01/07/2010

La parité hommes femmes n'est pas pour 2012

thèse parité.jpgthèse 203.1 parité votes.jpg14h30. La Constituante s'engage dans le débat sur la parité hommes femmes. La commission 2 et la commission 3, dont les rapporteurs sont deux verts, Florian Irminger d'une part et Louise Kasser d'autre part, sont majoritairement contre l'inscription dans la consitution d'une règle imposant que les autorités politiques comptent autant d'hommes que de femmes.

Une proposition originale consistant diviser les assemblées en deux parties, une féminine, une masculine permettait d'obtenir la parité automatiquement sans passer par les quotas. Le corps électoral devrait élire 50 femmes et 50 hommes, chaque parti présentant une liste féminine et une liste masculine.

Au terme du débat sur le coup de 15h45, la parité hommes femmes est balayée. La thèse réduite à une phrase proposée par la PDC Béatrice Gisiger est adoptée par 43 oui la «droite élargie» contre un non (Olivier Perroux) et 30 abstentions la gauche et quelques UDC (Pardo et Scherb).

"L'Etat promeut une représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des autorités".

Le résultat détaillé des votes est affiché dans la vignette de gauche. Cliquez pour l'agrandir. Sur le net, Charly Schwarz publie une note: Mieux que la « parité », la Déclaration universelle sur la Démocratie ! Cyril Mizrahi déplore pour sa part: Le PDC s'oppose une nouvelle fois à l'égalité entre femmes et hommes! Quant à Maurice Gardiol, il publie son intervention sur son blog Résistance et ouverture: Pour une parité démocratique


Patrick-Etienne Dimier, chef du groupe MCG (1 femme pour 4 élus) est contre la parité. Tout comme Marie-Thérèse Engelberts (MCG) qui plaide pour la méritocratie et non pour l'avantage accordé à un genre. Nous voulons nous imposer par nous-mêmes. La citoyenneté moderne ne connaît ni femme ni homme ni noir ni blanc. C'est presque du Saint Paul.

Souhail Mouhanna pour l'AVIVO (4 femmes pour 9 élus) est pour la parité.

Béatrice Gisiger pour le PDC (1 femme sur 6 élus) est contre la parité mais dépose un amendement qui impose à "l'Etat de promouvoir une représentation équilibrée de femmes et d'hommes au sein des autorités".

Catherine Kuffer-Galland pour le parti libéral & indépendants (5 femmes pour 13 élus) soutient la thèse PDC.

Marguerite Contat-Hickel met les constituants devant la logique de leur vote du 23 mai qui déclarait que "toutes les personnes sont égales en droit et en fait". Manifestement que l'égalité dans les autorités n'est pas acquises en fait, déclare la co-présidente de l'assemblée qui s'exprime pour les Verts (4 femmes pour 10 élus) . Ils soutiendront les thèses de minorité.

Le socialiste Maurice Gardiol plaide pour la parité par les femmes ont toujours de la difficulté

Françoise Saudan s'appuye sur l'exemple du Conseil fédéral qui n'a pas eu besoin des quotas pour que quatre femes y soient élues, sur huit membres (en incluant la Chancellerie). Il y a longtemps que l'on sait se battre. Nous n'avons besoin de personne pour traverser la route. Tout dépend de l'éducation et des modèles que nous serons créer. La seule chose que je regrette c'est de ne pas avoir appris à mes fils de repasser. Le groupe radical (1 femme pour 7 élus) se ralliera à l'amendement Gisiger. Elle est applaudie et coupe le siffet à Murat Alder ayant épuisé le temps de parole du groupe.

Yves Lador plaide pour la parité. Il constate que les Associations avaient proposé une liste quasi paritaire. Cependant aucun femme de siège parmi les trois élus du plus petit groupe de l'assemblée. Il évoque le problème culturel qui voit les conseils d'école par exemple composés d'hommes alors que ce sont les femmes qui sont actives sur le terrain.

Soli Pardo, chef du groupe UDC (0 femmes pour 7 élus) retourne le principe cité par Marguerite Contat-Hickel et pousse la logique jusqu'à son ultime conséquence, dans la même logique que celle de Marie-Thérèse Engelberts. Toutes les personnes sont égales signifient qu'on ne distingue plus les femmes des hommes. Veut-on rétablir des collèges d'hommes et de femmes, le collège Calvin réservé aux garçons d'une part, l'école supérieure des jeunes filles devenue collège Voltaire d'autre part? Veut-on nous replonger 50 ans en arrière?

Claire Martenot du groupe Solidarités (2 femmes sur 4 élus à la suite du désistement de deux hommes mieux élus). Imposer la parité ce n'est pas mépriser la qualité, c'est oeuvrer contre la culture ambiante qui privilégie les hommes.

Pour Ge-Avance (0 femmes pour 6 élus), Michel Barde trouve ce débat surréaliste. Les femmes sont majoritaires dans le corps électoral. Elles sont majoritaires parmi les étudiants à l'Université, rappelle l'ancien secrétaire général des syndicats patronaux genevois.

 

15h45 la Constituante passe au vote

Souhail Mouhanna demande le vote nominal et l'obtient. Soli Pardo conteste cette demande générale. Mais la présidente passe au vote de la thèse de minorité de la commission 3 no 301.34a

La droite «élargie»  l'emporte par 42 voix contre 29  et 3 abstentions La thèse est rejetée. Trois Verts s'abstiennent : Louise Kasser, Olivier Perroux et Florian Irminger.

La présidente Perregaux fait voter à main levée la thèse 203.13.a. Elle compte. Patrick-Etienne Dimier conteste la procédure demande des scrutateurs. La présidente recommence et demande aux constituants qui approuvent la thèse de se lever. Par 39 voix contre 28 et 1 abstention (Kasser), la thèse est rejetée.

Cyril Mizrahi demande et obtient le vote nominal sur l'amendement Gisiger.

Lionel Halpérin propose dans le brouhaha une motion d'ordre demandant que l'appel nominal ne puisse être obtenu non  pas par 15 membres mais par la majorité de l'assemblée. Christiane Perregaux estime que cette demande est un abus de pouvoir. Souhail Mouhanna parle de mépris pour les constituants, la modification du règlement n'est pas à l'ordre du jour s'emporte l'élu AVIVO de sa grosse voix menaçante. Michel Barde tempère et dénonce une manœuvre de culpabilisation vaine des élus de la droite. Lionel Halpérin ne réplique pas.

La présidente passe au vote, demande aux constituants de se lever, se reprend et demande à la secrétaire d'appeler les constituants. La droite, l'UDC (sauf Pardo) et le MCG répondent oui, les Verts et la gauche non, sauf Grobet qui se trompe et répond oui déclenchant un éclat de rire. Kunz dort, mais répond oui. L'amendement Gisiger est adopté par 40 voix contre 34, sans abstention. La thèse est adoptée par 43 oui la «droite élargie» contre un non (Olivier Perroux) et 30 abstentions la gauche et quelques UDC (Pardo Scherb).

 

Commentaires

L'amendement PDC n'impose rien du tout, au contraire il vise à supprimer toute possibilité d'encourager dans la loi une représentation équilibrée entre femmes et hommes! cf: http://cyrilmizrahi.blog.tdg.ch/archive/2010/07/01/le-pdc-s-oppose-une-nouvelle-fois-a-l-egalite-entre-femmes-e.html

Écrit par : Cyril Mizrahi | 01/07/2010

Les politiciens suisses et genevois, sont des joueurs de bonneteau ratés!

Trop gauches et surtout trop paraisseux, ils se sont reconverti dans l'indolence, et c'est aussi bien payé d'ailleurs!

Écrit par : dominiquedegoumois | 01/07/2010

@ dominiquedegoumois : Je vous fais une proposition, puisque vous semblez porté allègrement à l'insulte facile : vous prenez contact avec moi par e-mail () et nous préparons ensemble un programme d'un mois (mois de septembre) durant lequel vous suivez pleinement mes journées d'élu à la Constituante (réunions, préparations de ces réunions, téléphones, correspondance, etc.) et à la fin du mois vous recevrez au centime près le décompte de ce que vous auriez été payé si vous étiez vous-même une personne élue.
Je propose par ailleurs que nous fassions un blog sur la « Tribune » de cette expérience…

Écrit par : Florian Irminger | 02/07/2010

Désolé, mon e-mail ne s'est pas affiché. Le voici : florian.irminger@constituante.ge.ch.

Écrit par : Florian Irminger | 02/07/2010

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