13/03/2010

"Bâle, ville des cliques, Genève ville des claques"

DSC04471.JPG"Genève, un monde en soi!", "Basel Culture unlimited" Les deux cités devenue des marques - concurrence et globalisation obligent - ont chacune leur devise, celle de Genève est toute récente.

DSC04454.JPG"A l'examen, on peut se demander si Genève n'est pas tombée dans le syndrome de la cuvette genevoise, fermée par le Jura et le Salève, s'est demandée, vendredi matin, Marguerite Contat-Hickel, présidente en exercice de la Constituante de Genève à l'adresse de la quarantaine de Genevois, chaleureusement reçus par le président du Conseil d'Etat bâlois, Guy Morin, et l'ancien président de la Constituante, Bernhard Christ, dans le magnifique parlement du canton ville, au coeur du non moins magnifique Rathaus de la métropole rhénane. "Comme si le Rhin emportait Bâle plus loin que le Rhône Genève" , a poursuivi Mme Contat-Hickel dont on peut lire le discours ici.

Et la présidente de conclure joliment: "Si Bâle est la ville des cliques de son Carnaval, Genève est la capitale des claques" (de ces noces à Thomas qui s'y déroulent désormais plus souvent que le carnaval, pensait peut-être l'élue verte genevoise; depuis quelque temps, en effet, le sport favori des Genevois n'est plus le football mais ce théâtre de rue, où l'on jette des balles sur les figurines montées sur des bascule où l'on a affiché les portraits des autorités).


Les absents ont toujours torts. Surtout cette fois. La journée à Bâle de la Constituante - une course d'école très studieuse qui pourrait inspirer le Grand Conseil - a été passionnante, grâce notamment aux deux hôtes principaux des Genevois et leur excellente pratique de la langue française. De quoi rendre un peu jaloux bon nombre d'élus du bout du lac, au point que l'un d'entre eux a même dit qu'il troquerait volontiers le lac de Genève contre une aussi bonne maîtrise de l'allemand. Il pensait sans doute au beau lac de Bâle... Une amabilité qui répondait au mot d'accueil du président Morin, lequel avait souligné que le seul regret des Bâlois était de ne pas avoir de lac.

Un lac à Bâle? Un voeu que partage MetroBasel un thinktank soutenu par quelques grandes entreprises de la place, qui a édité l'an dernier une BD hélas trop peu connue à Genève. Bâle s'y projette comme une métropole européenne et où la banlieue et la région ne sont pas des réservoirs à problèmes, mais des espaces urbains et naturels de la ville. A Genève, la Fondation pour Genève réfléchit de la même manière en englobant cependant tout l'arc lémanique et le pôle universitaire lausannois. Mais cela est une autre histoire, une autre constitution genevoise, celle des urbanistes qui forgent les territoires de demain.

Les Constituants genevois sont montés hier à Bâle pour se familiariser avec la nouvelle gouvernance du canton - depuis un peu plus d'un an, Guy Morin est le président élu par le peuple pour quatre ans du Conseil d'Etat. Ils avaient une foultitude de questions, ils ont reçu une foultitude de réponses notamment sur l'organisation des communes, les relations régionales, les tâches de l'Etat qu'il convient d'inscrire dans la Constitution, les droits fondamentaux nouveaux, comme le droit pour les parents à une place de crèche pour leurs enfants, les modalités d'élection du Grand Conseil et ses droits propres dans le jeu des trois pouvoirs, etc. Sans oublier ce qui apparaît comme une épine dans le pied des constituants genevois la communication et la participation du peuple de Genève à leurs travaux.

Toutes ces questions et d'autres encore ont été évoquées durant tout l'après-midi dans trois commissions de travail, dont je peux témoigner de l'intensité du travail. Si les Genevois ont quelques doutes sur ce point, il faut qu'ils corrigent leur jugement. La Constituante bâloise a mis plus de cinq ans à accoucher de son oeuvre soit un an et demi de plus que le temps imparti à la constituante genevoise qui doit impérativement proposer un projet au vote des Genevois d'ici octobre 2012. Elle est parvenue à ses fins après des milliers d'heure de travaux en commission et en plénière, non sans s'égarer dans des débats byzantins, des projets ambitieux sans doute défendable mais irréaliste en regard de l'obligation finale de faire adopter le tout par le peuple.

Sur ce point le libéral Bernhard Christ a tancé quelque peu ses amis et néanmoins adversaires de gauche qui imaginent introduire leur programme politique dans les faits par le biais de la révision constitutionnelle. Vous devrez en rabattre, une révision constitutionnelle est principalement un travail technique, a déclaré en substance le président libéral de la Constituante bâloise, et très accessoirement une émanation de la volonté populaire au sens d'une vaste débat sur l'agora antique ou la Landsgemeinde helvétique.

Certes ce réalisme ne doit pas brimer l'expression des propositions même des plus utopiques dans un premier temps. Sur ce plan, la droite doit accepter de jouer le jeu d'une Constituante qui est quoi qu'on en dise le résultat de choix populaire. Le romantisme a ses limites. Sans doute les Genevois vont-ils à leur tour en cette année charnière 2010 très vite s'en rendre compte.

JFM

On lira aussi les notes suivantes associées à ce billet:

 

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Commentaires

Passionnant

Écrit par : Bertrand BUCHS | 13/03/2010

Vous voulez dire: LES TETES A CLAQUES DE GENEVE non ? entre nous, je m'en doutais... Elles sont si nombreuses et variées.

Écrit par : Pierre-André Dupuy | 13/03/2010

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