21/08/2008

Le Conseil d'Etat sera un père généreux pour les Constituants

moutinot sans bonfanti.jpgLe Conseil d'Etat a inscrit pour 2009 une enveloppe de 2,5 millions de francs pour la Constituante. Ce montant qui sera soumis avec le budget, en septembre, au Grand Conseil comprend le défraiement des Constituants - 110 francs de l'heure, c’est le tarif des députés - et des frais généraux. Pour le reste le Conseil d'Etat sera à la disposition de la Constituante, dans lequel il a un droit de participation consultative selon l'article 9 de la loi adoptée par le peuple le 24 février dernier. "Je ne me vois en aucun cas dicter un cadre quelconque aux constituants, ni politique, ni technique", nous a déclaré hier Laurent Moutinot, de retour du séminaire au vert du gouvernement.


«Les Constituants s'organiseront comme bon leur semble. La Salle du Grand Conseil est à leur disposition, mais libre à eux d'en choisir une autre qui leur conviendrait mieux.» Le président du Conseil d'Etat pense que la salle qui jouxte la Tour Baudet, où siège également le Conseil municipal de la Ville de Genève, n'est peut-être pas la meilleure, notamment si les Constituants choisissent de travailler plutôt en plénière qu'en commission. "La salle du Grand Conseil ne favorise pas particulièrement les débats harmonieux", remarque le chef du département des Institutions.
Laurent Moutinot se réjouit de l'élan populaire qui a conduit 530 citoyennes et citoyens à concourir pour les 80 sièges de l'Assemblée le 19 octobre prochain. Mais il ne cache non plus son inquiétude eu égard au bariolage des 18 listes en lice et à la relative inexpérience politique de bon nombre des candidats.
Le Conseil d'Etat genevois mettra donc tout en oeuvre pour que la Constituante soit un succès, mais il s'abstiendra de toute initiative politique, contrairement au gouvernement fribourgeois, par exemple, qui en 1999 avait lancé une vaste consultation préalable autour de quatre cahiers d'idées.
L'enjeu ne risque-t-il pas pourtant d'accoucher d'une souri ? En 2012, quand les Genevois devront voter sur le texte final, le risque sera élevé en effet que les nons divers ne l'emportent si la nouvelle constitution contient trop d'innovations. «C'est tellement vrai, rappelle Laurent Moutinot, que le Conseil d'Etat avait préféré la voie de révision partielle à la révision totale. Mais maintenant que le vin es tiré...» Le ministre socialiste recommande aux constituants d'éviter de remettre en question les articles récemment adoptés dans l'actuelle Constitution. Il croit toutefois possible de trouver une architecture constitutionnelle qui règle mieux qu’aujourd’hui les rapports entre les pouvoirs, notamment entre les communes et l’Etat, et l’organisation de la région.

23:44 Publié dans Actualités, Débats publics, Le pouvoir exécutif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Bravo et merci. Mais encore:

CONSTITUANTE : CANDIDATS INCOMPÉTENTS…

… ou peu expérimentés en politique ? Dans la TDG de ce jour (22.08) on laisse entendre qu’un certain nombre de candidats n’ont que peu d’expérience politique. Et alors ? C’est précisément l’expérience politique contemporaine qui gênera une réflexion approfondie pour une nouvelle Constitution. De nombreux citoyennes et citoyens « observent » attentivement ce qui se passe et combien certaines mesures, parfois des lois votées, pourraient ne plus être conformes à la Constitution actuelle. Nous y reviendrons. Mais avant tout il faut « mettre à plat » la réflexion sur la Constitution à construire. Sans a priori politique.
La nouvelle Constitution devrait refléter la nouvelle Société à laquelle aspirent les nouvelles générations. Et les changements géopolitiques en cours! Que les « barons de la politique » se taisent un peu, svpl. ! Qu’ils laissent les « inexpérimenté(e)s » exprimer leurs propositions. www.proposition.ch . Aussi qu’ils puissent réfléchir et s’exprimer. De préférence sans medias etc. durant leurs travaux !
PS. Candidat sur invitation j’ai demandé à être le « dernier ou par défaut » sur la liste. Décidé pourtant à « documenter » celle ou celui qui sera élu(e).

Écrit par : Joost MATTHEEUWS | 22/08/2008

En effet, il est scandaleux que l'on ose parler de candidats inexpérimentés alors que le but de cette constituante est justement de faire table rase et de dépasser les minables clivages politiqes de notre canton. Cela montre que toute la Nomenklatura de droite, de gauche et de ce qui reste du centre ainsi que le lobby des avocats tremble à l'idée de ne pas se voir majoritaire dans cette consituante.

Il faudra absolument que cela soit le cas. Voter pour les listes hors-partis est une nécessité absolue pour l'avenir de notre canton bien-aimé.

Écrit par : fandejustice | 22/08/2008

"Je ne me vois en aucun cas dicter un cadre quelconque aux constituants, ni politique, ni technique", nous a déclaré hier Laurent Moutinot, de retour du séminaire au vert du gouvernement...
Nous voilà donc rassurés sur ce point du moins.
Je m'interroge néanmoins, comme les deux "pré-opinants" (c'est le terme consacré...), sur le sens de cette autre réflexion attribuée par l'animateur de cette gazette à notre Conseiller d'État: "... il ne cache non plus son inquiétude eu égard au bariolage des 18 listes en lice et à la relative inexpérience politique de bon nombre des candidats..."
Bariolage... Faudrait-il instaurer, à l'instar de la désastreuse pensée unique, la couleur unique qui transformerait le citoyen "lambda" que nous sommes toutes et tous en "constituant bêta" que nous risquerions de devenir ? Et ceci afin de rassurer notre Conseiller ? Le passé récent nous a pourtant montré qu'un Conseil d'État monocolore, genre "bleu horizon", a été une expérience calamiteuse pour notre Canton.
Quant à la "relative inexpérience politique" d'une majorité de candidats, dont se plaint notre Conseiller, elle me semble plutôt positive. D'une part elle indique le grand intérêt de nos concitoyens pour la chose publique. D'autre part elle indique la surprenante vigueur du système milicien de nos institutions qui tend à exclure l'émergence d'une classe politique professionnelle, distincte du reste du peuple. Et enfin, en supposant qu'un certain nombre de "nouveaux" soient élus aux côtés "d'anciens", cela permettra peut-être un brassage - et sans doute une confrontation - d'idées qui ne peut être que bénéfique à l'ensemble.
La politique ne doit pas devenir un monde clos réservé à une pseudo élite, auto proclamée et normalisée. En république, la politique est de la responsabilité de tous les citoyens, sans discrimination, c'est d'ailleurs la définition même de la démocratie représentative.
Pierre Gauthier, candidat de l'AVIVO, liste n°8

Écrit par : pierre gauthier | 23/08/2008

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