03/06/2010

ça va encore chauffer cet après-midi à l'Hôtel-de-Ville

portrait de groupe Eggly Buchi Contat Perregaux.jpgLe drapeau phallique redessiné par les Jeunes socialistes n'a pas plu au député vert Pierre Losio qui le dit sur son blog Tout passe (Comment jugera-t-il l'image du préservatif unitlisée hier soir par le professeur Hottelier chez les radicaux?). Le drapeau phallique sera-t-il brandi cet après-midi durant la pause des débats sur le coup de 16h30 sous le nez des Constituants cherchant un peu de détente sur la terrasse du père Glozu? Sans doute. Mais l'animation ne sera pas seulement dans la rue.

L'assemblée n'a pas achevé l'examen des 106 thèses concoctées par la Commission 1, désormais sans président après la démission du socialiste Maurice Gardiol. Comme l'indique le site officiel de la Constituante, les débats reprendront, sauf surprise, au chiffre 102 "Droits fondamentaux". Le catalogue des droits sera sans doute réduit par la droite prise au piège de sa volonté de rédiger dès ce stade de la procédure une Constitution de 150 à 180 articles, alors que plus de 450 thèses sont sorties d'un an de travaux en commission.


C'est sans doute cette volonté d'élagage précoce, voire précipité, plus que la volonté de supprimer effectivement des droits (qui sont de toute façon garantis par le droit universel ou la Constitution fédérale ou qui seront réintroduits dans les buts et les tâches de l'Etat issus de la Commission 5), qui est à l'origine du clash de mardi dernier et peut-être  de ceux de cet après-midi.

L'autre raison de l'élagage se trouve à la fin des thèses préparées par la Commission 1. "Quiconque est lésé dans ses droits fondamentaux peu saisir l'autorité ou la juridiction compétente" est-il écrit au numéro 102.261.e. On comprend que la droite, mais pas seulement elle, hésite à ce qu'un juge statue sur le droit au logement. Et, plus que l'égalité des sexes formelles, c'est le principe de non discrimination qu'il faut promouvoir et ancrer dans le texte fondamental.

La procédure choisie paraît à ce stade défaillante. Elle conduit la Constituante à s'écharper alors qu'une consultation populaire est prévue en novembre.

Les Constituants examine les thèses sorties des commissions comme s'il s'agissait déjà d'articles du futur texte. or nous ne sommes pas à proprement parler dans un premier débat, car l'avant-projet n'est pas encore rédigé.

On peut donc se demander si la Constituante n'aurait pas dû se contenter, avant l'été, de prendre connaissance de l'ensemble des thèses sorties des commissions et d'élaborer un mandat de rédaction clair et précis à l'adresse d'une Commission de rédaction dont la composition devrait refléter toutes les sensibilités sinon les onze groupes présents.

Du 20 septembre aux vacances d'automne, l'examen populaire de toutes les thèses mis en regard d'un mandat de rédaction exigeant un texte de 150 articles aurait clairement poser le cadre d'un grand débat populaire, laissant de surcroît le temps au Constituant d'aller dans les assemblées, dans les communes dans les écoles expliquer le but et les enjeux de leur projet. L'été indien aurait pu laisser imaginer un pique-nique républicain sur la Plaine de Plainpalais ou dans le Jardin des Bastions et dans toutes les communes à l'exemple de la fête de la musique.

Hélas rien de tout cela n'aura lieu. Durant encore 16 longues et fastidieuses séances, la Constituante va examiner, élaguer, reformuler, compresser les thèses sans pouvoir s'assurer d'une sérieuse cohérence. En novembre les constituants seront morts, épuisés, incapables d'animer les débats publics de la consultation prévue. Laquelle sera entachée des décisions prises. Ainsi le peuple pourra-t-il se prononcer dans cet exercice de démocratie participative sur les principes de l'égalité entre les hommes et les femmes ou sur le droit au logement que la majorité a balayés? Sans doute pas.

Il est déjà venu le temps d'une réflexion et d'un nouveau départ et peut-être de nouveaux capitaines. Sans quoi le navire court à sa perte.

JF Mabut

 

Commentaires

Maintenant que les partis de droite ont révélé leur mépris des valeurs fondamentales de la démocratie, tant sur le fond que par leur méthode, mieux vaut arrêter là la malheureuse expérience de la constituante et s'en tenir à notre constitution actuelle, qui n'est pas mal du tout.

Écrit par : Dommen Edouard | 03/06/2010

Le drapeau phallique ne fait les choses qu'à moitié. Voir ici une proposition de nouveau drapeau...

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/06/03/egalite-le-nouveau-drapeau-genevois.html

Écrit par : hommelibre | 03/06/2010

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