10/12/2009

Vote et éligibilité des étrangers: les fronts sont bloqués

tweet murat étrangers.jpgLes constituants ont repris leur débat jusqu'à 19h, heure où la benjamine Louise Kasser et la doyenne Zosso casseront la marmite. Je crois avoir entendu l'essentiel des arguments pour ou contre l'octroi des droits politiques aux étrangers.

Nul n'a évoqué les nouvelles technologies de l'information au cours du débat. Une discussion de haute tenue, très identité nationale, très contraint aussi par le défi qui consiste à faire adopter par les seuls citoyens genevois, en juin 2012, les règles du jeu du vivre ensemble durant tout le XXIe siècle qu'est la Constitution.

Une exception, celle du rapporteur de la commission, Murat Alder, qui a cité le sondage posté le matin même par la Tribune de Genève, dont les résultats sont venus conforter la faible majorité de la commission convaincue qu'il faut avancer pas à pas. Cette citation d'un sondage en ligne est, à ma connaissance, une première dans un débat parlementaire.


Elle renvoie à une autre problématique des droits politiques que les constituants n'ont pas encore abordée, du moins en plénière: celle des conséquences sur la gouvernance des collectivités publiques et sur les droits et les devoirs démoncratiques des nouvelles technologies de l'information.

En quoi Facebook, Twitter, les blogs, les outils de rédaction collaborative, les sondages en ligne et les forums pour ne citer que les outils largement disponibles - outils qu'une poignée de constituants pratiquent usuellement - en quoi l'interactivité citoyenne va bouleverser le statut du citoyen, les débats des politiciens, les métiers de l'administration et transformer la démocratie?

La réforme est en cours, plus rapidement ailleurs qu'en Suisse, où le fédéralisme et l'éclatement des pouvoirs dressent sur la voie de la modernisation et des services aux publics des murs de plus en plus hauts, coûteux et anachroniques.

Il est temps que les constituants s'y attaquent.

Sur les droits de vote, les fronts sont figés.

A droite l'UDC et le parti libéral sont favorables au statu quoi. L'UDC pour toujours, le parti libéral le temps de faire le bilan de l'octroi en 2005 du droit de vote aux étrangers sur le plan communal. Ce qui n'empêche pas Bénédict Hentch de durcir les conditions d'octroi en réclamant quatre ans de résidence dans la commune.

Au centre les radicaux et les PDC veulent bien accorder le droit d'éligibilité au plan communal. Mais pas question de dévaloriser le statut de citoyen suisse en accordant le droit de vote aux étrangers au plan canton.

Enfin les Verts, les Associations de Genève et la gauche jugent que les droits politiques sont indivisibles,. Ne pas accorder les droits civiques au plan cantonal c'est prendre le risque d'un dépérissement démocratique. Le parti socialiste hésite mais se laisse convaincre par le pari de l'audace, le droit suisse est le plus restrictif en matière de naturalisation? Quant à Claire Martenot, elle milite pour l'internationale: "Nous n'avons aucun mérite à être né d'un côté ou d'un autre d'une frontière"

Le débat s'est conclu sans vote.

 

JFM

18:03 Publié dans 2 Droits politiques, Séances plénières | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

La tisane de boulot est un excellent dépuratif!

Écrit par : dominiquedegoumois | 10/12/2009

Ceux qui sont certains de vouloir vivre à vie en Suisse, qu'ils se naturalisent et pourront ainsi voter. Mais pourquoi donner le droit de vote à une personne encore incertaine de son identité nationale.

On peut être né en suisse et se sentir étranger à vie puisqu'on ne veut pas renier ses racines, c'est plus fort que tout au monde. Ceux qui sont binationaux n'ont au fait pas de nationalité, ils tournent leurs vestes quand ça les arrangent.

Écrit par : Subiaco | 10/12/2009

J'ai tout à l'heure été témoin d'un incident très éloquent!

Place de la Fusterie, juste devant le pont de l'Ile Rousseau, un groupe de jeunes dealers se battait.
Une jeune africaine qui passait juste à côté s'est arrétée, pour regarder.

Elle s'est alors fait insulter par les jeunes, qui l'on traitée de grosse africaine. rajoutant - rentres chez toi!

Elle a alors sorti son portable pour les photographier, ils sont alors tous venu vers elle pour la menacer et l'insulter encore.

Je suis donc revenu sur mes pas pour l'aider!

On voit donc que le racisme à Genève, n'est pas le seul fait des blancs!

Quand un jeune dealer maghrébin insulte une africaine, quesque je suis en droit de dire et de faire?

Rien au risque de me faire traiter de raciste et de xénophobe!

En partant cette jeune femme s'est dit fatiguée de ce type d'incidents, qui sont à ses yeux beaucoup trop fréquents dans cette ville!

va t on la traiter de raciste ou de xénophobe?

Écrit par : dominiquedegoumois | 10/12/2009

Cher @Subiasco je suis CH-FR, né ici, et n'en suis ni fier ni honteux, enfin ça va me permettre de fuir cette ville pour aller vivre n'importe où ailleurs en Europe!

Un arbre a besoin de racine pour vivre, nous aussi!

Écrit par : dominiquedegoumois | 10/12/2009

Tant d'
Eponges, parasites & autres symbioses...

Si vous êtes venus ici, c'est pour une intention bien claire.
Vous en avez été nourri.
Assumez vos actes, décidez et regardez devant vous

Écrit par : Suissi Tude | 11/12/2009

Je pense qu'il s'agirait d'une grave erreur, car la plus part de ces personnes ne connaissent pas les lois cantonales. Suivant les sujets, même pour nous, nous avons de la difficultés à nous décider suivant les enjeux du sujet. Donc, je suis pour le refus

Écrit par : rebeyrol chantal | 12/12/2009

@suissi tude: avec cet argument, il faudrait donc priver de droit de vote une bonne partie des suisses de l'étranger. Comment pouvez-vous trouvez logique qu'un suisse d'origine genevoise habitant le Chili, qui y est né et qui y a toujours vécu, puisse se déterminer sur des lois qu'il ne connait pas alors que le petit-fils d'un immigré italien, né à Genève, dont les parents sont nés à Genève, ne puisse le faire?

Écrit par : olivier perroux | 17/12/2009

ha non, c'était à Chantal Rebeyrol que je voulait répondre....

Écrit par : olivier perroux | 17/12/2009

Pourquoi ne veut-on pas autoriser les "étrangers" à voter, alors qu'il y a tant de Suisses qui ne votent jamais ? Doit-on retirer la nationalité à ces derniers ?

Écrit par : Anaxagore | 25/01/2010

A M. Perroux,

Votre remarque est tout à fait pertinente ! J'ai été confronté personnellement à ce cas. Un "Suisse" né à Manaus (Brésil) ne parlant pratiquement que le portugais a pu voter dans notre canton pratiquement dès son arrivée..., simplement parce qu'il avait la chance d'avoir un passeport suisse.
Non, je pense que le refus de faire voter les étrangers n'a rien à voir avec les compétences ou la compréhension de notre langue. Non, on ne veut pas parce qu'ils sont étrangers, justement !

Écrit par : Michel Sommer | 25/01/2010

Si l'on donne le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers que restera t'il aux citoyens Suisses a part de faire le service militaire. Comme cela, en cas (j'espère improbable) de guerre, les Suisses au front et les étrangers pénards dans votre lit... L'erreur c'est d'avoir admis la double nationalité.

Écrit par : Ivan Skyvol | 26/01/2010

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