29/03/2010

L'idole des jeunes à J -2: l'Etat providence

glaj.pngJeunes et déjà dépendants de l'Etat providence? C'est le sentiment, sans doute un  peu brutal, que l'on peut ressentir à la lecture des doléances que le Groupement genevois des associations de jeunesse dépose ce matin sur le Bureau de la Constituante, deux jours avant la clôture fixée par la noble Assemblée pour recevoir les pétitions et autres propositions citoyennes.

"Le GLAJ demande à l'Assemblée constituante de reconnaître les particularités des jeunes et de leur donner une place dans la nouvelle Constitution genevoise notamment dans les domaines des loisirs, de la culture, de la formation et de la santé, écrit le Glaj dont la liste des demandes est longue. Il demande que l'État et les communes garantissent à tous les mineurs l'accès à des loisirs adaptés à leurs besoins". On lira ici sa pétition.

Ce qui est frappant dans cette pétition, c'est la marchandisation de la société dont les jeunes font la promotion malgré eux. Car on voit mal l'Etat agir réellement sans confier la mise en oeuvre de cette politique à des fonctionnaires et/ou sans subsidier des associations.


Il est loin le temps les enfants étaient encadrés par des jeunes bénévoles, qui eux-mêmes étaient encadrés par des adultes également bénévoles, notamment par des professeurs qui consacraient ainsi sans aucune indemnité quelques semaines de leurs longues vacances à la jeunesse. Aujourd'hui le moindre service se paie. Tout travail mérite salaire sans doute, mais le don de soi, le service civil, le renoncement à des loisirs personnels pour mettre son temps au service des autres diminue.

Certes le bénévolat est encore bien présent, mais un virus le ronge inexorablement et de trois côtés:

  • le bénévole délivre un travail par définition gratuit, or la gratuité est dévalorisée dans notre monde marchand. Le travail bénévole ne compte pas dans le PNB.
  • Le bénévole se trouve en but aux prescriptions de l'Etat qu'enfle sans cesse l'application toujours plus rigoureuse du principe de précaution, un cercle vicieux décourageant, qui frappe aussi les professionnels comme ces profs qui renoncent à des semaines hors de l'école.
  • Le travail bénévole peut aussi parfois concurrencer le travail salarié.

Y aura-t-il un statut du bénévolat dans la Constituante. Introduira-t-elle l'obligation pour tout habitant de délivrer sa vie durant des jours de services gratuits à la société?

Sans doute conscient de ces questions, les jeunes du GLAJ ont décidé de s'associer à la plateforme des associations d'aînés de Genève pour réclamer de concert une prise en compte de la dimension intergénérationnelle dans la Constitution genevoise.

JFM

Commentaires

Cher Monsieur Mabut,

Merci pour votre intérêt pour les deux propositions collectives que nous avons déposées hier.

Quelques précisions néanmoins suite à votre regard sur nos propositions:

1. Notre proposition collective ne contient pas uniquement des propositions sur les loisirs, mais également sur la santé, la formation et les projets des jeunes, qui sont des domaines tout aussi importants et primordiaux à prendre en compte et que vous évacuez un peu trop vite à notre goût.

2. Nous demandons une garantie d'ACCES aux loisirs, et non pas la mise en place de loisirs, et comme vous l'aurez lu dans nos propositions d'articles, nous ne spécifions pas que cette garantie d'accès est uniquement du ressort de l'Etat, même si l'Etat a la responsabilité première de mettre en oeuvre ce droit fondamental.

3. Concernant votre citation "Il est loin le temps les enfants étaient encadrés par des jeunes bénévoles, qui eux-mêmes étaient encadrés par des adultes également bénévoles", il cache une méconnaissance du secteur des loisirs à Genève, des milliers de bénévoles s'impliquant chaque année dans l'encadrement des enfants et des jeunes. En parallèle, notre société a bien changé depuis ce "temps" que vous décrivez, et des garanties de qualité ont été mises en place par les associations de jeunesse, afin de fournir un encadrement adapté aux enfants et jeunes, notamment via une Charte de Qualité établie par les associations et reconnue par l'Etat: http://www.chartedequalite.ch/

Le temps des prêtres pédophiles, et autres dérives, s'occupant "bénévolement" des enfants, est bien révolu et je crois que personne ne le regrettera !

David Matthey-Doret
Président du GLAJ

Écrit par : David Matthey-Doret | 30/03/2010

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