29/09/2010

Andreas Saurer: "Non aux déchets légués à nos enfants"

saurer andreas.jpgLa Tribune a offert jeudi 30 septembre une tribune aux partisans et aux opposants à l'énergie nucléaire: en l'occurrence deux constituants, le  banquier Bénédict hentsch et le médecin Andreas Saurer. Pour être précis, les partisans ne sont pas tous des Docteur Folamour et les opposants sont bien obligés d'admettre que l'Europe aujourd'hui ne fonctionnerait plus si l'on stoppait du jour au lendemain les centrales atomiques.

Nous publions ci-dessous le point de vue de l'élu Verts et dans un autre billet celui de l'élu Ge-Avance.

 


A Genève, la consommation d’énergie se répartit grossièrement en des quarts équivalents entre l’électricité, le mazout, le gaz et le carburant pour les transports.  En ce qui concerne l’électricité, son origine est exclusivement non nucléaire; 25% sont produits localement et 75% sont importés du reste de la Suisse et de la France.

Toute l’électricité consommée à Genève est «labellisée» avec des certificats qui garantissent juridiquement une origine non nucléaire. En Suisse, 60% de l’électricité provient des centrales hydrauliques et 40% des centrales nucléaires.

Dans les années à venir, nous devrons répondre à un double défi: l’augmentation de la consommation d’électricité et le vieillissement des centrales nucléaires. Nous serons donc contraints à la fois de trouver de nouvelles sources d’énergie électrique et d’accroître les économies d’énergie. La question de la pénurie ne se pose cependant pas dans l’immédiat. Selon un communiqué du 6 octobre 2009 de la Commission de l’environnement du Conseil des Etats, «les producteurs d’électricité considèrent que la question de la pénurie d’électricité est moins urgente qu’on ne le croyait». Ce problème ne sera donc d’actualité que dans une vingtaine d’années, vers 2030. Cependant, pour pouvoir y répondre, nous devons faire des choix dès maintenant. Rappelons quelques faits.

• Concernant l’énergie nucléaire, le problème des déchets légués aux générations futures reste insoluble.

• Le risque d’accident nucléaire est toujours possible, comme nous le rappelle l’accident récent à Mühleberg.

• L’énergie nucléaire n’est pas bon marché. Si on tient compte des frais d’assurance, des frais du traitement des déchets, des coûts inhérents à la prospection du stockage et au démantèlement des centrales vieillissantes, le coût réel du kWh atteint 15 à 20 ct. en Allemagne et aux Etats-Unis, et non pas 5 ct. comme le prétend la France.

• Selon l’Agence internationale de l’énergie, peu suspecte d’optimisme et de penchant écologiste, le prix du kWh solaire sera à parité avec les prix du réseau vers 2020, soit un prix situé entre 18 et 20 centimes pour les consommateurs suisses.

• Les projets de production d’énergie renouvelable actuellement prévus en Suisse permettent une production supplémentaire d’environ 6000 gigaWh dans les dix ans à venir, l’équivalent de deux fois la consommation de Genève ou de la production de la nouvelle centrale nucléaire prévue à Mühleberg.

Nous avons un choix politique à faire: soit le développement de l’énergie nucléaire en léguant les déchets radioactifs aux générations futures, soit investir dans les énergies renouvelables telles que le solaire, la géothermie et les éoliens.

Ces derniers ne représentent qu’à peine 2% de toute l’électricité produite en Suisse par rapport à 10% en Allemagne. Notre potentiel d’exploitation dans ce domaine est donc énorme.

Saurer Andreas

08:55 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.