04/10/2010

"Le peuple vote mal? Changeons le peuple...!"

longet onex.jpg"Quoi, la Constituante ne vote pas selon votre programme et vous appelez à la dissoudre? Vous me rappelez certains slogans parmi les plus réactionnaires du siècle passé: "Le peuple vote mal? Changeons le peuple...!"". Le Constituant GE-Avance Jean-Marc Guinchard n'en revient pas de la proposition de René Longet de dissoudre la constituante. Il le dit dans un billet publié sur son blog sous le titre René Longet seriez-vous réac...?

Dans même veine, Pascal Décaillet titre sur sn blog Liberté: René Longet à un problème avec la démocratie. Le patron de l'agence de presse Decaprod développe un intéressant argument:

"René Longet parle de respect des minorités. Que fait-il, lui, du respect le plus élémentaire en République, celui d’une majorité ? La Constituante élue par le peuple se trouve être plutôt à droite. Et c’est cela qui fâche tant M. Longet. Il y aurait eu une majorité de gauche, qui aurait fait passer le droit au logement, l’interdiction définitive du nucléaire, toutes les thèses féministes du PS, M. Longet n’y aurait vu aucun inconvénient. Il aurait même applaudi des deux mains ! Donc, il y a d’un côté la Constituante du Bien, celle qui avalise la pensée socialiste (15% de l’électorat genevois), et de l’autre la Constituante du Mal, celle qui les combat."


Pour le président des socialistes genevois, il suffirait, a-t-il dit à la Tribune de Genève, que le Grand Conseil le décide d'une loi constitutionnelle, qui sera soumise obligatoirement au peuple, afin qu'il défasse ce qu'il a fait, en votant à 80% pour la révision totale de la Constitution en février 2007.

Ce matin sur Radio Cité, le radical Murat Alder a défendu la Constituante, qualifiant de parfaitement normal le bras de fer actuel.

En clair , les camps affichent la couleur. L'an prochain ils rechercheront et trouveront des arrangements, des compromis et le consensus, sans lesquels en effet le projet n'a aucune chance devant le peuple en 2012. Le jeune avocat, décidément habile dans l'art du slalom polique - en séance jeudi dernier, il déclarait dans la même phrase que les radicaux étaient contre une centrale atomique, mais pour que le peuple puisse en décider - s'est toutefois distancer du bateau ivre de la constituante. C'est bien parce que nous anticipions ce genre de situation que nous avons proposé un texte constitutionnel prêt à l'emploi.

René Longet va-t-il mettre en oeuvre sa menace de dissolution? Pas tout de suite, admet le président socialiste, dont la proposition a tout du coup de semonce d'un partisan déclaré et convaincu du renouveau constitutionnel, très amer de l'évoution des débats en plénière, du raidissement de la droite qui n'a pas compris qu'en Suisse, seule la recherche du consensus a des chances de succès. Pourquoi cette posture soudaine des constituants de droite, s'interroge-t-il alors que les travaux en commission avait été plutôt constructif.

L'UDC qui s'est toujours opposée à la Constituante devrait voter la dissolution. Autant dire que l'assmeblée serait condamnée si un tel projet de loi est déposé. Bref, en marge du bras de fer politique en plénière sur les grands principes, se joue un jeu du chat et de la souri pour savoir qui de la droite ou de la gauche donnera le coup de grâce.

A noter que Jean-Marc Guinchard apporte un argument intéressant dans le débat: l'indépendance des constituants à toute pression des partis dans la mesure où ils ne sont pas rééligibles: "Ce qui vous agace le plus René Longet, c'est que les constituants ne sont pas rééligibles et ne sont pas par conséquent soumis aux pressions de leurs partis et électeurs. Avouez le donc, et personne ne vous soupçonnera plus de ne pas être un démocrate...mais il y a du chemin à faire."

          

17:04 Publié dans Les constituants, Partis, Séances plénières | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Voici une autre explication de la démarche de René Longet. http://pierrescherb.blog.tdg.ch/archive/2010/10/04/constituante-l-echec-est-la-premiere-etape-du-succes.html

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 04/10/2010

Tiens, curieuse remarque de notre sympathique collègue Jean-Marc Guinchard.

En effet, prétendre que "les constituants ne sont pas rééligibles et ne sont pas par conséquent soumis aux pressions de leurs partis et électeurs" ... c'est sans doute vrai, mais alors quelle travaille de sape que de présenter en séance plénière des amendements douteux qui sont formés, voulus et votés par une coalition majoritaire ...

Non, ne nous voilons pas la face, nous sommes dans une logique d'imposer une vision majoritaire à une minorité non associé aux réflexions ... il suffit pour s'en convaincre de suivre les débats ... rien ne change entre le début de ceux-ci, soit les positions concoctés et annoncées par les groupes majoritaires, et les votes finaux ... ceci indépendamment des arguments développés ... normal, tout est verrouillé !

Aussi surprenant soit-il, l'interdiction donnée à certain/e/s élu/e/s de droite, par leur groupe, de s'exprimer sur des thématiques où leur expertise pourrait faire tourner le vent à l'opposer des résultats à obtenir ...

Une assemblée manipulée ou manipulatrice ... à votre libre appréciation.

Boris Calame, Constituant
élu sur la liste des Associations de Genève

Écrit par : Boris Calame | 05/10/2010

"Le peuple vote mal, changeons le peuple"?
En l'occurrence, pour la droite, ce serait plutôt: "le peuple vote mal, essayons de profiter de la Constituante pour défaire tout ce que le vilain peuple a fait"
Heureusement le peuple aura le dernier mot. Hélas, la droite aura fait échouer un exercice qui aura coûté quelque 20 millions de francs. Elle en assumera la responsabilité.
Cf. ma dernière note ici: http://cyrilmizrahi.blog.tdg.ch/archive/2010/10/05/dae6345b03cf95581ef49bbda2eb116d.html

Cordialement,
Cyril Mizrahi, constituant

Écrit par : Cyril Mizrahi | 05/10/2010

A QUOI BON PERDRE SON TEMPS, ET DÉPENSER DES MILLIONS DE FRANCS, POUR UNE NOUVELLE CONSTITUTION GENEVOISE, QUI DÉRAPE DÉJÀ, ET QUE LES AUTORITÉS VONT S'EMPRESSER D'IGNORER LORSQUE CELA LES ARRANGERA.

Étant frontalier depuis début 2001, mais genevois d'origine, j'ai à plusieurs reprises invoqué la Constitution Genevoise, pour revendiquer l'égalité de traitement entre les genevois expatriés et les genevois résidents à Genève, notamment en matière fiscale et en matière de tarification hospitalière appliqués aux frontaliers, en invoquant l'article 2 "Égalité devant la loi" de la Constitution Genevoise du 24 mai 1847, lequel précise :

1) Tous les Genevois sont égaux devant la loi.
2) Le peuple genevois renonce à toute distinction de territoires et à toute inégalité de droits qui pourraient résulter soit de traités, soit d'une différence d'origine entre les citoyens du canton.

A la lumière de ce qui précède, pourquoi un genevois d'origine, résidant en France, doit-il aller jusque devant le Tribunal fédéral suisse pour faire valoir son droit à l'égalité de traitement ?

Pourquoi les instances genevoises inférieures l'ont-elles chaque fois débouté alors qu'il est patent qu'il avait raison depuis le premier jour. En effet l'ALCP est applicable d'office et immédiatement, s'agissant d'un traité international qui prime sur le droit national.

De surcroit, la Commission de recours en matière d'impôts (CCRI) lui réclame plus de CHF 1'000.-- d'émoluments de décisions, alors-même que le Tribunal fédéral a reconnu qu'il avait raison et que le Tribunal administratif a reconnu qu'il avait été victime de dénis de justice, de violations au devoir de célérité et de violations à l'égalité des armes de la part de ladite Commission de recours.

Dans le cadre de ses trois recours devant la CCRI jugés en 2008, il y a eu respectivement 71.4 %, 66.67 % et 62.5 % de commissaires notoirement ou probablement hostiles aux frontaliers, dont chaque fois une forte proportion de membres du MGC et de l'UDC. Cela ne vous fait-il pas un peu penser au tirage au sort du jury dans l'affaire de la BCGe ?

Jusqu'à ce jour, la CCRA à chaque fois éludé les questions de l'intéressé à ce sujet. Genève est-elle réellement la République bananière ou règne la politique des petits copains qui est décrite tant de fois dans les différents blogs ?

Pourquoi Les Hôpitaux Universitaires Genevois continuent-ils à discriminer les frontaliers, même genevois, en matière de tarification hospitalière, alors que l'Arrêt du Tribunal fédéral du 26 janvier 2010 a clairement précisé que les frontaliers qui obtiennent plus de 90 % de leurs revenus en Suisse ont droit à la protection de l'article 9 al. 2 Annexe I ALCP, lequel précise que les travailleurs frontaliers ont droit aux mêmes droits sociaux et fiscaux que les travailleurs nationaux résidents en Suisse ?

Monsieur François Unger se plaint que Genève ne peut accueillir une société internationale avec 5'000 employés, faute de logements à Genève. La Politique du Gouvernement Genevois , par pur esprit de lucre, pousse les résidents genevois à s'expatrier en France voisine, puisque le coût de la vie à Genève est tiré vers le haut par le pouvoir d'achat incroyablement élevé de ces expatriés.

Les résidents genevois qui se résignent à s'expatrier en France voisine, donc nouveaux frontaliers, seront ensuite traités comme des pestiférés lorsqu'ils viendront travailler à Genève avec des plaques françaises alors même que les employés des multinationales fraichement arrivés à Genève seront royalement traités.

Honte aux autorités étatiques genevoises, à la justice genevoise, ainsi qu'aux partis bourgeois, à Genève, notamment le PDC !

Frédéric Vahlé

Écrit par : Frédéric Vahlé | 05/10/2010

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