16/02/2010

Genève internationale: les cinq propositions d'Astrid Stückeberger

Stuckelberge astridr.jpgL'autre soir au CICG, lors de l'audition de la Genève internationale par la Commission 4, Hans-Peter Graf, membre de la Commission d'évaluation des politiques publiques, ne s'est pas contenté d'écouter la gérontologue Astrid Stückelberger. Il a voulu en savoir plus. Il a donc adressé cinq questions à cette bonne connaisseuse des Organisations internationales, par ailleurs chargée d'enseignement à l'Uni et présidante du comité des organisations non-gouvernementales sur le vieillissement.

Dans une long message - un peut brut de coffrage - qu'on lira intégralement ci-dessous, Astrid Stückelberber échaffaude les conditions "d'une réelle culture durable de la Genève internationale, et non seulement élitiste comme cela arrive encore trop souvent". La faisabilité de ces propositions est élevée, estime-t-elle, forte de ses 15 ans d’expérience avec les organisations internationales et les ONG, tant dans le partenariat que l’organisation de nombreux événements (notamment les deux dernières journées Portes ouvertes de l’ONU 1999 et 2001).

 

 


1.    ONG Genève-International >>

Soutenir et renforcer, notamment par le financement de fonctionnement ou d’événements,  toute ONG ou groupe qui dans ses activités renforce le lien entre Genève locale et internationale d’une manière ou d’une autre (ex. conférences, rencontre, formation, documents, projets, création, festival, action de fundraising, etc.)

2.    Réseaux internationaux incluant des partenaires de la Genève locale >>

Soutenir et renforcer structurellement, voir institutionnaliser, tous réseaux international - tel que GINA (Geneva Intl Network on Ageing) inauguré en présence de M. Segond le 1er octobre 1996 - constitués de manière tripartite (ONU -ONG - Genève/Suisse) - ceci ne peut en aucun cas être une ONG vu que les agences onusiennes sont impliquées dans le réseau et ne peuvent ainsi ‘appartenir’ à une ONG... c’est un modèle typique pour certains sujets d’expertise ou thématiques avec des scientifiques, le secteur privé ou autre.

Par exemple, le domaine particulier d’expertise de GINA est de rassembler les experts ONU-Suisse + les associations locales/nationales/onusiennes impliquées dans le vieillissement (ex. ONU = OMS, UNFPA, UNECE, BIT pour ONG = intl AARP, Conseil des femmes, Genève= Plateforme des associations d'aînés, Cité seniors  Genève = Ville, Université Suisse = PNR32, SSG (Société suisse de gérontologie), Pro Senectute) - M. Segond a financé cela et très bien compris mais à son départ la mouvance de la Genève intl s’est évaporée (par ex j’ai organisé avec lui pour Genève 2x les dernières journées portes ouvertes de l’ONU en 1999 et en 2001). Ensuite Manuel Tornare a repris le flambeau très partiellement et seulement ponctuellement pour l’événement du 1er octobre (Journée intl des personnes âgées), ex. en 2009 sur l’insécurité sociale. Ces actions ponctuelles ne permettent pas de réaliser tous les projets avec l’ampleur nécessaire à un vrai partenariat, mais permettent de rassembler la Genève de la Genève internationale autour de petites actions ou événements - initiative qui s’essouffle…

J’ajoute que ces réseaux internationaux sont indispensables pour traiter de sujets que le monde international n’est pas en mesure de traiter de manière aussi flexible, impliquant des acteurs très divers de la société civile mais aussi du secteur privé, des media, du monde académique, des arts, etc.

Par exemple, le thème du vieillissement est une thématique scandaleusement négligée aux Nations unies (UNICEF pour les enfants, UNIFEM alias GEAR pour les femmes,  mais rien pour les personnes âgées, seules 2 personnes dans tout le système de l’ONU sont sensées s’occuper du vieillissement et aucune ne connaît le sujet). D’autres sujets mériteraient soutien : la religion (qui ne fait pas du tout partie de l’ONU), l’éthique et la ‘corporate social responsibility’, le sport (avec le CIO et toutes les ass sportive dans le canton de Vaud - Ogi avait tenté de créer un réseau mais dont Genève est absent et est reste replié sur lui-même à Bienne - cela ferait un beau réseau Genève-Vaud-ONU-Sport pour le développement). Ces réseaux seraient des moteurs pour faire avancer certaines « causes perdues » à l’heure actuelle.

3.    Conférences tripartites >>>

créer une instance (ou soutenir les initiatives) qui serait l’interface pour organiser les conférences internationales qui ont des retombées pour Genève pour l’économie que pour l’apport de connaissances et pratiques ainsi que de réseaux …. du type ICT4D (Information, Communication and Technology for Development) plateforme multisectorielle durant le WSIS (UN World Summit for Information Society), pour la Conférence Développement et Sport avec Ogi, le Sommet du développement social - chaque fois multipartite (avec Genève- Suisse-académique ou expert sur le sujet-ONU) - j’étais programme manager pour chacune de celles mentionnées. Walter Fust, ancien directeur de la DDC a été un des moteurs du financement et de la mise sur pied de ces collaborations. Peu de conférences mondiales ont été organisées depuis…

4.    ICT-Technologie >>>

Créer à Genève un pôle de compétence des nouvelles technologies en profitant de UIT et de la Genève internationale. Ceci pourrait par exemple être fait en

A) Organiser un Centre pour les webconférences qui faciliterait le lien entre Genève et tous les centres onusiens dans le monde (New York, Nairobi, Lyon, etc.) mais aussi Euro à Bruxelles lors de conférences internationales et vice versa si l’événement est à Genève il pourra être webcasté dans le monde = créer un puissant site GE-CH intl d’information (l’Université à commencé à poster les webconférences sur son site par exemple dans certains domaines académiques)

B) Créer une télévision Internet ou câblée pour la Genève internationale

(i) d’une part relaieraient les grands événements de la Genève intl pour tout public CH et Euro ainsi qu’au u niveau intl,

(ii) d’autre part créer une TV GE internationale du type CNN des affaires mondiales ou plus modestement un Léman Bleu International ou geopolitis mais avec ONU-ONG-Genève (ceci relaierait l’information des réunions importantes qui sont quasi-hebdomadaire si ce n’est quotidienne, interviewerait des personnalités ou experts de passage à l’ONU, diffuserait en direct certaines sessions du Conseil des droits humains, diffuserait les événements des ONG avec interviews, etc..)

5.    Créer des Pôles de Compétences

... en identifiant tous les acteurs genevois experts en leur matières qui collaborent déjà avec la Genève intl - par ex Université, HUG, media, business  avec OMS, BIT, UNEP, UN global Compact, etc.… en faire un think tank de scientifiques ou experts multisectoriel qui pourraient aller dans le même sens que le RUIG (Réseau universitaire international de Genève)…c’est-à-dire permettre des collaborations productives pour le développement durable, projets collectifs, projets technologiques (on pourra aussi y impliquer le niveau européen tel que la commission européenne - programme cadre FP7)

Commentaires

Je crains qu'aucune de ces 5 propositions ne soit de rang constitutionnel de part leur contenu...

Écrit par : Murat Julian ALDER | 16/02/2010

Il me semble effectivement que c'est auprès du délégué à la Genève Internationale du Conseil d'Etat qu'il faudrait défendre ces projets concrets, la question essentielle restant leur financement.
Si l'on prend le cas de la télé "internationale", cela fait pas mal d'années que différents professionnels (dont Daniel Wermus, Xavier Colin ou moi-même) tentons de mettre sur pied des projets qui permettraient de couvrir la très importante actualité des OI et des ONG... Mais personne n'est prêt à payer, bien qu'il y ait des pistes permettant d'espérer rentabiliser la chose.
De là à l'inscrire dans la constitution ???

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2010

L'avis du professeur de droit international et ancien sec adjoint de l'ONU Nicolas Michel, qui donne prochainement une conférence à l'UNI sur le thème d'une entité politique monde, serait sans doute plus adapté à la question:
"Comment la constitution genevoise pourrait elle prendre acte des activités internationales sur son territoire et, le cas échéant, chercher à les favoriser?

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2010

Philippe, communique la date ! Merci

Écrit par : charly schwarz | 16/02/2010

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