30/07/2009

Que fait la Constituante? (suite) A lire un rapport confidentiel de la commission no 4

brain-storming.jpgBien que toujours embourbée dans ses problèmes d'intendance, la Constituante s'est mise au vert. Rien ne bouge donc au 2 , Henri Fazy, sauf que plusieurs constituants bossent sérieusement à domicile pour préparer la rentrée. Pas évident le boulot de constituant. Même ingrat jusqu'à présent. Coincés qu'ils sont entre le secret des commissions que leur impose la règle constitutionnelle actuelle, le harcèlement assez mesquin du Grand Conseil, le dédain du Conseil d'Etat, les ricanements des fonctionnaires et le "on verra bien ce que verra" des municipalistes (à défaut de pouvoir utiliser communards et communistes qui ont d'autres sens), les 80 constituants méritent notre indulgence et notre respect.

Donc le "rien ne bouge" ne signifie pas que leurs méininges soient en vacances. Une audition-débat public est annoncée pour le début septembre par la commission no 4 "organisation territoriale et relations extérieures". La commission no 2 " Droits politiques) a publié un rapport d'étape. Le silence radio sur le bilan du premier semestre des trois autres commissions 1 "Droits fondamentaux", 4 "Organisation territoriale et relations extérieures" et 5 Rôle, tâches de l'Etat et finances" commence lentement à être rompu.

Il y a quelques jours, j'ai reçu un document bien intéressant. Il s'agit d'un résumé des PV de la commission 3 chargées des institutions. Je vous le livre brut de coffrage. Histoire que les lecteurs de la Gazette que je salue au passage dispose d'un os à ronger durant cet été et puissent au fil des prochains temps alimenter ce blog de leurs commentaires.


Il s'agit d'un projet évidemment. C'est écrit en grand et en travers à chaque page. Un inventaire pour être précis, dressé au fil des séances de la commission 3, qui est sensée réformer les communes et la gouvernance générale du canton, proposer un embryon de gouvernement régional et développer la démocratie participative. Rude tâche en ces temps où la démocratie ne passionne plus les foules. Où seuls quelques citoyens soucieux du bien commun, souvent majorisés par des citoyens soucieux de leurs intérêts personnels ou locaux, hantent nos assemblées.

ta rütteln.jpg

Notez que c'est partout la même chose. Hier, le Tages Anzeiger de Zurich titrait en première page, éditorial à l'appui, "Politiker rütteln an Urform des Demokratie" (Des politiciens s'en prennent à la démocratie directe), où, une enquête de l'Action citoyenne de Zurich (une jeune pousse politique animée par l'UDC, ex Parti des automobilistes Michael E. Dreher) dresse un constat alarmant de la participation aux assemblées générales des communes de la métropole suisse: pas plus de 3% de la population dans le meillleur des cas et souvent beaucoup moins. Facile dans ces conditions de noyauter de telles assembléesm, voire de faire pression sur les présents dont les votes à mains levées seront peut-être dénoncés. Bref la Suissse a très mal à ses Landsgemeindes communales. [voir la page du Tagi ici]

Tout le monde en fait le constat mais peu ose attaquer de front le problème.  A Genève les assemblée de démocratie participative que Cramer a instaurées pour donner un semblant de légitimité républicaine à son projet d'agglomération n'échappent pas au même constat sévère.

On attend donc avec impatience que nos constituants sortent de leurs brain stormings la solution idoine et moderne. Il est peut-être temps que nos institutions adoptent et s'adaptent au monde de l'internet et de l'interactivité!

 

Commentaires

Bonjour,

L'assemblée constituante a voté en pleiniere un reglement pour assurer un travail confidentiel aux commissions, le but n'etant pas de s'isoler, mais bien de garantir aux fonctionnaires ou autres personnes lié par un secret de fonction la possibilité de pouvoir s'exprimer de maniere libre.

Cette garantie nous apportait l'assurance de pouvoir travailler sur des données fiables, ce processus est desormais compromis.

Il me semble urgent de regler ces fuites a repetition qui risquent de nous poser des problemes lors de nos futures auditions.

La Commission de communication a la mission de transmettre a tous l'avancé de nos travaux.

L'agitation autour de nos travaux, dans le contexte electoral de la rentrée n'a rien de surprenant certains y voient l'occasion de gagner quelques voix, ils sont memes pret pour cela a etre en complete contradiction avec les representants de leur parti.

Les amendements que nous avons opposés au budget, ont tous été repoussés par les memes partis qui aujourd'hui denoncent des exces.

Je vous souhaite un bonne période estivale a tous.

Amicalement

Thomas Bläsi

Écrit par : Thomas Bläsi | 30/07/2009

Le secret engendre la suspicion et comment voulez-vous que le peuple accepte un texte rédigé dans l’ambiance d’un conclave.
Le secret est ridicule lorsqu'il s'agit de l'acte de la rédaction de l’acte fondamental !

Écrit par : charly schwarz | 30/07/2009

J'ai deux sentiments un peu contradictoires à la lecture de ce document "top secret" :

1) ça bosse, en plus visiblement ça réfléchi, c'est du sérieux, ça demande à auditionner des experts d'autres cantons. En plus y a une remise en question du système. Tout ça c’est bien !

2) Of course, c'est un sujet politique, mais le ton de ce document m’inspire un angle d’approche clairement plus "parti politique" que citoyen. (D'ailleurs, la majorité des personnes qu'on demande à auditionner, ce sont des politiciens, ou élus via un parti (cour des comptes, juges, procureur...).

Enfin, puisqu’à partir de maintenant il n’y aura plus de fuites, nous allons donc rester dans le noir sur la suite jusqu'en 2012. Il ne reste donc plus qu'à espérer qu'en 2012, la constitution proposée ne sera pas "par les partis politiques, pour les partis politiques"…

Écrit par : Wouter vd L | 31/07/2009

Bonjour les Blogueurs,

Le problème n'est pas d'avoir une ambiance de conclave, si l'assemblée vote un reglement a une grande majorité, c'est de mon point de vue pour l'appliquer, le but de la confidentialité des commissions est juste de garantir a tous membre de l'administration de pouvoir ammener sa pierre a l'édifice, sans crainte d'enfreindre un secret de fonction.

Dans l'ideal, l'idée est que chacun s'exprime librement et sans contraintes sachant que ces propos seront couverts par cette confidentialité.

Le reglement pouvant etre modifié en tout temps, si un constituant estime que cet etat de fait est mauvais il a la liberté de faire une proposition individuel pour le modifier.

Mais non ! il est plus simple de se croire au dessus des regles n'est ce pas ?

Comment avoir confiance dans des elus qui ne respecte pas les regles decidées de maniere démocratique ?

Que je soit d'accord ou non, je me soumet au vote majoritaire de l'assemblée qui représente la population du canton, c'est aussi cela vivre en democratie.

Amicalement

Thomas Bläsi

Écrit par : Thomas Bläsi | 24/08/2009

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