07/05/2009

Remettre les dettes tous les 50 ans, un projet pour la constitution genevoise?

09.jpgMaurice Gardiol et Philippe Roch étaient les invités ce jeudi des Midis de la Fusterie. Devant une vingtaine de personnes qui avaient préféré l’ombre du temple des Rues Basses, rendu à la vie civile, à la lumière de son parvis encombré par les céramistes, les deux constituants ont esquissé quelques-unes des valeurs qu'ils souhaitent voir inscrites dans la loi fondamentale qui dictera les règles du vivre ensemble des Genevois  dès 2012.

Le socialiste Gardiol a naturellement évoqué Calvin. Le Réformateur préférait mot création au mot croissance. La création, a expliqué Maurice Gardiol, renvoie à la responsabilité, au respect de la nature, au partage, à la solidarité planétaire, présente et future. Et de citer la Bible qui dictait tous les 7 fois 7 ans de remettre les dettes, de faire table rase." Bref il y a là tous les ingrédients de ce qu'il est convenu d'appeler désormais le développement durable. Reste à traduire cela dans un article de loi. Ce que le constituant ne s'est pas autorisé à faire. Président de la commission thématique no 1, Maurice Gardiol compte sur ses collègues pour finaliser l'affaire.

Le démocrate-chrétien Philippe Roch a également cité le dissident du XVIe siècle au nombre des quatre constituants genevois avec l'évêque Adhémar Fabri, l'homme des franchises, les radicaux de 1847, "qui étaient alors révolutionnaires" et la tout neuve Assemblée constituante qui a l'ambition d'écrire la Charte fondamentale du XXIe siècle. "Les Genevois n'ont pas plébiscité la création d'une Constituante pour qu'elle se limite à un simple toilettage du texte qui nous gouverne. S'il s'était agi de cela une commission de fins juristes aurait suffi."

Voir les entretiens vidéos de Maurice Gardiol et de Philippe Roch


calame, contat genecand.JPGSous l'oeil attentif de quatre constituants, la vice-présidente Marguerite Contat-Hickel, Boris Calame, Benoît Genecand et Alfred Manuel, l'ex-directeur de l'Office fédéral de l'environnement, retiré sur ses terres de Russin, souhaite inscrire dans la Constitution genevoise les principes d'épanouissement, d'harmonie, de responsabilité. Mais, pas plus que son collègue Gardiol, il ne s'aventure dans la formulation concrète d'un article de loi.

Tous deux font la promotion de la proposition - le premier principe à avoir été adopté par l'assemblée - qui fait du développement durable le tamis général au travers duquel tous les articles de la future constitution genevoise devront passer. 44 constituants l'ont adopté, 34 l'ont refusé, dont Benoît Genecand. L'ex-directeur d'UBS Genève explique que le développement durable est un principe à géométrie variable. Tout le monde peut s'accorder sur la préservation de la terre. Mais les avis divergent quand nos dépenses d'aujourd'hui sont les dettes que nous légueront à nos enfants. En outre, il ne voit pas très bien comment appliquer les principes du développement durable lorsqu'il s'agira de discuter des droits civiques à accorder aux étrangers.

Alain clerc fusterie 7 mai 09.JPGAlain Clerc qui fut associé à la création de la Commission Bruntland rappelle que le concept même de développement durable est le fruit d'un  compromis et même du hasard qui mis tout le monde d'accord. Un plus petit dénominateur commun en somme. Qu'il ne faut certes pas rejeter. Mais la Constituante genevoise fera d'avantage oeuvre de pionnier si elle consacre le principe de la qualité de la vie.

Alberto Perez Irarte se demande si la question du vivre ensemble avec la région française ne doit pas primer sur la question plus théorique du développment durable à laquelle au fond tout le monde adhère. Maurice Gardiol juge le point important. Et ajoute aussitôt celui des 40% de Genevois qui n'ont pas le droit de vote.

Sur son blog, Gardiol a publié le Powerpoint de sa présentation. Je le copie ici à l'intention des personnes intéressées. Il a enfin insisté sur le fait que tous les Genevois ont la possibilité d'adresser des pétitions aux Constituants et que celles qui porteront 500 signatures seront obligatoirement prises en compte par l'Assemblée.

18:55 Publié dans 1 Principes généraux, Actualités, Débats publics | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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