04/10/2008

Un roi pour Genève!

échecs.jpgLe Parti libéral propose un seul article dans la Constitution: «La liberté de commerce et d’entreprise est sacrée. Celle de fumer aussi». Le Parti socialiste propose deux articles: 1.- la propriété foncière est au service du bien commun. 2.- Tout habitant est citoyen. Les Verts inscriront trois articles: 1.- L’usage du domaine public est payant pour tous. 2.- La société à 2000 watts est réalisée d’ici 5 ans. 3.- Les quais et le Pont du Mont-Blanc sont immédiatement fermés à la circulation privée. A Gauche toute et l’UDC veulent conserver la Constitution actuelle. Quant au Parti radical, héritier du grand James Fazy, il prendra le pouvoir, selon nos informations, au soir du 19 octobre, installera un gouverneur pour 5 ans à la Tour Baudet, en attendant l’érection de la Cité administrative sur les ruines d’Artamis, et déclarera dans sa Constitution: 1.- Le peuple est souverain. 2.- Le gouverneur peut être destitué par un vote des deux tiers des 50 députés au Grand Conseil. 3.- Les communes demeurent, mais n’ont plus que des compétences de police de proximité et d’animation sociale. Toutes leurs autres prérogatives sont confiées au Ministère de l’intérieur. 4.- Le peuple élit une Assemblée constituante franco-valdo-genevoise le 1er juin 2015, jour du 200e anniversaire de l’arrivée des Suisse au Port-Noir… Politique fiction?


Jeudi soir, à Uni-Mail, le débat organisé par GHI sur la Constituante n’a rassemblé que 56 personnes dont 50 candidats. Tout est-il dit? François Baertschy, animateur de la soirée avec Charles André Aymon a déclaré: «Si un parti réclamait l’institution d’une royauté ou d’une dictature à Genève, sûr que l’aula serait pleine!»

Les partis manquent-ils d’audace? Certainement pas. Leurs idées pour la nouvelle constitution ne sont pas sans ambition. Leurs idées pour la nouvelle constitution ne sont pas sans ambition. Paradoxalement les plus conservateurs se situent aux deux bouts de l’échiquier politique. Pierre Vanek, SolidaritéS, Christian Grobet, AVIVO et Soli Pardo, UDC, se satisfont parfaitement de la Constitution actuelle.

Les plus révolutionnaires se situent au centre. Des radicaux qui proposent de diviser le nombre de commune par quatre à l’ancien conseiller d’Etat socialiste Bernard Ziegler qui rêve d’un gouverneur à l’américaine pour Genève.

Une des rengaines le plus souvent entendues dans la bouche des 18 candidats alignés au creux de la salle R380, comme des noix sur un bâton, était, outre le développement durable, la démocratie participative. Cette idée sud-américaine consistant à associer population et usagers dès le commencement d’un projet et à progresser vers sa réalisation par validations successives peut-elle revivifier la plus vieille démocratie du monde?

Peut-être, à condition d’aller jusqu’au bout de la logique. On ne peut pratiquer la démocratie participative et conserver les droits populaires. L’exemple de l’échec du parking de la place Neuve et la difficulté de mettre en œuvre l’accord sur le logement sont là pour le démontrer. Ces deux  projets ont été patiemment négociés avec les associations. L’un est mort des suites d’une votation référendaire, l’autre est exposé à la guérilla de l’Asloca.

Toutes ces idées ont peu de chance de voir le jour. Pour une raison simple. Les citoyens genevois savent bien qu’en 2012, ils auront le dernier mot. Le projet de la Constitution devra en effet recevoir l’aval du corps électoral. Une épée de Damoclès propre à laminer toutes les grandes réformes. Le peuple souverain en tire une sage et logique leçon: inutile de se mobiliser pour un texte qui, sauf miracle, ne sera qu’une réécriture ordonnée de principes déjà appliqués. Laissons donc la Constituante constituer dans son coin.

Fallait-il s’épargner cette campagne et les dix millions que coûtera l’aventure constitutionnelle? Et confier à une commission ad hoc du Grand Conseil cette tâche de réécriture de la loi fondamentale? Ce qu’on fait les Neuchâtelois! L’avenir le dira.

J.-F. Mabut, texte paru dans la Tribune du 4 octobre

08:09 Publié dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Les socialistes s'attaquent à la propriété foncière ? Gros risque politique, même et paradoxalement dans un canton comptant plus de 80% de locataires. Les socialistes sont en fait des nostalgiques de l'Ancien Régime. Avant la révolution française, le souverain avait le "domaine éminent", véritable propriété au sens du droit d'user et d'abuser, et le peuple avait le "domaine utile", simple droit d'usage qui plus est précaire. La première Déclaration des Droits de l'Homme consacrait les deux propriétés. Le pluriel a été supprimé par la suite, pour ne reconnaître que la propriété individuelle. Les révolutionnaires français ont donné la souveraineté au peuple, mais celui-ci a perdu au passage le domaine éminent. Faut-il le lui rendre aujourd'hui ?
Philippe Favarger, candidat à la constituante, liste 18

Écrit par : Philippe Favarger | 05/10/2008

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