29/09/2010

Bénédict Hentsch: "Nucléaire: pour des solutions responsables"

hentsch.jpgC’est bien connu, l’enfer est pavé de bonnes intentions et en ce qui concerne la politique énergétique, on retrouve celles-ci bien ancrées aux quatre coins du paradis politique.  Par exemple, qui est contre le développement durable? demande le constituant Bénédict Hentsch dans un papier publié le 29 septembre dans la page Opinion de la Tribune de Genève. Qui ne voudrait voir le monde se développer autour de lui sans que cela ne provoque des dommages à l’environnement naturel ou social? Personne!


Ainsi les énergies renouvelables procèdent des bonnes intentions et exercent un formidable pouvoir sur nos esprits, au point de nous aveugler.

C’est cet aveuglement qui explique l’étrange comportement de Genève en matière de politique énergétique.

Il est exigé de nos autorités qu’elles garantissent l’approvisionnement en énergie de notre canton, alors que, dans le même temps, elles doivent s’opposer par tous les moyens à tout ce qui touche de près ou de loin à l’énergie nucléaire (art 160E al. 5 de la Constitution genevoise actuelle).

Les SIG importent pourtant une part importante de l’électricité consommée à Genève de France, pays dont l’électricité est essentiellement produite par des… centrales nucléaires.

La production d’énergie a un coût économique, social et environnemental. Tout le monde est d’accord sur le fait que ce coût doit être diminué et que, si possible, la consommation doit être réduite.

La vraie question est: modérément ou drastiquement? Progressivement ou brutalement?

C’est sur ce point que des dissensions apparaissent. Pour certains (en gros pour la gauche et les Verts), il faut se diriger vers des réductions drastiques, pour d’autres, vers des réductions à la fois modérées et progressives.

Ce désaccord a pour conséquence un débat sur le montant des investissements dans les énergies alternatives dont certains s’attendent à ce qu’elles remplacent un jour l’énergie nucléaire.

Ce débat est loin d’être clair et ce ne sont pas les statistiques à qui on fait dire n’importe quoi qui nous départageront.

En fait, il n’existe pas de consensus en la matière et le présupposer conduit à un manichéisme simpliste entre les bons écologistes et les mauvais libéraux (parce que sceptiques), manichéisme qui pourrait conduire à la rédaction d’un article constitutionnel visant la promotion d’un programme plutôt que d’un autre.

Une telle promotion diviserait encore un peu plus la population et, surtout, interdirait tout débat démocratique sur la question de l’énergie

La seule voie que nous pouvons suivre, en tant que constituants responsables, est celle de la formulation d’un cadre solide pour la prise en compte de nos divergences, avec l’espoir de les voir progressivement résolues et de laisser à ceux qui nous gouvernent la charge de nous proposer des solutions possibles et responsables pour notre génération et celle qui nous suivra.

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