21/07/2009

Le CEVA et la Constituante

calame boris détail de la photo calame contat genecand.jpgBoris Calame est un constituant actif sur son blog Associatif et durable et je m'en félicite, espérant chaque matin découvrir les réflexions de nos 80 sages ou du moins de ceux qui ont tâté du blog et dont on trouvera les noms dans la colonne de droite.

Membre du bureau de l'Assemblée Constituante genevoise et de la Commission thématique n° 5 "Rôle, tâches de l’Etat et finances", Coordinateur du Cercle développement durable, élu sur la liste des Associations de Genève, Boris Calame livre ce matin une belle déclaration démocratique à propos du référendum contre le CEVA. Et une défense convenue du CEVA par la même occasion.

Sur le premier point on aurait aimé savoir si le Vice-président de la Coordination transports et déplacements est

  • pour ou contre l'augmentation des signatures pour le dépôt d'un référendum, ce que la logique arithmético-démographique commande,
  • pour ou contre la collecte par internet des signatures, ce que la logique du vote par internet commande,
  • pour ou contre le référendum financier obligatoire, au-delà d'une certaine somme (50 millions par exemple)...

L'existence de ce droit politique aurait permis aux citoyens genevois - mais pas aux étrangers ni aux frontaliers qui sont pourtant majoritaires dans la région -  de se prononcer sur le crédit de 450 millions voté en juin 2002 constituant la part cantonale du financement d'un équipement de transport conçue avant  1912 (date de la première convention entre le canton et les CFF) et dont le tracé ignore l'hôpital, l'Université, le pont Butin et l'aéroport GVA (Genève Voltaire Aéroport), toutes infrastructures qui n'existaient pas au début du XXe siècle.

Au-delà du milliard et demi ou des deux milliards de la facture finale - le développement durable doit aussi penser à la dette intergénérationnelle - il convient de débattre sur le thème: y a-t-il un plan B au CEVA? Il y en a deux, celui des référendaires de l'Association pour une meilleure mobilité franco-genevoise et celui des partisans d'une traversée autoroutière et ferroviaire du lac.

 

Commentaires

Des alternatives, il y en a plus que deux. Le seul problème c'est que, contrairement à ce que les opposants prétendent, AUCUN n'est réalisable immédiatement. Je n'exagère pas en disant qu'il faudra au minimum 15 ans pour voir un nouveau projet prendre forme concrétement. Et là où ça sera triste, c'est que la première chose qu'on fera, ça ne sera pas la traversée ferroviaire de la rade ou le tracé des opposants car tout deux ne répondent pas aux besoins de mobilité des genevois (l'un passe en pleine campagne, l'autre dans le lac, les deux évitant soigneusement les zones habitées et d'emplois).

Pourtant, idéalement, dans 15 ans on aimerait plutôt développer notre réseau RER pour atteindre d'autres endroits de notre région et pas seulement construire les bases de celui-ci. Et puis, les anti-CEVA assumeront-ils l'asphyxie totale de notre ville (déjà en marche), qui sera encore dépourvue d'un système de transport régional efficace et non-polluant ? Assumeront-ils le retard honteux que notre ville aura creusé en matière de transports publics, non plus seulement par rapport à la Suisse alémanique, mais par rapport à la Suisse romande ? Et je parle pas de l'Europe...

On a plus de temps à perdre avec l'égoïsme de certaines personnes qui, sous prétexte que le CEVA n'est pas parfait (et surtout à cause du "NIMBY" soit "pas dans mon jardin"), veulent tout faire capoter. C'était déjà hier qu'on aurait eu besoin d'un RER irriguant correctement la ville et les régions frontalières. Allons de l'avant maintenant !

Enfin, si votation il doit y avoir, j'espère surtout que les opposants respecteront véritablement la volonté populaire et ne nous rejoueront pas le coup de la fumée passive puisque certains de leurs membres font partie des Dissidents de Genève. Perso, je reste méfiant. Le non-respect flagrant de près de 80% des votants ne sera pas oublié de sitôt, surtout que ce sont ces mêmes personnes qui réclament le respect de la démocratie (ce qui a pourtant été fait dans le cadre du CEVA, mais bon...).

Écrit par : David | 21/07/2009

S'il vous plaît arrêtez de dire que le RER ignorera l'Hôpital et le centre-ville et l'aéroport de Cointrin!
Franchement, regardez les plans! La halte de Champel-Hôpital (plutôt clair comme nom) sera à 3 minutes à pied du centre hospitalier (pédiatrie, maternité, clinique de Beau-Séjour, etc.). Moi qui bosse au CMU, je m'en réjouis! Idem pour l'Uni, on est à deux pas d'Uni Dufour et des Bations (pour les étudiants de la côte ou de France voisine, c'est parfait!). Et pour rappel, Cornavin-Cointrin c'est 6 minutes en train. Là ça vire franchement à la mauvaise foi!
Pour les deux pseudos alternatives, l'une ne servira à rien (le barreau sud est un pur fantasme des opposants, abandonné il y a dix ans par les services de l'Etat car totalement inefficace pour un RER), le second comme le dit David ne pénètre pas le coeur de la ville comme doit le faire un RER, et on serait repartis pour 15 ans...
Je rejoins parfaitement les propos de ce dernier, il faut avancer maintenant, construire un RER efficace et qui sera perfectible à l'avenir. Mais au moins mettons-le en place. On ne peut pas rester dans un immobilisme pareil en matière de mobilité! La jeune génération a besoin d'une infrastructure durable et efficace en matière de TP (et quand on voit l'âge moyen du comité référendaire...).
Salutations

Écrit par : Juan | 21/07/2009

Et voici un bon article tiré de "tout l'immobilier", précisant l'intérêt du RER (et du CEVA) face aux "alternatives":

http://www.toutimmo.ch/commun/Articles.aspx?ArticleId=760

Écrit par : Eric | 21/07/2009

Et si vous nous expliquiez, David, Juan et Eric, chiffres à l'appui car les slogans ne suffisent décidément plus,
- pourquoi le CEVA est nécessaire immédiatement ?
- en quoi Genève a accumulé "un retard honteux" en matière de transports publics ?
- en quoi le CEVA va éviter "l'asphyxie" à Genève ?
- en quoi le CEVA doit être prioritaire à la requalification de la zone PAV et à l'ouverture d'une nouvelle zone d'activité à Colovrex ?
- pourquoi la jonction des réseaux ferroviaires français et suisse devrait se faire par le CEVA plutôt que par le lac ?
Merci d'avance

Écrit par : pierre kunz | 21/07/2009

J'ai déjà répondu à quelques unes de ces questions dans le blog Pro-CEVA:
http://pro-ceva.blog.tdg.ch/archive/2009/07/17/geneve-le-conseil-federal-s-engage-a-payer-les-surcouts-du-c.html

Mais on peut poursuivre:
1) CEVA est indispensable immédiatement car nous avons 20 ans de retard sur la Suisse allemande, qu'il n'y a pas d'offre régionale RER efficace, rapide, transfrontalière, reliant les périphéries entre elles et au centre. Il faut offrir une alternative, et ce, pas dans 20 ans.
2) Genève s'est mise à reconstruire son réseau de trams démantelé depuis 40 ans, mais n'a en termes ferroviaires que les lignes de la Côte vers Cointrin, Pont-Rouge et Bellegarde (et le raccord SNCF aux EV). Soit très peu au regard de Bâle, Zürich, Berne ou même Lausanne. Quand on sait que 98% des passages à la frontière française se fait en voiture, il y a de quoi parler de honte... n'est-ce pas?
3) Je pense que le RER n'a pas la prétention d'éviter l'asphyxie, mais au moins, il donne une alternative crédible. Aujourd'hui, les TP n'ont rien d'autre à proposer côté Haute-Savoie que le TER des Eaux-Vives et les quelques bus transfrontaliers. Là on aura un train tous les 1/4 d'heure, rapide, reliant la côte, le coeur de Genève, puis Annemasse et les centres urbains régionaux. C'est au moins un grand pas en avant!
4) CEVA prioritaire au PAV? Qui a dit ça? Ce sont des projets complémentaires, qui vont d'ailleurs très bien ensemble! Le RER aura deux gares sur le territoire requalifié du PAV: Pnt-Rouge et Carouge-Bachet. Pour Colovrex, c'est identique, rien oppose le RER FVG à une zone d'activité derrière l'aéroport. Le RER est juste plus mûr.
5) La jonction devrait se faire par le CEVA pour au moins deux raisons évidentes: le projet n'attend que la décision du TF pour démarrer (la rade...se sera un peut plus long je vous l'assure), le RER tel que prévu pénètre le tissu urbain, et donc connecte tout centre-ville et la périphérie (par le lac on ne connecte que Genthod à Chêne-Bourg). Tous les RER du monde passent par la ville, c'est leur nature même.

Enfin je ne sais pas ce que vous voulez comme chiffres, mais 40% de déplacements en plus prévus pour 2020, 2% des déplacements Genève-Haute Savoie faits en TP (contre plus de 20% côté vaudois), 30% d'augmentation sur la ligne SNCF Evian-Genève-Evian (un peu moins depuis St Gervais et Annecy), ça me semble justifier une offre RER digne de ce nom.

Meilleures salutations.

Écrit par : Eric | 21/07/2009

@Eric
Vous restez dans les slogans.
Comment peut-on justifier l'affirmation que nous avons 20 ans de retard sur la Suisse allemande ? Quel retard ? Quelle Suisse allemande ? Les villes suisses alémaniques présentent chacune des problématiques uniques, comme Genève.
Il est possible que les frontaliers franchissent la frontière en voiture à raison de 98 %. Mais le CEVA ne résoudrait que très partiellement ce problème puisque, aux dire du directeur de Transféris, en 2030 le CEVA ne transporterait que 50'000 passagers. Une "paille" au regard des ... 500'000 passages journaliers que l'on compte aujourd'hui. Cette paille vaut-elle 2 milliard de francs ?
Prétendre que le CEVA et le projet PAV sont complémentaire c'est laisser croire que Genève a les ressources humaines et financières pour tout faire, sans se fixer de priorités et sans réfléchir aux alternatives. Or le projet PAV ne pourra se concrétiser que si Colovrex se fait. Et si Colovrex se fait la liaison ferroviaire entre la France et la Suisse devra logiquement passer sous le lac et non plus par la Praille et Carouge. Avec un autre avantage, la fin du cul-de-sac ferroviaire de Cointrin dont la gare se trouvera ainsi reliée directement à Lausanne ou même Yverdon.
CEVA, projet plus mûr ? Tellement mûr qu'il est anachronique. Ceux qui ont pensé le CEVA en 1912 ne proposeraient certainement pas ce trajet aujourd'hui tout simplement parce que Genève et ses faubourgs sont cinq ou six plus étendus.
En conclusion il faut admettre que le seul vrai moyen de lutter efficacement contre l'engorgement de voitures à Genève consiste à construire enfin, notamment à la Praille, les logements qui manquent à notre canton au regard des emplois qu'il offre et qui obligent ceux qui y travaillent à loger en Pays de Vaud et en France. Des gens qui évidemment encombrent les routes du canton chaque jour.
Commençons donc par renoncer au CEVA, aménageons de toute urgence Colovrex et construisons rapidement les 15'000 logements annoncés par le Conseil d'Etat à la Praille. En 2030 nous aurons ainsi apporté bien davantage à Genève qu'avec le CEVA.

Écrit par : pierre kunz | 22/07/2009

Moi je dirai plutôt que les ingénieurs du début du XXe étaient des visionnaires!
Bien sûr la ville s'est développée, mais le centre-ville reste autour de l'Hôpital, autour de l'Uni, aux Eaux-Vives! en plus LE quartier en devenir, le PAV, sera très bien connecté dans les deux sens.
Je suis également pour le rapprochement du lieu de travail et du lieu de résidence (conviction écologique), mais pas en opposition à un projet d'agglomération dynamique, basé sur un système de transports publics efficace, type RER. Passer sous le lac sans desservir la ville me paraît une absurdité, le futur réseau RER permettra lui de faire passer un métro urbain et d'agglomération, un train régional et des trains grandes lignes, 3 en 1.
Ciao

Écrit par : juan | 22/07/2009

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