30/09/2010

Prévert II: les antinucléaires manifestent, les photographes de presse mitraillent

Nissim Chaim anti nucléaire.jpgUne petite trentaine d'antinucléaires manifestent devant l'Hôtel de Ville. Cinq gendarmes anti-émeutes barrent l'entrée de la cour de l'Hôtel de Ville. "Nous sommes là pour défendre l'interdiction constitutionnelle du nucléaire à Genève, dit Chaim Nissim, qui prône "la réduction de la consommation de l'électricité de deux tiers, soit un retour au niveau de vie des années soixante."

Les photographes de presse mitraillent la minimanifestation. La rue fait toujours de plus belles images que les travées de la salle année 60 du Grand Conseil. Ayant rangé leurs calicots, les manifestants garnissent la tribune du parlement. Voir la vidéo ci-dessous de la manif. Anne Marie Reimann, artiste en calicot, y chante à pleine voix un Cé qu'e lainô de son cru.

L'interdiction de l'énergie nucléaire risque-t-elle d'être boutée hors de la Constitution genevoise?

Pas le moins du monde si l'on en juge au vote en commission. Par dix voix contre trois, la commission 5 présidée par l'élu patronal Benoît Genecand a voté cette thèse: "Les autorités cantonales s’opposent par tous les moyens juridiques et politiques à leur disposition à l’installation de centrales nucléaires, de dépôts de déchets radioactifs et d’usines de retraitement sur le territoire et au voisinage du canton." Une politique suivie déjà par Bâle Ville et le canton de Vaud qui soumet toute nouvelle centrale au vote populaire dit le rapporteur de la commission Jérôme Dufresne.

Mais le plénum a à plusieurs reprises déjà inverser les votes acquis dans le secret des délibérations de l'an dernier.


Le libéral Barbey souhaite justement que Genève applique le modèle vaudois.

Il cite les propos de M. Hurter, directeur des SIG, auditionné par la commission. Le canton est clairement en déficit énergétique. L'ensemble des énergies renouvellables ne pourront pas couvrir plus de 1500 GW/h des 3500 GW/h que le canton a besoin. la central à gaz du Ligon ne couvrirait que 8% de la demande. Nous ne sommes pas des partisans acharnés de l'atome, mais nous ne pourrons pas faire autrement.

"Notre proposition de minorité s'inspire du modèle vaudois. Il est ainsi libellé: "L’Etat collabore aux efforts tendant à se passer de l’énergie nucléaire. Sont soumis au corps électoral tout préavis ou disposition générale concernant l’utilisation, le transport et l’entreposage d’énergie ou de matière nucléaire." L'interdiction genevoise remonte au surgénérateur de Creys-Malville. Une installation en effet dangereuse, mais aujourd'hui en démantèlement", conclut le libéral.

Dans un article intitulé Des constituants libéraux veulent convertir Genève au nucléaire, le journal Le Temps de ce jeudi 30 septembre veut voir dans le vote de ce soir un possible feu vert à la construction d'une nouvelle centrale atomique: "Si une majorité de constituants accepte la proposition libérale, Genève donnera un signal au reste de la Suisse, où trois projets de centrales sont à l’étude: à Gösgen, Mühleberg et Beznau. Le peuple devrait être consulté au niveau national en 2013"

Preu anti-nucléaire, Andreas Saurer défend une thèse ainsi libellée: "Le canton prend les mesures nécessaires permettant une diminution des gaz à effet de serre d'au moins 80% en 2050 par rapport aux émissions de 1990."

Boris Calame des Associations exige des SIG qu'ils visent la réduction de la consommation des ressources (et pas seulement les énergies) et la promotions des énergies renouvelables.

Le socialiste Alberto Velasco défend la thèse de minorité qui exige de l'opérateur public qu'il vise la réduction de la consommation d'eau et la production des déchets.

Le débat est ouvert à 18h30. A raison de dix minutes par groupe, il devrait durer près de deux heures. Compte tenu de la pause du repas, le vote ne devrait pas intervenir avant 22h.

Andreas Saurer revenu sur les bancs des Verts défend sa thèse. Citant lui aussi M. Hurter, il tente de démontrer que Genève pourra toujours acheter de l'énergie renouvelable, car il y en a assez en Europe. Le médecin Saurer ne semble pas trop dérangé par le fait que les riches Genevois pourront donc se payer de l'électricité verte laissant les autres pays européens à "leur choix" de consommer l'électricité atomique indispensable pour couvrir les besoins et se débrouiller avec les déchets chez eux. Poncer Pilate n'a pas agit différemment.

Le radical Murat Alder dénonce cette hypocrisie des Genevois à qui on veut faire croire que le canton pourrait renoncer à l'électricité nucléaire, alors que l'Europe dépend évidememnt des centrales nucléaires notamment françaises.

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PS: Prévert dans le titre de ce billet en référence à l'inventaire. La commission 5 propose pas moins de 200 thèses à l'examen de la Constituante de Genève.

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