16/06/2009

La souveraineté alimentaire dans la Constitution?

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Les paysans genevois font cause commune avec le syndicat Uniterre et Via campesina et réclament l'inscription de la souveraineté alimentaire dans la Constitution genevoise. La souveraineté alimentaire est avec le développement durable et le principe de précaution la (sainte) trinité de la pensée écologique. Elle désigne le DROIT - c'est Uniterre qui met les capitales, et non le devoir serais-je tenté d'ajouter - d’une population, d’une région ou d’un pays à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping de prix vis-à-vis de pays tiers. Il suffit de recueillir 500 signatures pour que l'Assemblée constituante soit tenu de traiter cette pétition. Uniterre propose également d'introduire un article 104 bis dans la Constitution fédérale.

A noter que AgriGenève soutient également la pétition du constituant Michel Chevrolet pour construire 14'000 logements à La Praille Acacias Vernets. Les paysans ont en effet de quoi s'inquiéter de l'emprise sur la zone agricole prévue par le projet d'agglomération franco-valdo-genevois. On parle je crois de 800 hectares, soit près de 8% de la surface agricole utile du canton. A moins de construire des tours maraîchères à la Praille ou de mettre toute la population au régime des Jardins de Cocagne (et encore), je ne vois pas comment le principe de la souveraineté alimentaire pourra être réalisé à Genève. (photos opage)


La souveraineté alimentaire, c'est aussi, explique Uniterre dans sa pétition:

  • la priorité donnée à la production agricole locale pour nourrir la population, l’accès des paysan(ne)s et des sans-terres, à la terre, à l’eau, aux semences et au crédit. D’où la nécessité de réformes agraires, de la lutte contre les OGM pour le libre accès aux semences et de garder l’eau comme un bien public à répartir durablement.
  • le droit des paysan(ne)s à produire des aliments et le droit des consommateurs à pouvoir décider ce qu’ils veulent consommer et par qui et comment l’aliment est produit.
  • le droit des Etats à se protéger des importations agricoles et alimentaires à trop bas prix. Des prix agricoles liés aux coûts de production. C’est possible à condition que les Etats ou les Unions aient le droit de taxer les importations à trop bas prix, et s’engagent pour une production paysanne durable et maîtrisent la production sur le marché intérieur pour éviter des excédents structurels.
  • la participation des populations aux choix des politiques agricoles
  • la reconnaissance des droits des paysannes, qui jouent un rôle majeur dans la production agricole et l’alimentation.

 

15:10 Publié dans 1 Principes généraux, Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Etatisation du sol agricole. Autonomie agricole. Collectivisation des décisions de production agricole, alors que l'agriculteur en est maître aujourd'hui. Fixation des prix agricoles par une autorité étatique.

Le kolkhoze et le Gosplan, quoi !

Écrit par : jeremy nizard | 17/06/2009

Vous oubliez un détail qui aurait dû être signalé dans la pétition.Sur votre protectionnisme agricole.

"en espérant que les pays qui importent des denrées alimentaires en Suisse,ne nous impose pas un boycott par rétortion des produits suisses sur leurs sols."

Je vous rappel que la Suisse gagne 1fr sur 2 par les exporatations.

D.J

Écrit par : D.J | 17/06/2009

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