16/06/2010

Quelles démissions après celle de Philippe Roch?

démissions 16 juin 2010.jpglachat.jpgLa Constituante file du mauvais coton. Pas une séance plénière sans que ne fusent de tous bords des critiques, des motions d'ordre, des débat kafkaïens sur la procédure ou le règlement, des suspensions de séance.

La démission de Philippe Roch hier dit le ras-le-bol d'un sage qui se réclame de Nicolas de Flue. Son départ en annonce-t-il d'autres?  On peut le craindre. Roch est le onzième démissionnaire depuis le 19 octobre 2008 [cliquer sur la vignette de droite pour en voir la liste], c'est le constituant genevois le plus connu de Suisse, note le Temps, ce matin, qui ne relate rien des débats de l'assemblée. (Voir ici la liste officielle des thèses adoptées hier)

La semaine dernière, David Lachat (photo) a interpellé la droite qui imposait sa majorité dans le chapitre des droits fondamentaux en revenant sur les votes acquis en commission: "Ne découragez pas les démocrates de cette assemblée" a lancé le socialiste. Des mots lourds de sens.

Hier soir, c'est le jeune radical Alder, dont l'ambition est grande, qui annonce rien moins que le refus par le Parti radical d'un projet qui proposerait une baisse du nombre de signatures nécessaires pour les référendums et les initiatives: "Plus personne n'est pour cette constitution" a-t-il lancé dans une atmosphère orageuse et lourde comme le ciel, noir et pluvieux, de cette journée de juin.


Peu avant 19h, alors que la Constituante était engagée dans un débat technique sur l'autorité compétente pour juger la recevabilité d'une initiative, c'est la benjamine Louise Kasser qui, croyant bien faire, s'accorder une soirée libre et faire économiser à la Constituante le prix des jetons de présence - 16'000 francs - a déclenché le feu nourri des protestations. Au vote, elle l'a emporté par 29 voix contre 25. Les minoritaires, Souhail Mouhanna, Michel Ducommun, Soli Pardo et d'autres ont dénoncé le procédé.

Jusqu'au très civile et très pacifique Maurice Gardiol qui a critiqué le Bureau et la présidence d'avoir modifier au dernier moment l'ordre du jour en ajournant un débat en raison de l'absence du rapporteur de la commission 2 - en l'occurrence Florian Irminger en mission à Tbilissi. Excipant de sa longue carrière politique la radicale Françoise Saudan a contesté l'avis du socialiste et a volé au secours de la benjamine qui n'en demandait pas tant.

La présidente Contat-Hicekl s'est défendue, expliquant que la décision d'ajournement avait été prise par le bureau où sont représentés les onze groupes élus.

Le 23 mai dernier, c'est la gauche qui a carrément quitté la salle pour protester contre un amendement du MCG Dimier, dont le vote par la droite élargie a gommé d'un coup le vote quatorze thèses, dont le droit au logement. Depuis la gauche populiste qui a toujours dénoncé une révision constitutionnelle "à froid" se venge. L'AVIVO réclame le vote nominal à chaque thèse. Elle l'a obtenu la semaine dernière avec l'assentiment des Verts. Hier Soli Pardo a contesté ce recours systématique en parlant d'abus de droit. Il y a eu moins de votes à l'appel nominal.

Mais les amendements d'obstruction ou de détail - le diable est dans le détail, parfois déposés à la dernière minute, - on n'en est qu'au premier examen, même pas au premier débat - transforment les séquences de vote en exercice de haute voltige intellectuelle. Le mot de Cambrone a même échappé hier soir au rapporteur de majorité de la commission des droits politiques, le très civil Thierry Tanquerel, qui avait emmêlé ses feuillets. Un comble pour le professeur qui a, à plusieurs reprises, sauvé la co-présidence dans le complexe ordre des votes.

Quel sera le prochain démissionnaire? L'été risque d'être meurtrier. Surtout quand la Constituante émigrera en juillet au Centre international de conférence de Genève, où il n'y a pas de système électronique pour enregistrer les votes à l'appel nominal.

Onze constituants ont démissionné depuis l'élection du 19 octobre.

Gilles Godinat et Pierre Vanek (Solidarités) ont laissé volontairement leur place à deux femmes viennent ensuite ce qui a porté provisoirement leur nombre de 14 à 16. La journaliste Béatrice Barton n'a pas supporté longtemps ce loft politique qui n'a il est vrai pas les charmes du Dîner à la ferme. Quinze jours plus tard, l'oenologue Simone de Montmollin (Lib) a remplacé le boulanger Gilles Desplanches.

En juillet c'était au tour du professeur Olivier Fatio (Lib) de tirer sa révérence. Stéphane Tanner (GE-Avance) l'ancien directeur général de l'Administration fiscale quittait l'assemblée en octobre, le professeur Grandjean (Verts) en novembre , le professeur Beat Bürgenmeier (Socialistes) en décembre. En mars 2010, c'était Silja Halle (Verts) qui jetait l'éponge, en avril François de Planta (lib) et hier Philippe Roch (PDC). Il sera remplacé par Jean-Philippe Terrier.

Ce ne sera sans doute pas le dernier à retourner à ses chères études.

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Commentaires

Toutes et tous se cassent et on bâche, enfin un peu de courage que diable, je suis sûr que ça aura un effet positif sur le temps!


Et le temps c'est de l'argent, donc ça ne peux que vous intéresser!

Écrit par : dominiquedegoumois | 18/06/2010

Roch n'est pas resté de pierre et c'est bien, enfin il a les médiques gratos au cas où hein non?

Écrit par : dominiquedegoumois | 18/06/2010

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