25/08/2009

Souveraineté alimentaire: plan Wahlen pas mort

ge terre avenir.jpgA la veille d'une manifestation monstre des paysans suisses, samedi à Sempach, mille deux cent sept Genevois demandent à la Constituante d'inscrire le principe de la souveraineté alimentaire dans la nouvelle constitution genevoise. La pétition lancée ce printemps par Uniterre Genève en écho à l'initiative fédérale sur le même sujet vise non pas à assurer l'auto-approvisionnement du canton, ni même de la région, mais à obliger les autorités cantonales et communales à conserver voire à récupérer les clés de la politiques agricoles locales.

Si la souveraineté alimentaire était ancrée dans la constitution genevoise, convient Valentine Hemmeler, secrétaire centrale d'Uniterre, le Conseil d'Etat genevois devrait s'opposer au principe du cassis de Dijon (la Suisse importe des produits alimentaires d'Europe sans autres mesures sanitaires ou d'indication de provenance par exemple que celles que prescrit l'Union européenne).

Genève devrait s'opposer à l'accord de libre échange agricole (ALEA), que Doris Leuthard négocie avec Bruxelles. Car une fois ces deux dispositions adoptées, disent leurs opposants, il en sera fini pour la Suisse d'adopter des mesures conservatoires favorables aux petits paysans ou aux modes de culture alternatifs. Seul le marché dictera sa loi dans l'agriculture comme ailleurs.


L'article sur la souveraineté alimentaire fonctionnerait ainsi un peu comme l'article anti-nucléaire, lequel dicte sa conduite au conseil d'Etat genevois et l'oblige à s'opposer à cette forme d'énergie sur le territoire du canton mais aussi au plan national.

Actuellement le principe de souveraineté alimentaire n'existe que dans le règlement de la loi sur l'agriculture dont est issu le label Genève Région Terre Avenir. C'est bien dit Valentine Hemmeler, mais c'est insuffisant.

Uniterre qui applique fidèlement la politique de Via Campesina constate notamment que des jeunes formés aux métiers de l'agriculture ne peuvent pas l'exercer faute d'avoir accès à la terre. Le syndicat réclame des bourses de mise à disposition des terres et des aides publiques permettant à des projets intéressants de voir le jour.

Il s'agit également de garantir le choix de leur approvisionnement aux consommateurs et donc l'existence de filière de production différentes alors que le marché a tendance à niveler l'offre. Les collectivités publiques seront également tenues de s'approvisionner localement en priorité y compris pour approvisionner des épiceries, comme à Vernier, où les prix seraient à coup de subventions publiques réduits pour permettre à tous d'accéder à ces fruits et légumes maison.

Bref, la souveraineté alimentaire est la clé de voûte du développement et de la pérennité du droit à la terre, du commerce équitable, des Jardins de Cocagne et autre coopératives de production-consommation.

Commentaires

Intéressant. Petit défaut : la politique agricole est du seul ressort de la Confédération. Uniterre devrait donc s'adresser à Berne...

Écrit par : Pierre Loriol | 25/08/2009

M Loriol : vous avez tort, on peut tout mêttre dans la constitution genevoise, pour autant que ça ne va pas à l'encontre des lois "supérieures", comme la constitution fédérale, ou encore des accords internationaux signés par la suisse.

C'est ça, le "féderalisme".

Écrit par : Wouter vd L | 31/08/2009

Monsieur Loriol est un bon VERT aussitôt qu'on annonce une volonté il se réfugie dans les jupons de mère Helvétie!
Cette exigence est fondée et j'invite les constituants à la suivre comme je pense, au vu des développements des derniers jours que M. Dimier devrait revenir avec son idée d'indépendance!
En tout cas nous devons affirmer notre droit à l'autodétermination, n'en déplaise aux cols verts!

Écrit par : simon | 31/08/2009

L'autonomie alimentaire n'est pas un bonne chose vu sous cet angle,

car ses adversaires auront tôt fait de casser cette proposition au vu de son volet "subventions".
Les temps sont durs, et il faut garder à l'esprit que l'état a les poches trouées !

Donc:
1. Inscrire ce droit dans la constitution.
2. Parler de subventions, éventuellement.

Autrement on aura ni le bébé ni l'eau du bain...

Au fait, pour les émissions de Co2, on envisage le principe du pollueur-payeur, n'est-ce pas ?
Et alors, pourquoi pas dans l'agoralimentaire ?

Oui, pourquoi serait-il possible, au vu des accords de l'OMC, d'imposer des quotas à l' "importation" de Co2, mais pas sur les produits alimentaires issus des cultures intensives et/ou utilisant de grosses quantités de pesticides ?

Juste, s'agissant de l'autonomie alimentaire:
Si, dans quelques années, les taxes Co2 augmentaient tant qu'une partie de notre alimentation en provenance des findsfonds d'outre mer nous reveneait la peau des fesses ?
Eh bien, on serait bien contents, à Genève, d'avoir des petits lopins de terre pour profiter des légumes à la belle saison, Non ?

(Je dis ça pour le Co2, mais il y a d'autres risques:
Réchauffement, pollutions aux pesticides, à la radioactivité mal maîtrisée des centaines de centrales nucléaires, prévues par nos petits ingénieurs dans les pays "sous-développés", sans compter nos propres déchets, ni l'influence potentielle des agrocarburants sur le prix des denrées alimentaires.
Bref, je pense bien que certains de ces scénarios n'auront jamais lieu enfin, on en aura sans doute trouvés d'autres...)

Donc voilà, on a jamais tort d'avancer prudemment, Genève ne s'est pas faite en un jour, ni l'humanité non plus d'ailleurs.

Et donc, ce serait aberrant de bétonner toute la campagne à jamais, sous prétexte que nous vivons une euphorie économique provisoire fournissant du boulot à une région.

Parceque les boulots, les frontaliers, avec de la détermination et de l'inventivité peuvent aussi les créer chez eux, ils ne sont pas idiots ouu biennn ?

Tandis qu'à Genève, comme ailleurs en Suisse, le sol cultivable, comparé à la population, est plus que limité !

A chacun ses problèmes, les Français ont du terrain, et donc des réserves en cas de coup dur. Mais nous, on a rien.

Donc, les Français sont bien moins idiots que les Genevois gâtés.

Écrit par : chalex | 03/09/2009

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