25/08/2008

Etre candidat à la Constituante, sur la liste « Associations de Genève »

par Nicolas Levrat, candidat sur la Liste N° 18, «Associations de Genève»

Levrat_Nicolas.jpgUne curiosité polie et un brin condescendante suinte des commentaires relatifs à la liste n° 18, « Associations de Genève ». A tort ! Je vais le montrer en trois points. La révision de la Constitution genevoise n’est pas réservée aux politiques.


Pas plus que l’organisation de l’Eurofoot 2008 n’aurait dû être la responsabilité principale de l’UEFA. Celle-ci s’occupe d’organiser la compétition de foot, mais n’est pas responsable de construire les stades, de la sécurité ou des déplacements, ni de vendre des saucisses ou d’installer des écrans TV sur les places publiques ou dans les bistros…. C’est pour la même raison que si les partis politiques sont spécialisés dans la confrontation politique au sein du cadre constitutionnel, ils n’ont pas pour autant le monopole d’organisation de ce cadre constitutionnel. Leur expérience (comme celle de l’UEFA d’ailleurs) est utile et pertinente, mais en aucun cas exclusive ou suffisante.
Les associations de Genève seront une constituante essentielle du processus de révision. Les partis politiques agissent dans le cadre défini par la Constitution cantonale. C’est leur vocation et ce que leur impose le principe de l’Etat de droit. Ils sont formatés par les institutions genevoises, alors qu’il s’agit précisément de les réviser. Institutions et partis sont inscrits, enracinés dans le territoire genevois ; or les enjeux de notre nouvelle Constitution dépassent notre seul territoire. Trois exemples :
  • Les enjeux du futur genevois s’inscrivent, pour des raisons géographiques, dans un contexte transfrontalier. Les partis politiques sont genevois, voire suisses ; pas transfrontaliers ! Les associations, elles, ne sont pas bornées par la frontière politique ; elles inscrivent leurs actions dans la région franco-valdo-genevoise.
  • Depuis 1847, date de notre actuelle Constitution, Genève est devenue une capitale internationale ; cela n’est pas reflété dans l’actuelle Constitution et devra l’être dans la nouvelle. Sait-on que Genève est une capitale planétaire pour la vie associative ? Que nombre d’ONG d’importance mondiale sont présentes et actives à Genève ? Les associations de Genève sont les partenaires naturels de cette société civile qui foisonne d’expériences et de savoirs utiles au futur de notre Canton.
  • Quant aux enjeux environnementaux et du développement durable, ce sont parmi les questions aujourd’hui les plus urgentes, que les associations ont permis de faire entrer dans le débat politique. Ainsi non seulement les associations peuvent participer à ce processus, mais leur présence constituera même un apport essentiel et primordial au processus constitutionnel.

La liste des associations de Genève serait trop hétérogène et manquerait d’un programme clair. Rappelons tout d’abord qu’une société démocratique comme la nôtre a pour valeur centrale le pluralisme, que notre liste veut représenter. La vitalité et la diversité du phénomène associatif à Genève, dans tous les domaines de la vie sociale, est un élément constitutif de notre régime politique, qu’il convient de promouvoir et de valoriser. La liste « Associations de Genève » s’est constituée pour la Constituante, non pas pour représenter un intérêt catégoriel, mais une modalité spécifique et importante du vivre ensemble genevois.

Enfin, rappelons que les questions qu’affronteront les constituants porteront plus sur les modalités et les processus permettant de renouveler la fabrique de l’esprit de Genève, que sur la résolution de questions précises et urgentes, ce qui relève du processus politique ordinaire. Ce ne sont d’ailleurs pas les solutions à l’aménagement du territoire, à l’organisation des transports en commun ou à la réforme du cycle d’orientation que nous ont léguées les constituants du XIXe siècle, mais les cadres permettant de débattre aujourd’hui de ces questions. De même pour nous, candidats constituants du XXIe siècle, entre démocratie représentative à renouveler, richesses de la démocratie directe, potentialités de nouvelles formes participatives ou d’autres formes de vie en commun à inventer, c’est pour proposer les méthodes et cadres du futur que nous nous souhaitons écrire ensemble notre Constitution.

Nicolas LEVRAT, candidat sur la Liste N° 18, « Associations de Genève »

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Commentaires

la saucisse !

Écrit par : Hélène | 25/08/2008

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