02/09/2009

Ludwig Muller veut acheter des morceaux de France et de Vaud

muller ludwig.jpg"L'inviolabilité des frontières est garantie. L'influence et le pouvoir politique des Genevois s'arrêtent à la frontière. Mais, à une époque lointaine, où les choses étaient moins figées, il y avait trois possibilités de changer les limites territoriales: la guerre, les mariages entre familles régnantes et le rachat de territoire."

Excluant les deux premières possibilités, le constituant UDC Ludwig Muller a proposé à ses collègues de la Commission 4 "de réfléchir à cette troisième possibilité.  Non pas pour changer le tracé de la frontière, rassure-t-il, laquelle est définitive et inviolable, mais en vue d'asseoir l'influence de Genève au-delà de cette limite, somme toute artificielle." Nous avons reçu sa motion que tout un chacun peut désormais lire ici.


La proposition du joaillier de Céligny est assez décoiffante. Son objectif est de permettre à l'Etat de Genève ou à des Fondations d'acquérir des terrains dans des secteurs stratégiques: "ce que les collectivités publiques font à l'intérieur du canton, écrit-il, ils doivent pouvoir le faire à l'extérieur, au-delà des frontières. La Constitution doit nous en donner les moyens, permettant d'agir offensivement."

"J'ai dû affronter des obstacles dans ma vie, nous confie Ludwig Muller, et me suis rendu compte que ce qui paraissait au départ impossible trouvait souvent une issue à force de persévérance. "


JFM

 

La question sera-t-elle posée mardi prochain 8 septembre à Thônex? La commission 4 tient à 20 heures sa première audition-débat publique à la salle communale. L'entrée est libre et le public pourra intervenir.

 

Commentaires

Le 11 janvier 1827,
la bourgeoisie de la ville de Brème acheta les terrains surlesquels fut bâti le port de commerce de Bremerhaven (deuxième d'Allemagne actuellement) au Roi de Hannover. Ces terrains étaient enclavés 60 km plus au nord que la limite adminstrative du land de Brème.
Actuellement Brème et Bremerhaven ne forment qu'un seul Land, comme Genève et Céligny.

source:
http://de.wikipedia.org/wiki/Bremerhaven#Stadtgliederung

Le port de Brème s'ensablait, et cet achat permis à la ville, moteur économique condamné, d'envisager son développement pour le bien de toute la région.

Ce genre d'idée est tout simplement visionnaire.

Bravo M. Muller, vous avez le mérite d'y avoir pensé, j'espère que vous ne les avez pas trop effrayés.

Personnellement, et le plus sérieusement du monde:

Il faudrait qu'une collectivité maraîchaire genevoise, type "Les jardins de Cocagne" ou des organisations de défense de la nature "pro Natura" rachètent des terrains agricoles et sauvages en France voisinne.
Ainsi l'étalement urbain sera maîtrisé, les Genevois et les français voisins pourront enfin retourner à leurs racines authentiques.

Une autre idée, tout aussi sérieusement, serait d'acheter du terrain en zone urbaine frontalière, pour y dévellopper des joint-venture afin de délocaliser des emplois dans ces zones. Ce serait une façon de limiter le traffic des pendulaires, non ?



Le béton, on en a ras-le-saucisson.

Écrit par : chalex | 02/09/2009

Donc, vous avez raison de vouloir mener le débat !
(C'est d'ailleurs étonnant qu'aucun de vos collègues n'y ait songé plutôt, ça fait quand même un bail que Genève est une quasi-enclave..)

Mais, en attendant qu'il aboutisse (et Dieu sait s'il y a du chemin à faire), on pourrait déjà songer à ces incitations à la délocalisation en France voisinne.

Ne serait-ce que pour diminuer les méfaits des pendulaires sur l'environnement Genevois (via le traffic routier), ou sur la campagne Française (via le développement anarchique du bâti sur cette partie du teritoire voisin).

Mais aussi, et surtout pour éviter que ces délocalisations ne se fassent beaucoup plus loin, là où Genève n'aurait vraiment plus rien à en retirer.

Gradons à Genève la crème de la crème. Mais veillons à ce que le socle sur lequel elle repose lui demeure fidélisé.

Écrit par : chalex | 03/09/2009

"Non pas pour changer le tracé de la frontière, rassure-t-il, laquelle est définitive et inviolable, mais en vue d'asseoir l'influence de Genève au-delà de cette limite, somme toute artificielle": c'est pour le moins paradoxal. Une frontière à la fois "définitive et inviolable", d'un côté, et "artificielle" de l'autre, c'est plutôt bizarre. Dans le premier cas, on dirait la frontière sacrée, dans le second, que c'est une bouffonnerie. Et le terme "asseoir l'influence de Genève" fait un peu impérial, puisque cela fait résonner l'idée d'Etat, au lieu de laisser l'influence économique se développer sans intervenir trop nettement. C'est sûr que l'échange de territoires, que vous proposez ailleurs, M. Mabut, paraît plus raisonnable, et moins étrange. Car il est quand même évident que l'idée de la frontière "définitive et inviolable" n'est qu'une précaution oratoire, et que M. Müller lui-même ne prend pas ce dogme propre à la France du tout au sérieux.

Écrit par : Rémi Mogenet | 03/09/2009

Pour fidéliser les proches, il faut à mon avis ne pas oublier un peu de crème sur le gâteau, même si personne ne s'attend, bien sûr, à ce que l'essentiel de la crème sorte de Genève. Mais il ne faut pas que cela se voie trop, car cela froisserait la susceptibilité des gens à fidéliser, et donc empêcherait de pouvoir les fidéliser.

Écrit par : Rémi Mogenet | 03/09/2009

...La crème sur le gâteau pourrait être obtenue:

Par des bureaux [via sociétés privées implantées en France voisine; à part minoritaires (mais pas insignifiantes) détenues par l'état Genevois/Suisse] qui, par exemple, fourniraient des services logistiques et conseils (un peu comme les parcs technologiques des hautes écoles) a des sociétés start-up privées suisses axées sur des developpement en France(plutôt voisine). Les sociétés Françaises de ce type, bénéficieraient aussi de conseils quant aux placements/investissements qu'elles voudraient faire en territoire tranfrontalier Suisse.

Le montage, de type joint-venture Franco-Suisse, de ces sociétés "start-ups", devrait être requis afin que le(s) état(s) et autres investisseurs philanthropiques-patriotiques impliqués y retrouvent réellement leurs billes.

Enfin, ces entreprise seraient détaxées d'impôt et sur leurs donations en France et/ou sur celles en Suisse (limitrophe...), avec une légère incitation pour les dons dans les technologies renouvelables et les infrastructures de transports publiques ;-)

Écrit par : chalex | 03/09/2009

Comme les politiciens représentent, et mettent en application les voeux du peuple, je pensais intéressant de partager avec eux mes avis de citoyen.

Il ne s'agissait pas de propositions, mais juste d'idées à partager.

Je serais heureux que des personnes compétentes puissent s'inspirer de ces idées, si elles les jugent utiles.

En ce qui me concerne, l'arsenal des montages financiers, fiscaux, économiques, etc, me dépasse largement pour rendre plus concrète mon argumentation.

Si un fiscaliste, ou un juriste, pouvait passer par ce blog, qu'il en soit remercié.

Écrit par : chalex | 03/09/2009

Je n'y connais rien non plus, mais l'idée des conseils ne me paraît pas correspondre à une forte attente, du côté de la France voisine, qui pense qu'elle est déjà assez pourvue, sur ce point. A la rigueur, elle préférerait simplement que des filiales d'entreprises suisses qui emploient des frontaliers soient placées justement en France voisine. Je crois que les Français voisins n'ont pas le sentiment que le marché suisse leur soit aisément accessible, quand ils produisent eux-mêmes quelque chose. Or, à cet égard, des conseils risqueraient de ne pas changer grand-chose. Quant aux dons pour la recherche ou les transports publics, ils sont bien sûr souhaitables, mais en France, justement, la tradition est plutôt de payer des impôts et de s'en remettre au Conseil général, ensuite. Car le Conseil général n'a somme toute pas vraiment d'autre prérogative que celle-là. Je ne représente rien ni personne, et peut-être que j'ai complètement tort, mais je pense que pour fidéliser le "socle voisin", il faudrait parvenir à saisir le point de vue même des Français voisins, ainsi que leur manière de fonctionner, leurs véritables attentes, et ensuite agir en fonction de cela. Sinon, cela ne touchera pas vraiment sa cible.

Écrit par : Rémi Mogenet | 03/09/2009

...En somme, il nous faudrait une sorte de consensus de la pensée pour trouver des solutions durables à cette région:
Les Français, (et leurs "conseils généraux"?) sont-ils prêts à fonctionner un peu plus comme des Suisses ?
Et les Suisses à fonctionner un peu plus Français ?

Je n'en sais trop rien, en tous cas, s'il faut passer par là, ça risque d'être peuple Genevois contre état Français...
A la longue, nous les Genevois, risquerions d'en ressortir un peu moins Genevois. Je doute en effet de notre résilience dans ce type de combat contre un état si puissant, gouverné de si haut.
...Car nous tenons à nos acquis démocratiques directs, cela va sans dire, mais il semble que la consommation compulsive soit, chez nous aussi, plus "mainstream" en ce moment.
...Tout comme l'état Français tient à son pouvoir centralisé.

Bien entendu l'idée d'en savoir plus sur les institutions et le mode de fonctionnement/
de pensée de notre voisin me plaît. C'est certainement une démarche nécessaire.

Si vous avez des lectures, des réunions, ou des conférences à proposer, n'hésitez pas à les communiquer !

Ps:
Par ailleurs, je suis passé sur votre blog. Il est intéressant et sort du lot sur cette question.

Écrit par : chalex | 03/09/2009

Ceci dit, pour que des entreprises Genevoises puissent enfin sérieusement songer à installer une partie de leurs activités en France Voisine, il serait aussi judicieux que les "conseils généraux" étudient la question de la fiscalité des entreprises étrangères (à fortiori Genevoises) sur leur sol.

Toutes les initiatives ne peuvent pas non plus toujours venir du côté Suisse !

Où alors, si c'est trop impossible à entrevoir pour l'état Français, Genève pourrait encourager ses entreprises délocalisées en leur subventionnant le surplus d'impôts de leurs éventuelles activités frontalières. Ceci de manière à aplanir leur fiscalité, pour pas qu'elles ne soient défavorisées par rapport à d'autres entreprises restées sur sol Suisse.
Bien sûr, on ne pourrait subventionner tout le monde, et il s'agirait de cibler les entreprises générant le plus de trajets d'employés frontaliers au sein du canton.

Mais cette solution, de même que de coûteux achats fonciers frontaliers, que de coûteuses dépenses en aménagements de transports publiques, ou que le sacrifice de notre campagne sont-elles vraiment les seules issues à la mauvaise gestion fiscale ce pays voisin et autoritaire dont les élus semblent tant nous mépriser et qui, par là, forcent leurs propres citoyens à venir travailler dans notre horrible pays ?

Pardon, je m'emporte, c'est le chant d'un cygne
...transformé en oie !

Ps:
Ceci dit, la fiscalité française n'a, pour les PME, pas grand chose à envier à la fiscalité des PME genevoises, d'après ce que j'ai compris...

...Mais, ces considérations n'engagent que moi...

Pps:
A la recherche de plus d'informations sur la mentalité des français frontaliers. Ont-ils des blogs de politique ?

Écrit par : chalex | 03/09/2009

Le tracé de la frontière reste "définitif" aussi longtemps que les 2 entités
concernées n'en décident autrement.
Le droit de superficie,limité dans le temps, respecte la souveraineté nationale
mais donne à l'ayant droit les moyens d'être entendu quand ses intérêts sont
en jeux.(Ambilly)
Tout au long de l'histoire les frontières se sont modifiées.
Est-ce que celle qui nous intéresse aura le même tracé dans 100, voir 200 ans?
La dynamique des REGIONS pourrait passablement bouleverser les données.
Les cartes sont distribuées.(accords de Karlsruhe)
Pour nous, Suisses et Genevois, gardons les atouts en mains.

Écrit par : ludwig muller | 04/09/2009

Donc, M. Muller, ce n'est pas définitif.

Sinon, "Chalex" (est-ce votre patronyme?), il me paraît évident que pour fidéliser les Français voisins, il faut à la fois connaître et comprendre leur mode de fonctionnement et le respecter, c'est à dire ne pas chercher à le critiquer, mais chercher à voir comment on peut faire à partir de ce qu'il est. Ce n'est pas qu'il ne soit pas critiquable, mais que, dans les discussions entre les uns et les autres, la critique apparaît comme un outil de négociation, et non comme un simple aimable service rendu à son voisin. Elle n'a pas réellement pour effet la réforme des institutions voisines, lesquelles ne peuvent être réformées que par les citoyens voisins; dans les faits, elle ne peut qu'inférioriser l'une des parties dans la discussion, et donc, heurter sa susceptibilité - ou alors, provoquer sa soumission, peut-être, mais pas sa fidélité volontaire, libre et consciente d'elle-même.

A partir de ce qu'il est, un mode de subvention pour de la création d'emploi en France voisine est bien envisageable. Le reste me paraît peu viable. Mais je n'ai le cordon d'aucune bourse entre les mains, moi-même. Et par ailleurs, le Conseil général ne prend pas l'initiative, en général, de verser des subventions: il le fait après avoir étudié les dossiers qu'on lui a soumis et avoir été persuadé d'une possibilité de création d'emplois.

Le principal frontalier à avoir un blog n'est-il pas Antoine Vielliard?

Écrit par : R.M. | 04/09/2009

Il n'y a pas de mal à ce que l'Etat achète des terrains à l'étranger. Ambilly ne l'a-t-elle pas fait à Thônex il y a longtemps? De la sorte, Ambilly a l'occasion de participer à l'urbanisme chez nous! Pour donner un exemple plus récent, Singapour a acheté des terrains stratégiques en Australie pour compenser le manque de terrains en ville, notamment pour assurer des ressources agricoles! Ce n'est donc de loin pas une idée farfelue.

Écrit par : Bernois | 22/01/2010

Content que la discussion reprend.
Dès qu'on sort du politiquement correct,on nous accuse, nous UDC,de populisme.
Je suis persuadé que le politiquement INCORRECT fait avancer le smilblick.
Ce que Ambilly a réussi, Genève serait donc incapable?
La Chine,elle aussi s'y met. Elle achète en Afrique des centaines de km carrés
en vu d'assurer son approvisionnement en produit agricole.
Je suis convaincu que la frontière politique doit cesser d'être un obstacle
au développement de Genève. A l'instar de la démolition des remparts enserrant
la Ville de Genève au 19 ème siècle,nous sommes obligés d'agrandir notre
zone d'influence au delà la ligne dessinée par le congrès de Vienne.
C'est la responsabilité de l'assemblée Constituante de trouver une issue constitutionnelle afin d'éviter l'étouffement de Genève.
Nous sommes responsable vis à vis des générations futures.
Ludwig Muller Constituant

Écrit par : ludwig muller | 22/01/2010

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