20/11/2008

Louise Kasser, une pro du perchoir, un peu terne

moutinot kasser faced.jpgLouise Kasser est assise au banc du Bureau du Grand Conseil. Elle est seule. Deux mètres plus, sur le banc du gouvernement, Laurent Moutinot est seul lui aussi. Etrange image. Le président du Conseil d'Etat vient de terminer son message. "Si vos travaux sont couronnés de succès, vos successeur réviseront votre constitution à la fin du XXIIe siècle. Il n'y aura plus de pétrole, mais peut-être encore des glaciers dans les Alpes, si nous le voulons."

La benjamine délivre à son tour son message. Un discours très pro, très sage, sans éclat, sans élan. Louise Kasser nous avait averti.

Elle réserve ses effets pour la cérémonie solennelle prévue en janvier, dont la date et le lieu devront être définis par le Bureau provisoire de la Constituante. Etrange assemblée que cette installation administrative. A l'appel nominal, tous répondent présents, sauf Michel Ducommun et Michel Grandjean qui sont absents.

Louise Kasser est imperturbable. Elle tient son assemblée et le timing de l'ordre du jour sans défaillance. La benjamine n'est pas une ingénue. N'a-t-elle pas présidée il a dix ans - elle avait alors 13 ans - le parlement des jeunes de la Ville de Genève?

Les chefs de groupe des onze partis et associations ont trois minutes pour délivrer leur credo. Beaucoup de bonnes intentions. Des mots forts. Des espoirs.

La démocrate-chrétienne Béatrice Gisiger place d'emblée les travaux de la Constituante sous les auspices de la Journée  internationales des droits des enfants que le monde commémore en ce 20 novembre. Ouf, si j'ose ce rappel, hier le monde commémorait la Journée internationale des toilettes. Ne riez pas 2,5 milliards d'êtres humains sont menacés des pires maladies dont la propagation est favorisée par l'absence de latrines et d'égouts.

mouhanna grobet.jpgC'est au tour de l'Avivo qui réveille à peine l'Assemblée. On a l'impression d'être au Grand Conseil, avec une différence. Personne n'est allé à la buvette. Souhail Mouhanna (photo Guiraud) rappelle les mérites de la Constitution de 1847, qui s'est enrichie au fil des ans de nombreuses conquêtes sociales, économiques et politiques. L'Avivo ne se contentera pas d'un toilettage rédactionnel, mais n'entand pas non plus accepter un retour en arrière sur les acquis des années passées. 

Les radicaux appellent à l’audace, Solidarités ­annonce que les «prétendues contraintes économiques» qui brident le progrès social ne l’empêcheront pas de dormir. Le PS, les Verts, les associations, insistent sur un rapprochement avec la population pour élaborer le texte fondamental; l’UDC évoque la sécurité, et fait tanguer la salle en évoquant ces «subventions accordées à des marginaux». Mais la plupart des interventions ont été écoutées avec bonhomie.

 

 

 

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