les députés eux-mêmes n'ont de cesse de réduire le pouvoir du Parlement.

- Il ne faut donc pas attendre de réformes majeurs de la Constituante?

Ce n'est pas son rôle. Une constitution devrait se limiter à définir les libertés et les droits des personnes et définir qui fait quoi au niveau des institutions. Dans notre Constitution, au fil des ans et des initiatives, nous avons ajouté des politiques: la politique du logement, la politique de l'environnement, la politique de l'énergie. Tous ces sujets ont fait l'objet de votations populaires. Comment voulez-vous que la Constituante les remette en cause?

- Que fait Guy-Olivier Segond désormais?

J'ai lancé durant quatre le Fonds mondial de solidarité numérique né du Sommet mondial de l'information de Genève. Mon mandat est terminé. Désormais, c'est Alain Madelain qui a repris les rênes. Son rôle est d'y associer les entreprises privées. Je suis donc un retraité, dont la dernière activité publique est celle d'être membre de la Fondation du Grand-Théâtre.

J.-F. Mabut

 

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