17/08/2008

La dignité, clé de la future constitution

reich bertrand070.jpgBertrand Reich, avocat, adjoint au maire d’Aire-la-Ville, candidat à la Constituante de g[e]'avance, la liste des milieux économiques, réfléchit sur la colonne vertébrale de la future constitution genevoise, qu'il place sous cette maxime de Vercors tirée de son oeuvre "Les animaux dénaturés":  "L’humanité n’est pas un état à subir. C’est une dignité à conquérir." Son ambition pour la Constitution: "qu’elle structure une république qui conjugue de manière durable prospérité, paix sociale et qualité du cadre de vie."


Dans le système de concordance qui est le nôtre, il appartiendra aux membres de la Constituante, porteurs de projets variés venant nécessairement d’horizons divers, de trouver un dénominateur commun, pour dessiner ensemble la future constitution que le corps électoral devra valider.

Et si ce dénominateur commun était un thème, celui de la dignité ? Dignité des habitantes et habitants de notre République d'abord. Et donc l'étendue de leur liberté, car sans liberté il n'est pas de dignité. Après avoir rappelé que la dignité humaine devait être respectée et protégée, la Constitution fédérale énumère les garanties consenties et les libertés protégées, dont notamment l'égalité de droit, le droit à la liberté personnelle, la liberté de conscience, de croyance, d'opinion, la liberté d'association, ainsi que la liberté économique et la liberté syndicale. Non seulement ces garanties doivent être assurées aux genevois, mais en outre notre canton, qui a toujours été à la pointe du combat pour le respect de la dignité humaine du premier au dernier souffle de la vie, pourrait, à l’occasion de la constituante, inscrire dans sa charte fondamentale, comme l'ont fait nos voisins vaudois, que toute personne a le droit à une mort digne. Cela implique que l'Etat et les institutions subventionnées ou commandées par l'Etat respectent les choix effectués par les personnes capables de discernement, notamment par le biais de directives anticipées (ou testament biologique). Parce que le respect de la dignité ne doit pas cesser quand la maladie ou le grand âge imposent un séjour dans une institution.

Sous réserve de son activité de contrôle et de police, l’Etat est un redistributeur de richesses et un fournisseur de prestations. Son administration doit être efficiente et transparente, favoriser la réussite des projets qui lui sont soumis et éviter tout gaspillage. Pour que Genève avance, l’Etat ne doit pas constituer un frein ou un obstacle. Il doit privilégier un développement sur les plans économique, social et du cadre de vie, qui s’inscrive dans la durée.

Or, faute d'indications claires régissant la séparation et l'organisation des pouvoirs, le Procureur Général et le Conseil d'Etat divergent quant à l’étendue et aux limites de leurs compétences respectives. Dans une démocratie aussi aguerrie que la notre, la justice doit avoir les moyens, sur le plan institutionnel également, de mener à bien sa mission dans le cadre des dossiers qu'elle doit instruire ou traiter, sans que l'exécutif puisse, de quelque manière l’en empêcher ou restreindre son pouvoir ; de manière parallèle, il incombe clairement à l'exécutif de définir la politique qu'il entend mener, notamment sur le plan de la prévention.

En matière de logement, d’urbanisme et de mobilité, le canton et la ville de Genève s'enlisent dans des querelles, dont pâtissent notamment celles et ceux qui travaillent. S'il ne saurait être question de supprimer la ville de Genève, il n’est pas davantage acceptable qu'elle puisse bloquer le fonctionnement de tout un canton, notamment sur le plan de l'aménagement du territoire et de la circulation. Une clarification s’impose.

La future constitution : de la dignité pour les genevoises et les genevois et des institutions dignes d’eux.  

Bertrand Reich, avocat, adjoint au maire d’Aire-la-Ville, candidat de « g[e]'avance » à la Constituante

09:14 Publié dans Associations, Contributions individuelles | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Monsieur,
Vous êtes vraiment très éloquent. Je vous remercie de souligner la notion de dignité qui n'a pas toujours sa place dans notre société à prédominance économique.
Il me manque dans votre discours la place réelle de la gestion de la santé. Quelles sont vos lignes directrices à ce sujet?

Écrit par : Maflor | 19/08/2008

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