19/08/2008

La Constituante mobilise la société civile, mais peu la presse

Tribune page 19 du 19 août 08.pngUne petite accroche en première page et l'attaque du cahier Genève, les 530 candidats (dont 187 candidates) à la Constituante ne passent pas inaperçus dans la Tribune de Genève de ce 19 août 2008, mais sont clairement relégués derrière l'enquête du jour. "L'insécurité gagne le quartier des Pâquis" est évidemment un sujet plus chaud pour le quotidien des Genevois que la réécriture de leur Constitution cantonale. Le Temps n'accorde pas davantage d'importance au sujet et se contente de diffuser sur une colonne la dépèeche de l'ATS.


Une petite nouvelle en page 5 du gratuit 20 Minutes avec la photo de Philippe Roch, plus "people" au plan suisse que l'ex-président du Conseil d'Etat Christian Grobet ou que l'ex-présidente du Conseil des Etats Françoise Saudan. Et carrément rien de rien dans le Matin Bleu. Rien non plus dans les colonnes de son confrère Le Matin orange.   

Photo en première page, Le Courrier, né 21 ans après la Constitution actuelle en réaction au régime radical d'alors, dit l'essentiel, mais pas autrement, en page 3 et se préoccupe avec René Longet des moyens dont sera dotée la Constituante, de son mode de fonctionnement et des risques de blocage qui la menace.

A noter que le PDC avait convoqué hier une conférence de presse et que le parti radical a publié un communiqué et mis sur pied une adresse www.constitante.ch qui renvoie sur un site de propagande pugnace et un diaporama de candidats tout sourire. (JFM)

12:11 Publié dans Actualités, Candidatures, Médias | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

c'est la que commence le probleme Adler, Chevrolet et consorts, dans la problematique de l'independance de la presse.

Par ailleurs je ne suis pas certain que les lectrices (eurs) de la presse gratuite soient reellement interesse(e)s. Si David Beckham etait de la partie, il y aurait meme le ballon au sommet du jet d'eau.

Comme il n'est pas present, il n'y a meme plus de jet du tout...

Ainsi va la democratie a l'heure du "people"

Écrit par : jules | 19/08/2008

Calmos! Il va y avoir des élections, puis 4 années de discussions, prises de bec, rédaction, etc. avant la votation qui s'ensuivra. Vous ne croyiez pas que vous aurez largement le temps de noircir quelques feuilles de papier journal?
D'autant que ceux qui ne sont pas déjà au courant de la chose ne s'y intéressent probablement pas.

Écrit par : Azrael | 19/08/2008

Il est des termes qui, bien qu'à la mode, sont ambigus. Leur emploi rajoute souvent à la confusion des esprits. "Société civile" est de ceux-ci. En effet, s'il devait exister une société civile distincte de la société tout court, c'est, a contrario, qu'existerait en miroir une société incivile... Il existe bien une société militaire mais, vu qu'en Suisse nous sommes régis par le système de milice, la société militaire ne se distingue pas de la civile...
C'est pourquoi, je pose la question à tout un chacun: Qui pourrait définir cette "société civile" dont on nous rebat ici et là les oreilles ?
Mon avis est que nous oublions trop souvent, et peut-être à dessein pour certains, que nous sommes en république et que le droit à la différence n'implique aucunement une différence de droits. Cela implique également que chaque citoyen est membre à part entière de la société, indépendamment de son appartenance ou non à un parti, à un groupement ou à une autre forme d'association. Il serait donc utile et surtout souhaitable pour éclairer les électeurs que celles et ceux qui se prétendent, abusivement selon moi, membres ou représentants de cette hypothétique "société civile" nous expliquent concrètement et simplement en quoi ils sont, ou plutôt se sentent, différents des autres citoyens.
Avec mes salutations républicaines.
Pierre Gauthier, candidat de l'AVIVO.

Écrit par : pierre gauthier | 19/08/2008

@Pierre Gauthier:

Merci de poser cette question, elle est centrale dans le debat qui s'amorce

La societe civile se comprend par opposition aux politiciens, aux militaires, aux juges, aux gendarmes etc.

En resume la societe civile est celle composee des citoyens ordinaires qui ne sont pas lies a l'Etat de quelque facon que ce soit.

Croire que le miroir de la societe civile est la societe incivile est une faute de semantique. Pas bien grave mais l'incivilite n'est pas l'inverse de la civilite mais son oppose sans toutefois etre son miroir puisqu'un miroir ne renvoie que l'image de celui/celle qui le contemple.

N'oubliez pas non plus que la republique n'est pas une garantie d'egalite des droits comme des obligations.

Les republiques sovietiques comme les republiques populaires (Chine/Cuba/Venezuela, etc) sont la pour nous rappeler que la garantie des droits ne peut venir que d'une democratie, ce qui est bien different.

Les monarchies peuvent etre parfaitement democratiques et les republiques totalitaires, l'inverse est lui aussi possible.

Ne confondez donc surtout pas la structure de l'Etat avec son mode de representativite des Citoyens (le Souverain dans notre systeme).

Geneve est une Republique dont le systeme politique est une democratie participative dont le gouvernement fonctionne sur le mode de la democratie representative.

J'espere avoir contribue a la reponse de la question posee.

Patrick Dimier
Liste No9 MCG

Écrit par : Patrick Dimier | 20/08/2008

Monsieur Mabut,

Vous soulevez un problème bien plus global qu'il n'en a l'air!
Nos coutumes actuelles veulent qu'on se donne à fond pour une courte durée. En dehors de l'événement, il y a un flagrant manque d'intérêt. Bref, la société actuelle fonctionne trop souvent un peu comme les pompiers ou les assurances: on s'occupe des flammes ou des coûts résultants mais pas du phénomène dans toute sa complexité. Du reste, on confond souvent complexe et compliqué.

Des exemples : qu'il s'agisse d'un tsunami, de l'Eurofoot ou des JO, ces événements attirent les medias et alimentent les conversations.En revanche, les sujets beaucoup plus chroniques et très dramatiques n'ont droit au mieux qu'à des entrefilets sinon à un silence quasi complice (qui est vraiment au courant des cobayes humains?)

J'en ai fait moi-même l'expérience sur mon blog avec un article où je propose des traitements utiles dans le cas d'Alzeimer et de cancer, pathologies qui durent et qui touchent beaucoup de monde sur une longue période. Ce jour-là, le blog a reçu 67 visites alors que pour mon article concernant les erreurs médicales, sujet aigu dans la presse, j'ai reçu 435 visites en un jour.

Il faut sans doute de la ténacité et de la persévérance pour approfondir un sujet, ce que nous avons tendance à perdre parmi la foison de distractions, la dépression sous-jacente et le confort patent.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20/08/2008

@ Patrick Dimier
Tout d'abord merci d'avoir répondu à la question posée. Vous êtes d'ailleurs le seul à l'avoir fait bien que - et je vous rejoins sur ce point - cette question soit tout sauf anodine.
Votre réponse m'indique que nous divergeons sur le sens du mot république. En prenant l'arbitrage indiscutable du dictionnaire, sa définition est pourtant sans équivoque: "Forme de gouvernement dans lequel le peuple exerce sa souveraineté par l'intermédiaire d'élus qui exercent le pouvoir."
Quant à l'erreur sémantique "pas bien grave" (quelle mansuétude!) que vous m'attribuez, je me réfère une fois encore au dictionnaire pour vous indiquer le sens du préfixe in- :" Préfixe joint à un grand nombre d'adjectifs, de noms ou de verbes dérivés pour indiquer la privation, la négation ou le contraire."
Rhétorique et sémantique ne font parfois pas bon ménage...
Enfin, concernant la métaphore du miroir, l'image, virtuelle, que ce dernier reflète est bel et bien inversée par rapport à l'objet, réel...
Quant au fond, je crois qu'il est dangereux de tenter de segmenter comme vous le faites le peuple en catégories s'excluant l'une l'autre.
Je vous cite: "La société civile se comprend par opposition aux politiciens, aux militaires, aux juges, aux gendarmes etc. En résumé la société civile est celle composée des citoyens ordinaires qui ne sont pas lies a l'État de quelque façon que ce soit."
Or, dans la solitude de l'isoloir, chaque citoyen dispose d'un suffrage dont le poids est égal à celui des autres. Il n'est alors ni un politicien, ni un militaire, ni un juge, ni un gendarme, ni que sais-je encore (pourquoi pas un avocat d'ailleurs?), mais un citoyen ordinaire jouissant des mêmes droits que les autres citoyens ordinaires.
C'est pour cela que la distinction entretenue artificiellement entre société "civile" et "non-civile" est abusive et n'a aucune pertinence.
Pierre Gauthier, candidat de l'AVIVO.

Écrit par : pierre gauthier | 20/08/2008

Peut le mot "hors-partis" est plus approprié que le mot "civil"?

Écrit par : Wouter vdL | 20/08/2008

pardon, je me corrige:
Peut-être le mot "hors-partis" est plus approprié que le mot "civil"?

Écrit par : Wouter vd L | 20/08/2008

Il peut paraître surprenant comme la presse tenderait à suivre le mouvement, les grandes tendances, y compris pour la Constituante genevoise.
Ainsi pourquoi avons-nous droit,jusqu'à présent, lors des présentions de candidats, principalement à des "grosses pointures" style politicien de retour pas que d'âge, à des vedettes de-ci, des responsables (économiques beaucoup) de ça, à une ex-infirmère, et pas à un président d'association et si peu, si rarement à des "inconnus", des lamdas, des mamans qui étaient ou sont encore conseillère municipale, d'un agent d'Etat-civil, d'un économiste éthique, d'un musicien OSR retraité (non il ne s'agit pas de Fr. Courvoisier), d'un coiffeur pour dames, d'une inventeuse de jeux de société, d'un politologue kurde, etc.
Est-ce passer pour utopiste que de demander aux personnes des médias que de s'intéresser AUSSI aux autres candidats à la Constituante, toutes listes confondues ? Il n'y pas, m'avait-il semblé, une liste VIP d'un côté et une autre, forcément plus "folklo", parmi les 530 candidats, après cette "primaire". Même pour les journalistes la démocratie paraît compliquée parfois.

Écrit par : zoller | 01/09/2008

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