16/09/2008

Bleus verts sur le Salève, la montagne des Genevois

Ecologie libérale, qui a dû créé un parti en Pays de Vaud parce que les libéraux avaient exclu un député transfuge, n’a pas lancé de liste autonome pour la Constituante à Genève. Le Mouvement a préféré labelliser une poignée de candidats du camp bourgeois en bleu et vert, les couleurs du mouvement dirigé par la chimiste vaudoise Isabelle Chevalley qui a volontiers réponse à tout. Du sommet du Salève, l’on a donc entendu hier matin le credo surtout énergétique des chevaux de Troie verts encore tolérés au sein des listes libérale, radicale, patronale et PDC. Ne manquez pas notre vidéo de cette escapade. Lire également le blog du bleu-vert Rolin Wavre


 

Après la pluie le beau temps. Les candidats d'Ecologie libérale qui ont fait l'aller retour au sommet du Salève hier matin ont voulu voir dans la réappartition du soleil certes tempérée par une bise bien fraîche de bons augures pour leur élection à la Constituante le 19 octobre.

chevalley isabelle 2.jpgL'élévation au-dessus de Genève offre un panorama qui mérite le voyage. "Tiens, je ne savais pas que le Salève était en France" a remarqué la présidente, qui avait tout de même embarqué quelques bouteilles du vigneron militant député libéral René Desbaillets de Choully. Pourtant il ne fut pas question d'aménagement du territoire, ni de la densification de la ville, ni de la protection de la zone agricole, ni non plus de la future collaboration du canton avec la France voisine. "Sur tous ces sujets, nos partis ont les idées claires", a dit le radical Thomas Buchi.

 La tasse de thé d'Ecologie libérale, c'est l'énergie. Le mouvement fédère d'ailleurs essentiellement des antinucléaires de droite et quelques transfuges écologistes que le dogmatisme actuel des Verts énervent. Les bleus-verts ne sont toutefois pas d'accord sur la construction de la future centrale à gaz de Vernier. Les radicaux plus verts que les bleus-verts s'opposent à un projet que la présidente Chevalley défend "faute de mieux et parce que les politiques manquent de courage dans le domaine des économies d'énergie". Vraiment?

ecologie libérale.JPGMême sur l’énergie, les fissures sont béantes. Les radicaux s’opposent à la centrale à gaz de Vernier que la présidente d’écologie libérale, la bouillonnante chimiste vaudoise Isabelle Chevalley défend "faute de mieux et parce que les politiques manquent de courage dans le domaine des économies d'énergie et des énergies renouvelables". S'en suit un discours qu'un vert-vert n’aurait pas renié, mais que les bleus de l'économie auraient tout de même eu de la peine à suivre tant est soudain occultée la question des coûts d'une telle politique.

 

Bertrand Reich de la liste des patrons [ge]’avance explique alors que le grand méchant loup - s'agissant des économies d'énergie dans le secteur locatif - s'appelle LDTR. Les fameuses lois Grobet qui, dit-il, empêchent les propriétaires d’investir dans les économies d'énergie, faute de pouvoir répercuter justement ces fameux coûts sur les loyers. Or prétendent les écolo-libéraux, l'augmentation du loyer sera compensée à terme par la baisse des charges de chauffage.

"Si tel est le cas, que n’adoptent-il pas la tactique des compagnies aériennes. Qui ajoutent des surcharges carburant à leurs billets. Ajoutons une surcharge économies d'énergie au loyer. Ainsi chaque locataire pourra se convaincre en comparant cette surcharge à la baisse de sa facture de chauffage si l'opération est si blanche que le prétendent les militants d’écologie libérale.

J.-F. Mabut

09:50 Publié dans Actualités, Associations | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

Il est piquant de voir certains candidats à la Constituante des listes libéral et radical s'engager aujourd'hui pour une charte environnementale alors que leur parti respectif prônent avec vigueur le démantèlement du droit de recours des associations, démantèlement qui porterait un coup très grave à la nature, à l'environnement et à la qualité de vie en Suisse.

Écrit par : JRené Hulmann | 16/09/2008

Les écologistes libéraux proposent d'annexer le Salève ?

Écrit par : R.M. | 16/09/2008

contrairement à ce que prétend M. Hulmann il n'y a aucun antinomie entre écologie-libéralisme et restriction du droit de recours.

Le droit de recours, notamment ceux fondés sur les principes grobétisants, sont de réels freins à la construction et la mise sur le marché de logements.

Je crois bien que c'est la liste du MCG No9 qui prône le droit opposable au logement, ce qui donnerait à ce droit fondamental un réel contenu.

Il n'est pas normal que des lois, au service d'une idéologie, puissent interdire de répondre à un droit manifestement élémentaire, celui de se loger.

Il n'y a que les verts orthodoxes qui peuvent prétendre qu'il faut protéger les reinettes (petite grenouilles) au détriment de l'habitat de l'Homme.

Il est inadmissible que des milliers de Genevois doivent s'expatrier en France à cause de ces lois idiotes et très égoïstes.

On ne fait pas de l'écologie en déplacant les problèmes chez le voisin mais en rationnalisant l'emploi du territoire. je trouve l'attitude des Verts et des gens de l'ASLOCA très égoïstes et bien jaloux de leur privilège d'habiter confortablement sur leur territoire.

Une telle solution démontre que ces gens ne sont ni démocrates ni solidaires contrairement à ce qu'ils prétendent a tour de bras.

Il suffit de voir les listes de ces partis et/ou associations de la mouvence Baba cool et les programmes qu'elles veulent défendre pour se rendre compte que leur vision est ferméé et obtue.

Écrit par : Simon Levi | 16/09/2008

"[.....] Il suffit de voir les listes de ces partis et/ou associations de la mouvence Baba cool et les programmes qu'elles veulent défendre pour se rendre compte que leur vision est ferméé et obtue."

Dis-donc, j'ai réussi à lire de fatras d'ânerie jusqu'à la fin sans m'endormir, ni même bailler !

Écrit par : Dji | 16/09/2008

Oui, parfois le corps a des jugements supérieurs à l'esprit. Car moi, je suis d'accord avec Simon Levi, que l'écologie dans un petit espace territorial, c'est un peu facile. Les écologistes n'osent pas forcément demander l'interdiction pure et simple des déplacements automobiles ; ils peuvent être amenés à préférer faire remarquer que les Français voisins devraient dépenser plus d'argent pour le transport propre des frontaliers. Le problème est que le libéralisme a un peu cette tendance, qu'il soit écologiste ou non, d'essayer de faire faire du bien au monde par les autres. Mais un social-libéral-écologisme pourrait aussi demander aux employeurs de n'employer personne au-delà de dix kilomètres. Et un social-écologisme pourrait y contraindre.

Écrit par : R.M. | 16/09/2008

Dix ou quinze, disons ; ou vingt.

Écrit par : R.M. | 16/09/2008

Cher Rémi,
La mesure que vous préconisez est tout sauf sociale. En empêchant les gens d'aller habiter plus loin , moins cher, on ne fait que réduire l'offre et augmenter la demande au centre, ce qui fatalement fera grimper les prix en flèche. Et du coup, au-delà des limites, on aura une jolie réserve naturelle soigneusement préservée... ou une réserve d'indiens pauvre et sous-équipée, selon la manière qu'on a de voir les choses... Est-ce bien cela que vous souhaitez pour la Haute-Savoie ?

Écrit par : Philippe Souaille | 18/09/2008

M. Souaille, vous pensez que les régions françaises qui n'ont aucune relation économique avec Genève sont des réserves d'Indiens pauvres et sous-équipées ?

Pour faire baisser les prix à Genève, il faut y construire, et non faire monter les prix ailleurs. En tout cas, c'est mon avis.

Au demeurant, vous savez bien que si des mesures comme celles que j'évoque étaient prises, il y aurait moins d'entreprises de la banlieue lyonnaise qui viendraient s'installer à Genève, donc moins de besoins de logements, donc moins de hausses de loyers.

Quoi qu'il en soit, je m'en moque un peu, sur le fond, car moi, au fond, que ce soit les communes françaises ou suisses qui deviennent des cités dortoirs, je ne fais pas la différence, car justement, je ne fais pas la différence entre la France et la Suisse pour ce qui en fait ext exactement pareil. Mais de vous entendre dire que sans les salariés de Genève, la Haute-Savoie serait un pays dIndiens, cela ne me fait pas spécialement plaisir. Vous pensez que les communes genevoises qui n'ont pas envie de devenir des cités dortoirs sont des réserves d'Indiens ?

Écrit par : R.M. | 18/09/2008

Cela ne me fait pas plaisir, ou en tout cas, je trouve cela plutôt comique. Sinon, erratum : EST exactement (et non ext).

Écrit par : R.M. | 18/09/2008

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