05/10/2010

La gauche pleure, la droite ne rigole pas

mizrahi cyril 2.jpgQuelle va être la réaction de la gauche ce jeudi à 14h, à l'ouverture de la prochaine session plénière et publique de la Constituante? Comment va-t-elle déclarer son amertume à la suite de la suppression de l'interdiction de l'énergie nucléaire dans la Constitution, histoire d'en laisser une trace dans le procès-verbal de la noble assemblée?

Hier le journaliste Pascal Décaillet se demandait sur son blog Liberté si Longet n'avait pas un problème avec la démocratie. Rebelote ce matin sous le titre La Constituante et l’Empire du Bien. De quoi susciter une réaction.

Elle est venue de Cyril Mizrahi sous la forme d'une lettre ouverte à Pascal Décaillet: Le journaliste, que d'autres soupçonnent de fréquenter le MCG d'un peu trop près, est qualifié par le chef de groupe socialiste à la Constituante de "chantre de Dark Vador". Ce qui a donné lieu presqu'aussitôt à une duplique sous le titre MM. Longet et Mizrahi, l'adieu aux larmes.

A noter encore que

  • René Longet n'annonce pas de projet de loi de dissolution pour demain matin,
  • Claude Torracinta, qui snobe les blog, publie dans la Tribune une tribune on ne peut plus convenue. En appeler à "un Michel Barde, un Jacques-Simon Eggly, pour ne citer qu’eux, pour convaincre qu’un échec devant le peuple écarterait tout nouveau projet de réforme pour des décennies" en dit long sur l'échec de la génération soixante-huit.
  • Quant à Pierre Kunz, il délivre sa vérité sur le nucléaire à Genève sur le ton "je la connais la musique".

 


Ressaisissez-vous, sauvez la Constituante!

par Claude Torracinta

«L a Constituante est morte», constatait René Longet, le président du Parti socialiste, à l’issue de l’assemblée de l’Association des communes genevoises qui venait de débattre du projet de la Constituante de créer des districts, une sorte d’échelon intermédiaire entre les communes et le canton. Un constat pessimiste qu’il réitérait samedi dans la Tribune .

Le jugement est sévère, mais nombre de Genevois le partagent. Après avoir suscité bien des espoirs, l’idée lancée par le professeur Andreas Auer semble vouée à l’échec. Je suis frappé d’entendre de plus en plus de gens déçus des décisions des constituants et affirmer vouloir voter non lorsque le projet de nouvelle Constitution leur sera soumis.

Je fais partie des citoyens qui ont soutenu l’initiative lancée par Andreas Auer. Je me suis enthousiasmé pour un projet qui paraissait pouvoir mettre fin à quelques-uns des blocages institutionnels qui font les charmes de la politique genevoise. J’ai naïvement pensé que les constituants sauraient sortir de l’affrontement gauche-droite pour se mettre d’accord sur des réformes essentielles.

Or, qu’a-t-on vu? La remise en cause de droits fondamentaux acceptés des années auparavant par les électeurs. Fini le droit des fonctionnaires à être député, un principe que les Genevois avaient accepté à une large majorité il y a une dizaine d’années. Aux oubliettes le droit au logement qui figure dans la Constitution depuis plus de vingt ans. Ecartés le principe de l’égalité hommes-femmes, l’interdiction du nucléaire et plusieurs droits sociaux. En agissant ainsi, la majorité de la Constituante a oublié qu’une réforme constitutionnelle débattue à froid, en dehors de toute crise, ne peut aboutir que si elle repose sur un large consensus, comme ont su le faire les Vaudois. Ce n’est peut-être pas enthousiasmant, mais c’est réaliste. Or, au lieu de se mettre d’accord sur quelques réformes qui auraient amélioré le fonctionnement des institutions, la majorité des constituants a choisi l’affrontement politique. Au lieu du consensus elle a préféré la politique du camp contre camp, confondant une réforme constitutionnelle avec les débats idéologiques du Grand Conseil.

Résultat, au fur et à mesure que ses propositions sont connues, les oppositions s’accumulent. En juin, la Communauté genevoise d’action syndicale menace d’appeler à voter non si la Constituante ne revient pas sur certaines de ses décisions. Des mouvements de femmes, des fonctionnaires, des magistrats communaux, des militants des partis de gauche, des antinucléaires adoptent la même attitude. Le non a le vent en poupe.

Enfermés dans leurs certitudes, aveuglés par leurs engagements partisans, certains constituants ne veulent pas voir que leurs propositions courent à l’échec. Qu’ils doivent sortir de l’affrontement idéologique actuel et revenir à des réformes raisonnables et acceptables par une majorité de citoyens. Qu’il ne s’agit pas d’être en position de force pour négocier lors des discussions finales, mais de trouver maintenant les moyens d’un large consensus, seul garant d’un succès dans les urnes.

Un Michel Barde, un Jacques-Simon Eggly, pour ne citer qu’eux, doivent les convaincre qu’un échec devant le peuple écarterait tout nouveau projet de réforme pour des décennies. Qu’à vouloir imposer leur point de vue, ils risquent d’être désavoués par les électeurs. Qu’ils doivent revenir rapidement en plénière sur certaines de leurs décisions et que l’impérieuse nécessité de mettre fin à nos blocages institutionnels est plus importante que de régler des comptes politiques.

12:55 Publié dans Humeur, Les constituants, Médias, Partis | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Il semble que l'UDC avait raison de s'opposer à la Constituante (cf. aussi mon blog http://pierrescherb.blog.tdg.ch).

Meilleures salutations.

Écrit par : Pierre Scherb | 05/10/2010

A QUOI BON PERDRE SON TEMPS, ET DÉPENSER DES MILLIONS DE FRANCS, POUR UNE NOUVELLE CONSTITUTION GENEVOISE, QUI DÉRAPE DÉJÀ, ET QUE LES AUTORITÉS VONT S'EMPRESSER D'IGNORER LORSQUE CELA LES ARRANGERA.

Étant frontalier depuis début 2001, mais genevois d'origine, j'ai à plusieurs reprises invoqué la Constitution Genevoise, pour revendiquer l'égalité de traitement entre les genevois expatriés et les genevois résidents à Genève, notamment en matière fiscale et en matière de tarification hospitalière appliqués aux frontaliers, en invoquant l'article 2 "Égalité devant la loi" de la Constitution Genevoise du 24 mai 1847, lequel précise :

1) Tous les Genevois sont égaux devant la loi.
2) Le peuple genevois renonce à toute distinction de territoires et à toute inégalité de droits qui pourraient résulter soit de traités, soit d'une différence d'origine entre les citoyens du canton.

A la lumière de ce qui précède, pourquoi un genevois d'origine, résidant en France, doit-il aller jusque devant le Tribunal fédéral suisse pour faire valoir son droit à l'égalité de traitement ?

Pourquoi les instances genevoises inférieures l'ont-elles chaque fois débouté alors qu'il est patent qu'il avait raison depuis le premier jour. En effet l'ALCP est applicable d'office et immédiatement, s'agissant d'un traité international qui prime sur le droit national.

De surcroit, la Commission de recours en matière d'impôts (CCRI) lui réclame plus de CHF 1'000.-- d'émoluments de décisions, alors-même que le Tribunal fédéral a reconnu qu'il avait raison et que le Tribunal administratif a reconnu qu'il avait été victime de dénis de justice, de violations au devoir de célérité et de violations à l'égalité des armes de la part de ladite Commission de recours.

Dans le cadre de ses trois recours devant la CCRI jugés en 2008, il y a eu respectivement 71.4 %, 66.67 % et 62.5 % de commissaires notoirement ou probablement hostiles aux frontaliers, dont chaque fois une forte proportion de membres du MGC et de l'UDC. Cela ne vous fait-il pas un peu penser au tirage au sort du jury dans l'affaire de la BCGe ?

Jusqu'à ce jour, la CCRA à chaque fois éludé les questions de l'intéressé à ce sujet. Genève est-elle réellement la République bananière ou règne la politique des petits copains qui est décrite tant de fois dans les différents blogs ?

Pourquoi Les Hôpitaux Universitaires Genevois continuent-ils à discriminer les frontaliers, même genevois, en matière de tarification hospitalière, alors que l'Arrêt du Tribunal fédéral du 26 janvier 2010 a clairement précisé que les frontaliers qui obtiennent plus de 90 % de leurs revenus en Suisse ont droit à la protection de l'article 9 al. 2 Annexe I ALCP, lequel précise que les travailleurs frontaliers ont droit aux mêmes droits sociaux et fiscaux que les travailleurs nationaux résidents en Suisse ?

Monsieur François Unger se plaint que Genève ne peut accueillir une société internationale avec 5'000 employés, faute de logements à Genève. La Politique du Gouvernement Genevois , par pur esprit de lucre, pousse les résidents genevois à s'expatrier en France voisine, puisque le coût de la vie à Genève est tiré vers le haut par le pouvoir d'achat incroyablement élevé de ces expatriés.

Les résidents genevois qui se résignent à s'expatrier en France voisine, donc nouveaux frontaliers, seront ensuite traités comme des pestiférés lorsqu'ils viendront travailler à Genève avec des plaques françaises alors même que les employés des multinationales fraichement arrivés à Genève seront royalement traités.

Honte aux autorités étatiques genevoises, à la justice genevoise, ainsi qu'aux partis bourgeois, à Genève, notamment le PDC !

Frédéric Vahlé

Écrit par : Frédéric Vahlé | 05/10/2010

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