30/09/2009

Jaques Pagan est pour les droits civiques aux étrangers, enfin presque

DSC02902.JPGSceptique. Le constituant UDC Jacques Pagan était sceptique hier soir à l'issue du premier tour de table: "Non, a-t-il affirmé très poliment, vous n'avez pas réussi à me convaincre de l'impérative et absolue nécessité d'introduire les droits de vote et d'éligibilité pour les étrangers dans la Constitution genevoise."

Les prises de paroles de sept présidents et délégués de la Ligue des droits de l'homme, de Kultura, du Centre de contact Suisse immigrés avaient pourtant été fortes, construites, synthétiques. Tous avaient tentés de montrer que citoyenneté et nationalité était deux droits distincts, que la citoyenneté découlait tous simplement du fait de vivre dans une cité, d'y travailler, d'y créer une famille, d'être actifs dans des associations, tandis que la nationalité était une affaire d'identité, de coeur, d'amour. Bref point n'est besoin d'être Suisse pour être citoyen.

C'est de la salle composée pour une petite moitié de constituant n'appartenant pas à la commission 2 et pour une grosse moitié de partisans de la cause de l'intégration des étrangers, dont plusieurs membres du SIT, que sont venus les témoignages les plus forts, les plaidoyers les plus clairs. Ont-ils ébranlé le constituant Pagan? Lui ont-ils apporté cette conviction intime que les droits civiques sont le moyen d'intégration qu'attend plus d'un Genevois sur trois, le moyen pour les immigrés d'être considéré à l'égal des autres habitants: des citoyens à part entière?

Sa conclusion a dégagé une ouverture subtile et inattendue et suggéré un argument que l'ancien conseiller national UDC aurait aimer entendre, mais qui n'a point été proposé:


 

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Guillermon Montavo Kultura, Alpha Dramé conseiller municipal Verts ville de Genève,  président de Kultura, Pilar Ayuso et Pierre Turcher,  Centre de contact Suisse immigrés.

"Le droit de décider de son propre destin qui fait la force et l'identité de notre pays risque de ne plus être ce qu'il est aujourd'hui" a conclu le président de la commission 2 rappelant un des slogans des Suisses: "L'union fait la force", Que fallait-il donc comprendre. Quel est donc ce risque celui de voir les droits civiques des Suisses dilués dans les droits octroyés aux étrangers? Pas du tout, le danger pour la Suisse, c'est la perte des droits populaires si elle devient membre de l'Europe. Du coup l'octroi des droits civiques aux étrangers établis en Suisse devient un moyen de consolider la démocratie directe aux yeux du nationaliste genevois.

Belle victoire des partisans des droits de l'homme! Reste à convaincre la majorité de la population. Laquelle semble prête à accorder le droit de vote aux étrangers sur le plan cantonal mais pas le droit d'éligibilité. C'est du moins le résultat d'un sondage effectué par la Tribune auprès de ses lecteurs dont le journaliste Eric Budry a donné la primeur hier soir.

D'opposants déclarés à l'octroi des droits civiques à tous les habitants établis (depuis 5 ans réclament les associations) il n'y en eu véritablement que deux de déclarés ce soir: les constituants radical Murat Alder et MCG Patrick Diminer, nonobstant le scepticsme initial de l'UDC Pagan et la question du socialiste Thierry Tanquerel qui a tenté en  vain de savoir s'il y avait des sondages permettant de matérialiser la demande des étrangers d'obtenir les droits civiques.

Quelque septante personnes ont participé très activement en l'aula de l'école Avanchets-Salève à cette deuxième audition-débat d'une commission de la Constituante. Un excellente soirée, instructive et riche en témoignages vécus.

De Vernier, je n'ai repéré que deux ou trois habitants, dont un  conseiller municipal libéral Gilles-Olivier Bron. Des milliers d'habitants de la cité des Avanchets, personne. Dans la nuit, les allées sont vides, les coursives désertes, les pas résonnent sur les parois de béton, seules les fenêtres jaunies ou blafardes trahissaient la présence d'une population anonyme. Une banlieue en tout point identique à celle de Berne où s'est joué la Bohème hier soir en direct.

Une autre absente de marque: la télé Canal 29 Avanchets. N'a-t-elle pas été invitée? A-t-elle boudé l'événement? Dommage. La Constituante doit garder des traces vivantes de ces instants.

JFM

Ce premier commentaire ne reflète que très sommairement la richesse de la soirée. Aux participants d'ajouter leurs commentaires ci-dessous ou dans leur blog ou de m'adresser leur contribution à blog@tdg.ch

 

La prochaine audition aura lieu le 28 octobre à Onex. La commission 2 auditionnera en publique sur le même thème de l'intégration et des droits civiques Jean-François Cavin, ancien secrétaire de la Fédération des patrons vaudois et le conseiller national UDC du Jura Dominique Baettig.

Commentaires

Cher Monsieur Mabut,
Permettez-moi d'apporter deux précisions:
- je ne m'oppose pas à l'octroi des droits politiques aux étrangers établis depuis 8 ans à Genève au niveau strictement municipal;
- Monsieur Ernest Greiner, ancien Président du Conseil municipal de Vernier et Député radical sortant, était également présent dans la salle.
Bien à vous,
Murat Julian Alder

Écrit par : Murat Julian Alder | 01/10/2009

Pour aller dans le sens de M. Alder, il y avait en effet, à ma connaissance, 15-20 habitants de la commune de Vernier, mais sans mandat politique pour la grande majorité il est vrai. Outre M. Greiner, il y avait aussi M. Charbonnier, sans parler des quelques conseillers de paroisses et de communautés.
A la décharge de mes collègues du Conseil municipal, il y avait le même soir deux importantes commissions, préparation de budget 2010 oblige.

Écrit par : G.-O. Bron | 02/10/2009

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