01/09/2008

Laïcité, chèque scolaire: www.proposition.ch décoiffe

«Meyrin, lit-on sur le blog http://proposition.blog.tdg.ch compte une Association de 600 musulmans, nombre plus élevé que celui des membres des trois principaux partis politiques réunis! Or l’Islam, de par certaines dispositions du Coran, peut difficilement éviter un engagement politique. Question: faut-il introduire dans la future constitution genevoise une laïcité pragmatique (inspirée des Constitutions, lois et pratiques aux Pays-Bas, Belgique, Irlande et autres, dans une société de personnes «mondialisée».

Autre proposition qui ne manquera pas de faire couler beaucoup d’encre : « Les parents sont égaux dans le choix de l’école pour leurs enfants. L’enseignement public est gratuit. Les coûts de la scolarisation privée sont déductibles. La déduction est inversement proportionnelle aux revenus déclarés des parents.» A lire sur http://proposition.blog.tdg.ch ou directement sur www.proposition.ch

JFM

Commentaires

Petite précision - nous avons mis en ligne ses premières propositions pour l'Assemblée constituante et pour la future Constitution genevoise sur notre site www.proposition.ch.

Ces propositions ne sont pas nécessairement soutenues par tous les membres de www.proposition.ch, ceci en raison de la nature même de notre liste et de l'indépendance de chacun des candidats qui y figurent. Une indication de la tendance générale se dégageant au sein de la liste par rapport à chacune des propositions est mentionnée à la suite de chacune des propositions.

Cette interaction entre notre liste et la population genevois nous permettra de tenir compte des avis et opinions qui nous seront transmis dans l'élaboration de la suite de notre campagne et de relayer , nous l'espérons, ces différentes positions et sensibilités au sein de la Constituante.

Des nouvelles propositions seront ajoutées régulièrement. N'hésitez pas à participer au débat sur www.proposition.ch en indiquant votre avis (pour ou contre) et/ou en nous adressant vos commentaires.

Wouter van der Lelij
un des 19 candidats sur la liste www.proposition.ch

Écrit par : Wouter van der Lelij | 01/09/2008

Et bien, la laïcité est là, justement pour éviter les collusions entre religion et politique.
C'est pourquoi, il ne faut surtout pas abandonner la laïcité et encore moins la ... moderniser.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 01/09/2008

Et bien, qu'on ne le veut ou pas, il y a en permanence collusion entre réligion et politique, déjà parce que les droits découlants de la liberté réligieuse et la liberté d'expression sont parfois incompatibles.

Il me semble donc très important que les constituants réflechissent et débattent sur la meilleure façon de faire co-exister la liberté réligieuse, la liberté d'expression, le respect des minorités, et la séparation des pouvoirs.

Écrit par : Wouter vd L | 02/09/2008

Je ne suis absolument pas d'accord avec tout ce qui a été dit ci-dessus, et souhaiterais défendre mon avis :

- la laïcité n'est ni "ouverte", ni fermée..., ni "plurielle", ni "pragmatique", elle applique la même chose pour tout le monde et ne peut tolérer d'exception, sinon ce ne serait plus la laïcité.

- Les Musulmans sont tout à fait capables de séparer engagement politique et religion. C'est bien mal les connaître, et faire des généralités faciles sur leur compte que de dire que " l’Islam, de par certaines dispositions du Coran, peut difficilement éviter un engagement politique". D'abord, l'Islam n'est pas unifié, et comporte divers courants qui ne sont pas toujours d'accord entre eux. Ensuite, la personne qui écrit une chose pareille semble oublier que le plus grand pays laïque au monde est la Turquie...

- Troisièmement, la liberté religieuse et la liberté d'expression sont tout à fait compatibles, sinon il y aurait une Saint-Barthémémy par an, dans notre cher canton genevois. Il existe des croyants qui supportent les critiques, et qui ont même de l'humour, cela paraît étonnant, mais c'est vrai !

Voilà...à vous.

Sophie Scheller, inscrite sur la liste d'Expression citoyenne (www.expressioncitoyenne.ch)

Écrit par : Sophie Scheller | 04/09/2008

M. Wouter van der Lelij
Précisons qu'il y a eu dans le passé collusion entre Laïcité et pourvoirs politiques, cela ne signifie pas pour autant que cela doit continuer. L'Etat est aveugle et incompétent en matière de religion, de race, de couleur de peau et de sexe. Seul le citoyen existe à ses yeux.
Si le droit d'expression n'avait pas existé, comment les protestants en France, les Catholiques à Genève, les Juifs ici ou ailleurs auraient pu obtenir le droit de vivre en paix?
Empêcher la liberté totale d'expression sous prétexte du principe du délit de blasphème est la porte fermée à toute expression du sens critique. Qui va déterminer ce qu'est le blasphème? Il y aura autant de catégories de blasphèmes que de religions. Qui va déterminer la religion qui a raison?
Les religions sont-elles à ce point parfaite qu'elles ne peuvent supporter la critique? Les morts qu'elles ont provoqués en rigolent déjà.
Je suis catholique non pratiquant et croyant et je veux pouvoir critiquer mon Eglise comme celle des autres...
Pouvez-vous démontrer votre prise de position plutôt que d'affirmer péremptoirement ? Bien à vous.

Écrit par : Cyril Jean | 09/09/2008

Bonjour Cyril Jean - merci pour votre remarque.
Je suis totalement d'accord avec vous.
Petite précision - je ne remets pas en question le principe de laïcité. Je parlais de la collusion entre religion et politique. (exemples: les carrés confessionnels, affaire M. Ramadan, caricatures de Mohamed, autorisation ou non de porter la voile à l'école, etc...)

Voici ma position personnelle :
1) Je suis pour un état laïc, indépendant de toute confession religieuse. Je suis totalement d'accord avec votre phrase "L'Etat est aveugle et incompétent en matière de religion, de race, de couleur de peau et de sexe. Seul le citoyen existe à ses yeux."
2) respect de la liberté religieuse, y compris le choix de ne pas être croyant(comme moi)
3) liberté d'expression, avec la possibilité d'exprimer des critiques ouvertement et sans crainte de représailles, y compris dans les sujets religieux

Mais les exemples cités ci-dessus démontrent que ces 3 principes sont parfois contradictoires. Dans ces cas, l'Etat doit dialoguer avec les religions, et prendre position entre ces trois principes et décider au cas par cas si un des trois principes et plus important qu'une autre. Ou se situe la ligne grise ? Chacun a certainement son avis, et personne ne détient la vérité.

Personnellement, pour les carrés confessionnels par exemple, je trouve que si 10'000 Genevois les demandent, je ne vois pas pourquoi l’Etat ne pourrait pas entrer en matière...

Écrit par : Wouter vd L | 09/09/2008

M. Wouter van der Lelij
Je note votre affection pour les valeurs Laïques et connais votre fond humaniste.
Toutefois j'interviendrai sur 2 points:
1/ 10 000 genevois sur 45 0000 ne représentent que 2.22% de la population. Remettre en cause le principe d'égalité devant la mort pour 2.22% de la population est dangereux. Que les gens soient enterrés dans la direction géographique qui leur convient est un égard. Mais l'Etat est le seul garant de l'organisation administrative de la mort. Avec des groupes de 2.22% de la population qui demandent des carrés confessionnels, c'est 45 possibilités pour chaque cimetière. Je vous laisse deviner la difficulté d'organisation en découlant.
2/ Henri Pena-Ruiz explique ceci: "Tous (…les hommes…) ont à vivre ensemble. … l'égalité de droit (est) incompatible avec la valorisation privilégiée d'une croyance…. La puissance publique promeut le bien commun. Ainsi comprise, la Laïcité n'est pas de l'ordre d'une option spirituelle particulière, mais constitue une condition de possibilité fondamentale de la vie publique. On ne saurait en conséquence la renégocier sans cesse, notamment au gré des fluctuations du paysage religieux et des rapports de forces qui les sous-tendent."

Négocier sur la Laïcité c'est mettre en péril le cadre stable qu'elle représente dans la vie commune. Il n'y a pas de zone grise car un cadre est une ligne finie qui tranche entre l'espace privé et l'espace publique. Une toile de maître ne déborde sur le mur parce que le l'artiste ne savait pas comment finir son trait.

La zone grise est la tolérance face au droit. Je préfère avoir le droit de vivre mes convictions religieuses qu'être toléré à les vivre. La tolérance peu m'être retirée au bon gré du tolérant.

Écrit par : Cyril Jean | 10/09/2008

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