20/11/2008

Deux femmes de plus à la Constituante

haller jocelyn.jpgmartenot claire.jpgSurprise, le groupe Solidarités sera représenté par deux femmes - Jocelyn Haller (photo de gauche) et Claire Martenot - et deux hommes -  Nils de Dardel et Michel Ducommun ce soir pour l'installation administrative de la Constituante, à 17 heures, en la salle du Grand Conseil. Pierre Vanek et Gilles Godinat, élus le 19 octobre, Jean Batou et Dominique Ziegler, viennent ensuite, se sont désistés lundi soir lors d'une assemblée générale du parti, qui a voté le principe de la parité à l'unanimité moins quelques abstentions.


Ce matin sur Radio Cité, Pascal Décaillet en perdait son latin démocratique: "Qu'est ce que ce désir putatif du peuple que vous revendiquez? Comment!... Mais, mais vous manipulez -ez -ez  le vote du Souverain!!! Je,...  je, je.." Jcelyne Haller, première viennent ensuite sur la liste Solidarités à l'élection du 19 octobre, résiste parfaitement aux assauts stupéfaits du professeur journaliste:

- Soldiarités a reçu de très nombreux messages après l'élection de quatre hommes le 19 octobre, alors que nous avions présenté une liste paritaire. Une grande assemblée a donc décidé lundi de demander le désistement de élus masculins pour permettre la parité de la représentation féminine du groupe à la Constituante. Nous pensons que le groupe représente ainsi mieux la volonté populaire.

Il y aura donc 16 femmes à la Constituante sur 80 élus et non 14 comme l'ont décidé les Genevois il y a un mois.

Pascal Décaillet invoque Mounier et le personnalisme - qui est plutôt le philosophe de la démocratie chrétienne que celui de la gauche extrême -,  rappelle que les citoyens élisent aussi des hommes et des femmes et pas seulement des partis: "Vous êtes gonflées, vous savez, ça pose un problème..."

- On assume très bien, répond Jocelyn Haller.

L'ex-députée de Solidarités ne cache pas que la question a tout de même fait débat lors de l'Assemblée de lundi soir à laquelle une cinquantaine de  militants ont pris part. Les abstentionnistes ont voulu manifester ce sentiment de malaise que peut légitimement susciter ce que  d'autres n'hésitent pas à qualifier de manipulation de la volonté populaire. "Nous aurions dû jouer cartes sur table avant le scrutin du 19 octobre, reconnaît volontiers Mme Haller, et déclarer que, quel que soit le résultat du scrutin, des désistements permettraient d'obtenir la parité hommes femmes pour laquelle nous nous battons."

 

Louise Kasser, la président de l'Assemblée de ce soir, voit avec une certaine bienveillance la décision de Solidarités qui "correspond au combat de ce mouvement". La benjamine de la Constituante ne cache pas sa satisfaction d'accueillir deux femmes de plus. De quoi réjouir aussi les militantes qui ont promis de manifester pour cette cause devant l'Hôtel-de-Ville. 

Sur le fond, Jocelyn Haller soutient fermement la proposition dont l'ancien député socialiste François Brutsch s'est fait le champion. Il s'agirait d'ouvrir aux électrices et électeurs du canton un bulletin de vote divisé en deux parties: une partie pour élire les 50 députés hommes au parlement et une autre partie pour élire les 50 députés femmes au parlement. Ainsi la parité serait assurée sans manipulation de dernière minute.

A noter que ce n'est à l'évidence pas la première fois que des hommes se désistent pour laisser leur place à une femme. J'ai souvenir personnellement du désistement de mon père, alors conseiller municipal de Bardonnex et député au Grand Conseil. Il ss'était désisté pour permettre à une femme d'accéder à l'assemblée consultative communale. C'était tout au début des années soixante et les Genevois venaient d'accorder les droits civiques aux femmes. 

dreifuss.jpgPlus récemment, l'élection de Ruth Dreifuss au Conseil fédéral, le 10 mars 1993, a été précédé d'un épisode dont la Berne fédérale a le secret. Les Chambres fédérales avaient élus Francis Matthey et non la Genevoise Christiane Brunner. Sous la pression de ses camarades, le Neuchâtelois n'avait pas accepté son élection. Dare dare, les socialistes avaient domicilié Ruth Dreifuss, alors établie à Berne, à Carouge ce qui leur a permis de faire de la militante tiers-mondiste et syndicale la première femme socialiste et la première Genevoise à accéder au Conseil fédéral.

J.-F. Mabut

07:53 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

C'est Huguenin 2, mais a l'envers.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 20/11/2008

Petite rectification. Il n'y a pas "16 femmes sur 80 élus", mais 14 femmes sur 78 élus et deux constituantes désignées contrairement à la volonté populaire.

L'Assemblée constituante ne compte ainsi pas 80 élus, mais 78. Et deux personnes qui y siègeront pour y avoir été placées par leur appareil de parti et par le dogme.

Écrit par : Soli Pardo | 20/11/2008

Monsieur Pardo, quasiment TOUS les élus à la Constituante ont "été placés par leur appareil de parti et par le dogme".

L'UDC, par exemple, a bien "sélectionné" les palpables à présenter.
Sans votre appartenance à la liste de l'UDC, vous n'auriez jamais été élu.

Écrit par : Wouter van der Lelij | 21/11/2008

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