26/03/2009

Le développement durable ne fait pas l'unanimité

La Constituante a terminé sa session en discutant de cinq propositions présentées par les groupes UDC, Associations Genève et ici, et par huit constituants représentant tous les partis sauf les libéraux, Genève Avance et le MCG. Cette dernière proposition demandant aux cinq commissions thématiques de s'inscrire dans la logique du développement durable, conformément au mandat de la Constituation fédérale, a été adoptée sans surprise par la majorité de l'assemblée.

Tout comme la consultation de la population, dont la mise en oeuvre avait été précédemment confiée au Bureau de la Constituante, le développement durable fait partie de ces concepts valises, assez vagues pour engager à tout et à rien mais aussi suffisamment politiquement corrects pour hérisser le poil de quelques constituants, situés majoritairement à droite de l'échiquier politique. (JFM)

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Commentaires

Pour partir dans le voyage qui attend la Constituante, je suis heureux que nous ayons pu faire accepter par une majorité de nos collègues cette valise qui n'a rien de vague sauf pour celles et ceux qui l'utilisent comme un concept idéologique ou électoraliste, ou pour des journalistes qui considèrent que tous les mots sont creux sauf les leurs !

Je peux vous assurer par ailleurs que les signataires de cette proposition ont été les premiers surpris de voir qu'elle passait la rampe suite à un intense travail de conviction qu'ils ont dû mener ces derniers jours. Avant le début de la séance, nous espérions qu'elle passerait le cap de l'entrée en matière, mais nous avions les plus grandes incertitudes pour la suite.

Pour nous, il s'agissait que la Constituante donne un signal sur sa volonté de prendre en compte un défi majeur actuel non seulement pour Genève et son avenir, mais pour l'ensemble de notre planète mondialisée. Une Constitution moderne et novatrice ne peut l'ignorer.

Cette proposition ne parle pas seulement d'un développement durable au sens de protection de l'environnement, mais d'une recherche prioritaire d'équilibre entre objectifs économiques, sociaux et environnementaux, de l'application d'un principe d'équité entre les générations d'aujourd'hui et de demain, d'ici et d'ailleurs. Une conception intégrée et globale du développement durable pouvant s'appliquer à bon nombre de sujets qui seront traités par les commissions, et pas seulement aux sujets relatifs aux énergies ou au territoire.

Enfin, cette proposition a permis, au terme du débat qui s'est engagé entre les membres de la Constituante, de s'engager dans un réel choix politique faisant appel à des valeurs et à une éthique de responsabilité. C'est je crois primordial pour la suite de nos travaux. Je regrette, en observateur attentif, que vous n'en ayez pas perçu l'importance.

Maurice Gardiol, Constituant
et un des initiants de la proposition "Objectif développement équilibré et durable"

Écrit par : maurice gardiol | 26/03/2009

Le 26 mars 2009, les Constituant-e-s de la République et Canton de Genève se sont en effet engagés à respecter, dans le cadre de leurs travaux à venir, cette notion apparue il y a plus de 20 ans (1988) et validée en 1992 au sommet de Rio, qu'est le développement durable.

Le développement durable tant à trouver un équilibre entre les objectifs sociaux, économiques et environnementaux. N'est-ce pas là un pré requis indispensable à l'élaboration d'une nouvelle Constitution pour Genève.

A cela viennent s'ajouter les principes d'équité inter-générationnelle et de solidarité intra-générationnelle, compléments certainement indispensables pour que tous les citoyens et citoyennes puissent trouver une place dans le texte de cette Constitution, qu'ils seront appelés à ratifier en 2012.

Nous ne pouvons que féliciter les Constituant-e-s qui, après une entrée en matière qui n'était pas acquise d'avance et un débat nourri, ont validé cet engagement.

Boris Calame, Constituant (Associations de Genève)
Signataire de la proposition "Objectif développement équilibré et durable",
présentée et retenue, le 26 mars 2009, en séance plénière de l'Assemblée Constituante

Écrit par : Boris Calame | 28/03/2009

Bla bla bla bla... objectifs économiques, environnementaux et sociaux... comme si on pouvait mettre l'économie sur le même plan que la sauvegarde de la vie sur terre ou de la justice sociale. Non, non, non et non. La planète agonise et il faudrait mettre ça sur le même plan que l'économie? Allô?

Le développement durable est devenu un concept fourre-tout, mais il dit à l'origine :

« Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »

Limitations.

Besoins.

Ne pas compromettre les besoins des générations futures...

En clair, dans un monde où les pays riches (20% de la population mondiale, dont nous faisons partie) consomment 86% des ressources. Et où nous faisons partie du milliard et demi de privilégiés qui surconsomme (bagnoles, voyages en avion, TV à écran plat, viande à tous les repas, nouveaux tél. portables tous les 6 mois, etc.), le seul moyen de ne pas compromettre les chances des générations futures de survivre c'est d'opérer une décroissance dans nos pays.

Une baisse radicale de la consommation et de la production. Donc un arrêt du développement tel qu'on l'a entendu jusqu'à présent (croissance du PIB, société du "toujours plus", etc.). Il faudrait donc s'abstenir de mentionner même ce mot de développement, devenu obscène sous nos latitudes.

Nos pays sont déjà surdéveloppés : nous croulons sous l'excès de matériel, d'objets, de ressources et d'énergie que nous gaspillons. Nous devons réduire au minimum de 80% nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

Cela signifie sortir obligatoirement du système économique capitaliste, qui a BESOIN de croissance pour survivre. Cela signifie obligatoirement réfléchir à une autre organisation de la société, pour qu'elle soit orientée non pas vers le profit pour quelques uns mais vers la satisfaction des besoins de toutes et tous.

En bref, cette tarte à la crème est bien jolie mais si on vide les mots de leur sens profond, on finit par ne plus rien dire et la démocratie est en danger.

Écrit par : Sandro Minimo | 28/03/2009

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