06/10/2010

Donne-nous notre pain chaque jour...

affamés mère et enfant noir.jpgLes pauvres, les affamés, dont le nombre a passé en 2010 sous la barre du milliard selon la FAO, doivent méditer cette phrase tous les jours.

En Occident, elle fait partie du patrimoine chrétien. Un patrimoine que Genève a décidé de laisser en déshérence, de refouler dans la sphère privée pour ne pas dire intime, depuis qu'il est devenu politiquement incorrect dans la cité de Calvin de mêler religion et politique.

Du pain quotidien - pour lequel les Genevois dépensent 8% de leur budget quand ils consacrent 12% à leur santé - il sera question ce jeudi à la Constituante, qui poursuit l'examen des thèses concoctées à l'abri des regards et donc des polémiques au sein de la commission 5.


Les transports désormais mondialisé du blé, la suppression des octrois et autres droits de passage (mais pas des taxes douanières) ont élliminé les disettes et les famines depuis un bon siècle à Genève. Le plan Wahlen, qui avait assuré une certaine autarcie alimentaire à la Suisse, a commencé a être démantelé lorsque la chute du Mur de Berlin réduit la crainte de l'envahissement soviétique.

Mais rien n'y fait. La peur de la faim fait place désormais à la peur de la malbouffe. Vive donc le terroir et la proximité qui assure la traçabilité des aliments et consacre le règne de la fourchette verte. Une thèse, la numéro 502.21.a, demande que "l'Etat favorise une agriculture de qualité, diversifiée et respectueuse de l'environnement ainsi qu'un approvisionnement régional".

La souveraineté alimentaire sera donc ce jeudi au menu de la Constituante. Dans la Tribune de Genève de ce jour, deux élus de droite croisent le fer, histoire sans doute de montrer que la droite n'est pas cet empire du mal monolithique que d'écrivent désormais certains constituants de gauche qui affublent leurs collègues de surnoms tirés de la guerre des étoiles.

On pourra donc lire en cliquant ici les arguments de l'oenologue libérale Simone de Montmollin et du radical et ancien patron de Balexert Pierre Kunz, lequel reproduit son propos dans son blog "Je la connais la musique" sous le titre qui fleure bon le XIXe siècle "De la préférence régionale".

La thèse sur l'agriculture n'a pas fait l'objet d'une thèse de minorité. Ce n'est pas le cas des autres thèses qui seront discutées jeudi.

Au chapitre de l'aménagement du territoire, deux thèses n'ont pas obtenu l'assentiment de la commission, celle qui demande à l'Etat de réserver des espaces de loisirs et celle qui enjoint l'Etat de développer des quartiers durables.

Le chapitre de la mobilité va faire resurgir le débat sur le libre choix des moyens de transports inscrits il y a peu dans la Charte fondamentale du canton et que la gauche combattra via de nombreux amendements consacrant le primat du piéton, du vélo et des transports publics en ville.

En matière économique, la gauche veut ancrer Keynes dans la constitution: L'Etat fixe sa politique budgétaire en prenant en considération la situation conjoncturelle. Sept thèses de minorité sont proposées au chapitre Travail, dont le droit au travail dont on se demande pourquoi il n'a pas été réclamé dans le chapitre 1 des droits fondamentaux à l'égal du droit au logement. 1)

Quant au logement, la commission a produit rien moins que vingt-trois thèses de majorité et de minorité.

Le secrétariat de la Constituante nous signale le planning suivant:

  • Rapport 501 Environnement, etc. (suite et fin)       (grosso modo la séance de 14h)
  • Rapport 502 Economie et emploi                  (grosso modo la séance de 17h)
  • Rapport 503 Logement                            (grosso modo la séance de 20h30, à terminer lors de la session suivante)

 

1) Le cmmentaire d'Eloisa Gonzalez T., assistante du groupe socialiste pluraliste, que je remercie, vient combler une lacune de ma mémoire d'autant plus lacunaire que je n'ai pas pu assister à la fameuse séance du 23 mai. La thèse 102.191.a: "Toute personne a le droit de gagner sa vie par un travail librement choisi ou accepté" a été balayée par l'amendement Dimier

 

 

Commentaires

Cher Monsieur,

Concernant votre dernière interrogation sur le droit au travail, je me permets de vous rappeler que la commission 1 avait soumis à la plénière la thèse de majorité suivante (adoptée en commission à l'unanimité moins 1 abstention):

Thèse 102.191.a: "Toute personne a le droit de gagner sa vie par un travail librement choisi ou accepté."

Toutefois, il convient également de rappeler que le 25 mai dernier, l'amendement du MCG Patrick Dimier, soutenu par la droite, avait alors empêché le vote en plénière sur cette thèse.

D'où, certainement, votre oubli…

Avec mes cordiales salutations.

Eloisa Gonzalez T.
Assistante du groupe socialiste pluraliste

Écrit par : Eloisa Gonzalez | 06/10/2010

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