08/09/2009

Qui sont les quatre auditionnés du premier débat public d'une commission de la Constituante?

eurodistrict gltc espaces-transfrontaliers.png«Genève, centre de la région : un atout?" Une question quelque peu existentielle pour une première historique, celle de l'audition publique de quatre personnalités de la région franco-valdo-genevoise par la commission 4 de la Constituante chargée précisément de défricher les enjeux des relations régionales.

L'ancien conseiller d'Etat Haegi, les maires d'Annemasse Christian Dupessey et de Ferney-Voltaire François Meylan et le président du Conseil régional du District de Nyon Pierre-André Romanens s'exprimeront donc ce mardi soir à 20h à la salle communale de Thônex autour de ces trois axes:

La « centralité » de Genève au regard de votre expérience quotidienne de l’agglomération franco-valdo-genevoise.

Les améliorations que vous proposeriez d’apporter aux formes de collaboration actuelle (une institution régionale ? autre chose?) et

Les moyens à inventer pour que les habitants s’approprient la région transfrontalière.

Les auditionnés ont une riche expérience en matière de gouvernance régionale et des solutions à proposer comme les GLCT dont on trouvera la genèse et les ambitions notamment sur le site www.espaces-transfrontaliers.org (cliquer sur l'image pour l'agrandir) et un exemple concret concernant la mobilité franco-valdo-genevoise ici. Jugez-en et affûtez vos questions!


dupessey.jpgChristian Dupessey est maire d’Annemasse depuis 2008.

A ce titre, il est aussi vice-président d’Annemasse-agglo, le niveau intercommunal dont Nicolas Sarkozy veut développer les compétences et la légitimité démocratique. Héritier politique de Robert Borrel, qui dirigea la capitale du Bas-Chablais durant 30 ans, Christian Dupessey est né à Thonon, mais il a toujours vécu à Annemasse. Il a fréquenté le lycée de cette ville, dont il est devenu le proviseur.

A 63 ans, Christian Dupeyssey est un enfant de Mai 68. Enseignant, il a fréquenté comme beaucoup le parti communiste. Mais c’est dans le syndicalisme qu’il trouva son engagement social. Il fut actif au niveau national au sein de la toute puissante Fédération de l’Education nationale.
Elu au printemps 2008 sur une liste Divers gauche, il n’est membre d’aucun parti, menant son chemin dans un département plutôt bien ancré dans la majorité présidentielle.

Sur le plan régional, il soutient la montée en puissance des intercommunalités et de son association régionale, l’ARC. L’ARC, c’est l’Association régionale de Coopération. C’est une spécialité « genevoise », créée par Robert Borrel il y a onze ans. Elle devrait cet automne devenir un Syndicat mixte et obtenir des préfets de la Haute-Savoie et de l’Ain la capacité d’engager des budgets. Du côté français donc la gouvernance de la région s’organise.

meylan françois Ferney de face.pngFrançois Meylan, maire de Ferney-Voltaire depuis 2008

François Meylan est comme Christian Dupeyssey un vieux routier de la politique locale. Il a été élu sur la liste des Verts en 2008 récoltant les dividendes de la bataille contre les abattages d’arbres en bordure de l’aéroport de GVA, "Genève Voltaire aéroport", dont il fut un des fers de lance.

Natif et habitant de Ferney-Voltaire, il est à 60 ans un homme public totalement engagé dans la vie de la cité. Très actif depuis sa jeunesse dans le milieu associatif, citons la présidence du club des jeunes de Ferney-Voltaire dans les années 1960 à son investissement récent dans le Centre de soins infirmiers. Il a déjà exercé la fonction de maire durant 17 ans à Versonnex 1977 à 1993. Il est le premier maire de France à intégrer les ressortissants de l’Union européenne aux décisions du conseil municipal.

Sur le plan régional, citons qu’il fut le président fondateur du Syndicat intercommunal à vocation unique (SIVU) qui a mis sur pied le traitement et le recyclage des ordures et déchets ménagers. Et qui est encore aujourd’hui la seule activité qui maintient en fonction la ligne de chemin de fer du pied du Jura.

Sur le plan privé, François Meylan est père de deux enfants biologiques, de deux enfants adoptés. Sa famille accueille encore trois autres placés. Cet engagement peu commun mérite je crois d’être noté.

haegi claude fedre.jpgClaude Haegi, président de la FEDRE, ancien président du Conseil d'Etat

On ne présente plus à Genève l’ancien maire de la Ville de Genève (83-89) et ancien président du Conseil d’Etat (89-97). Claude Haegi fut ministre de tutelle des communes genevoises et ministre du logement, de l’environnement et des Affaires régionales. On lui doit la première politique de revitalisation des rivières du bassin genevois.

Victime d’une cabale politique en 1997, Claude Haegi a su rebondir, toujours fidèle à une action d’ambassadeur et de facilitateur actif de la région, dans le droit fil de la philosophie de Denis de Rougemont, dont il préside la Fondation. C’est un frontalier politique avant l’heure. Il a créé pour élargir son action à toute l’Europe la Fondation Européenne pour le Développement durable des Régions (FEDRE) qu’il préside toujours.

Claude Haegi a donc été Monsieur Région bien avant que l’on ne parle du projet d’agglo franco-valdo-genevois. Sensible aux équilibres politiques, il sait la difficulté de créer des institutions supranationale dont le pouvoir parisien et les Conseils généraux des deux départements limitrophes pourraient prendre ombrage. Nonobstant l’installation récente à Saint-Julien, cité de la paix imposée de 1603, du secrétariat de la Commission régional franco-genevoise.

Claude Haegi a également présidé en 1996 Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe (CPLRE) dont il est président d’honeur. Il est récemment  intervenu comme grand témoin dans un congrès organisé par la ville de Chambéry. Le chef-lieu du département de la Savoie  qui se prépare à commémorer les 150 ans du plébiscite pro-France de 1860, se projette volontiers comme pivots de la métropole du sillon alpin, dont les marges sont Grenobles et Genève.

romanens pierre andré.jpgPierre-André Romanens, syndic de Coppet, président du Conseil de Regionyon

Comme l’ARC en France voisine, l’association des communes du district de Nyon qui englobe désormais Rolle s’est structurée sous le label Regionyon. Elle peut engager des budgets et reçoit des contributions des 42 communes membres (90'000 habitants) au prorata du nombre d’habitants. Pierre-André Romanens, syndic de Coppet, en est le président coopté en 2005 par ses paires jusqu’en 2011. Ce chef d’entreprise consacre l’essentiel de son temps à ses deux fonctions, en grande partie pour la gloire et le service de sa région.

Nyon la capitale a longtemps boudé ce conseil des petites communes, dont la couleur politique est différente de celle de la métropole régionale. Mais Nyon rentre dans le rang et sera membre à part entière du Conseil avec un membre de droit au Conseil d’administration au début de l’année prochaine. Pour la ville, qui craint toujours la dilution de ses pouvoirs, il s’agit de tirer profit des financements cantonaux et de convaincre les communes de sa couronne de la nécessité de participer aux budgets à externalités régionales : culture, sports, etc.

Son expérience à la tête de Regionyon sera sans doute précieuse dans la perspective d’une gouvernance de la région franco-valdo-genevoise.

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