01/10/2008

La parenthèse des parents d'élèves

Affiche 18 sans texte.jpgLaïcité, gratuité, égalité des chances, ces principes fondamentaux de la formation de base doivent être inscrits dans la Constitution, écrivent Sabine Estier Thévenoz, Florence Lambert et Anne Thorel Ruegsegger, dans une contribution qu'on lira ci-après. Toutes trois membres de l'Groupement des associations des parents d'élèves du primaire et candidates à la Constituante sur la liste 18, elles craignent des projets type chèque scolaire (suivant la façon dont il serait réalisé) qui pourraient les remettre en question. On notera que tout - en l'occurrence l'avenir du chèque scolaire - est dans la parenthèse. La Constitution genevoise de 2012 en contiendra-t-elle? (JFM)


Constitution genevoise : c’est aussi l’affaire des parents

Par Sabine Estier Thévenoz, Florence Lambert, Anne Thorel Ruegsegger, candidates à la Constituante présentées par le GAPP sur la liste 18 Associations de Genève

La Constitution actuelle ne parle pas des enjeux de l’éducation. Les associations de parents souhaitent que cela change. Elles veulent apporter leur réflexion sur l’éducation et la formation. Le Groupement des associations de parents du primaire (GAPP) a donc décidé de présenter trois candidates sur la liste 18/Associations de Genève à l’occasion de l’élection de la Constituante qui aura lieu le 19 octobre.

L’éducation et la formation doivent être accessibles à toute étape de la vie, par modules plus ou moins intensifs en fonction des parcours de chacun. L’époque où l’on se formait une fois pour toutes est révolue.

Laïcité, gratuité, égalité des chances, ces principes fondamentaux de la formation de base doivent être inscrits dans la Constitution. Hérités des 19 et 20 ème siècles, ils sont largement acquis. Cela dit, des projets type chèque scolaire (suivant la façon dont il serait réalisé) pourraient les remettre en question.

L’école d’aujourd’hui doit tenir compte d’autres enjeux. Développer le partenariat avec les familles. Forger les compétences -autant les savoirs que les savoirs faire-, promouvoir les talents. Favoriser l’épanouissement et l’apprentissage de la vie ensemble, de la responsabilité citoyenne.
 
Une bonne formation est aussi celle qui, dans un monde complexe, donne des outils pour aborder les défis de société : environnement, santé, alimentation, violence. Dans une société globalisée, l’apprentissage des langues mérite d’être renforcé. Et l’information sur le système scolaire (répartition des ressources par exemple) doit être transparente.

Enfin, la mission d’intégration de l’école est devenue fondamentale dans une société hétérogène, que l’enfant soit non-francophone ou souffre d’un handicap,  ou encore qu’il ait des besoins particuliers (dyslexie, hyperactivité, haut potentiel). Intégrer n’est pas faire passer tout le monde dans le même moule, mais au contraire accepter les différences et permettre à chaque enfant de développer ses potentialités et de trouver sa place.

L’école genevoise a déjà avancé dans certaines de ces directions, moins dans d’autres. Bien sûr, il n’est pas question de tout inscrire dans la Constitution. Avoir à l’esprit l’ensemble des enjeux concrets permet de mieux réfléchir au cadre que devra poser cette charte fondamentale de notre vie ensemble. Tout au long du processus qui durera quatre ans, le GAPP fera participer les parents à la réflexion et à l’élaboration des articles constitutionnels sur l’éducation. Ecrivons ensemble notre Constitution !

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