30/09/2010

Prévert I: environnement, chasse et eau

501.11a.jpgsavary jérôme.jpgLe rapporteur Jérôme Savary entame le marathon des deux cents thèses de la commission 5 par la première partie du rapport sectoriel 501 "environnement, chasse, eau". Les quinze membres de la commission 5 ont adopté par consensus la thèse: "Le canton et les communes protègent les êtres humains et leur environnement, luttent contre toutes les formes de pollution et veillent à ce que l’exploitation des ressources naturelles (eau, air, sol, forêt, biodiversité, paysage) soit compatible avec leur durabilité à long terme. Le canton définit et met en réseau les zones protégées."

Il s'agit d'un texte de synthèse qui ne dit pas les enjeux. Dans ce libellé, chaque mot et chaque concept comptent. Et il faut se souvenir qu'ils sont le produits d'une ppdm (plus petit dénominateur commun). On est déjà au coeur du débat qui sépare en gros la droite et la gauche, les tenants de la liberté d'entreprendre et les partisans de l'Etat surveillant et contrôleur général.

Suivent l'exposé des motifs des thèses relatives à la chasse, au principe de précaution et à l'eau. Ce dernier sujet donnera sans doute lieu à un débat de société.


Boris Calame défend les amendements de minorité qui complètent les thèses et étendent notamment la main-mise publique au sous-sol, aux berges, aux nappes phréatiques.

Alberto Velasco rapporteur de la seconde minorité défend l'eau comme bien public et rappelle que l'ONU vient de déclarer l'eau au nombre des droits humains. Il répond à Soli Pardo en rappelant qu'il y a peu l'eau du lac et de nombreux cours d'eau était polluée. Au reste, Genève, cité des droits de l'homme, se doit de manifester sa solidarité exemplaire envers les enfants du Sahel.

Pierre Kunz comme d'habitude est le premier à s'exprimer. Les radicaux souhaient qu'on s'en tiennent aux faits plutôt qu'aux idéologies. La Suisse est exemplaire en matière d'environnement. Yale et Columbia ont placé la Suisse au premier rang. L'air que nous respirons est le plus propre depuis deux cents ans. Foin des idées folles qui veulent convaincre le pays de renoncer des énergies nucléaires et fossiles d'ici 2050 et prônent la diminution du niveau de vie de la population.

Ludwig Muller pour l'UDC souhaite un élagage sérieux des thèses déposées. L'UDC s'oppose au partage des responsabilités entre les autorités élues démocratiquement et les associations. La régulation de la chasse peut être confiée à des particuliers à moindre frais. L'UDC veut aussi maintenir le libre choix des moyens de transport. Pierre Scherb rappelle que la chasse a été interdite en 1974 à une faible majorité. A Genève seize gardes-faune coûtant 400'000 francs pour réguler la faune alors que d'autres cantons vendent des concessions à des chasseurs et des sociétés de chasse qui de tout temps ont réglé cette question. Thomas Bläsi, n'a plus que 2 minutes 05 pour réclamer le libre accès aux berges du lac. Il est lui-même propriétaire au bord du lac et entretient un cheminement dit "cheminement douanier".

Souhail Mouhanna annonce un affrontement clair entre les tenants du moins d'Etat et ceux qui défendent les acquis démocratiques et sociaux. Le tribun de l'AVIVO dénonce les propos méprisants de Laurent Hirsch à propos des amendements qui ont été introduits dans la Constitution actuelle de haute lutte, grâce à la mobilisation du peuple. Tel est le cas des chiens dangereux.

Marco Föllmi ne s'offusque pas de la "teinte très verte de l'excellent rapport 501" du Vert Jérôme Savary. Ses préoccupations sont celles de la population. Cependant le démocrate-chrétien craint de transformer la Constitution en une loi trop détaillée. Il faut laisser des marges de manoeuvres aux autorités. Tel est notamment le cas de la chasse. Les démocrates-chrétiens refusent en revanche le principe de précaution que la libérale Simone de Montmollin voudrait remplacer par un principe de prudence.

Le socialiste Cyril Mizrahi met les points sur les "i" et rappelle que l'eau ne saurait être gérée par des entreprises privées. Il dépose conjointement avec l'UDC Bläsi le principe que les rives du lac doivent être publics. Contrairement au riverain Claude Demole qui y voit une restriction du droit de propriété. L'élu de GE-Avance cite le cas d'une villa sise au Vengeron appartement à l'Etat. "Et bien trois ambassades ont refusé de l'acheter en raison du droit de passage."

Fort du droit fédéral qui assimile les rives au plan d'eau, Nils de Dardel embouche la même trompette, regrettant que le canton manque d'une base constitutonelle pour mettre en oeuvre ce principe.

Yves Lador s'enflamme pour défendre le principe de précaution. Ne laissons pas les apprentis sorciers s'engager dans des transformations irrversibles. Sur l'eau, l'élu des Associations souligne combien le droit à l'eau est capitale dans la plupart des pays y compris dans les pays occidentaux dont la Grande Bretagne qui ont pris la mesure des pénuries annoncées et de leurs conséquences sociales.

L'ancien recteur de l'Université Jacques Weber, professeur de chimie, combat vigoureusement la tendance à l'extension du principe de précaution. Que ne l'a-t-on pas étendu à la haute finance! Prenez le cas du lithium, qui sert à créer des batteries légères? Aujourd'hui on ne sait pas quels sont les risques que courent ceux qui manipulent le lithium. Veut-on se priver des batteries? Au demeurant, l'Université n 'a pas attendu la Constituante pour déclarer le principe de responsabilité.

Michel Ducommun de Solidarités soutient les thèses de majorité de la commission et le principe de précaution. Pierre Gauthier déclare le soutien de l'AVIVO à l'accès aux rives du lac et au principe de précaution. On ne saurait mettre en danger des espèces sciemment.

Michel Barde, propriétaire avec ses frères d'une ferme, dit combien les sangliers aiment le maïs, et, propriétaire toujours avec ses frères du seul terrain agricole donnant sur le lac, dit combien les passants sont friands du raisin qui y murit... Bref, n'agravez pas la situation, demande-t-il à ses collègues

Après son collègue Alexandre Dufresne, Andreas Saurer soutient le principe de précaution, introduit en France - après l'affaire du sang contaminé - et dans la traité de Maastricht sans que l'économie française ou européenne n'en souffre. Le principe de précaution n'intervient qu'en cas d'atteinte grave et prévisible et pour autant que les conséquences soient importantes. Ne diabolisez pas ce principe!

Commentaires

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Écrit par : Mutuelle | 01/10/2010

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