07/10/2010

Mobilité: à pied, à vélo, en tram et (?) en voiture

vitraux.jpgAprès une demi-heure de thérapie de groupe (voir note précédente), les 80 élus ont repris leur travaux dans le calme, mais aussi dans une certaine indifférence. C'est l'heure de la digestion. Le soleil brille à travers les vitraux figurant les armoiries des cantons et réchauffent la salle des débats.

Jusqu'en novembre, la Constituante discute des tâches de l'Etat. L'Etat oui, mais pourquoi faire, telle est la question. Vaste chantier. La droite voudrait voir figurer dans le projet qui sera soumis au peuple en 2012 la traversée de la rade, ce qui lui vaut une volée de bois vert de la benjamine Louise Kasser: "un tel projet n'est pas de rang constitutionnel". Cette phrase, nous allons l'entendre souvent. La gauche elle voudrait ancrer le principe des quartiers durables.

En matière de mobilité, on se retrouve avec une droite qui refuse d'annuler le libre choix des moyens de transports introduit récemment dans la Charte fondamentale du canton. Tandis que la gauche veut à tout prix donner la priorité aux transports publics et n'en a cure de retenir un choix populaire qui ne lui plaît pas. Le débat idéologique se poursuit, mais, par rapport au nucléaire, les fronts sont inversés.

A 16h40, la Constituante vote pour le développement de quartiers durables malgré l'opposition de la droite. La deuxième thèse de minorité 501.82.a donnant la priorité aux transports publics et à la mobilité douce tout en veillant à la complémentarité des différents modes de transport est acceptée par 37 voix contre 35 non. En n'empêchant pas l'adoption de cette thèse, la droite a fait une concession à la gauche.

Le président du TCS fait garantir la liberté individuelle du choix du mode de transport. La droite garde un atout dans la manche. Michel Barde et le PDC Sayegh manquent de manière surprenante la traversée du Léman d'une voix.


amendement mouette.jpgLes juristes de haut vol s'échangent des arguments pointus sur l'aménagement du territoire (Nils de Dardel vs Soli Pardo).

L'huissier distribue les amendements qui tombent comme les feuilles des marronniers de la Treille.

L'ancien député Andreas Saurer, rapporteur d'une minorité, se lance dans une critique de la traversée de la rade - il fut rapporteur de la minorité il y a dix ans - et constate que si la traversée avait été votée alors, on n'aurait pas aujourd'hui le CEVA.

Le président Eggly demande au rapporteur qui n'ont pas de limite de temps de parole de diminuer la longueur de leurs intervention. Il reste encore huit orateurs inscrits.

Le rapporteur de la majorité Jérôme Savary défend longuement les votes de la commission 5.

Carine Bachmann défend les éco-quartiers. Les gens en mal de repère doivent pouvoir participer dès le début à l'organisation de leur quartier.

Le chef de groupe socialiste Cyril Mizrahi jette le voile. Il inonde la Constituante d'amendements manuscrits réclamant la traversée en mouettes du lac Léman. Pierre Gauthier dépose aussi un amendement de même nature.

L'huissier navigue comme une mouettte à l'heure de pointe. Il dépose deux textes de Soli Pardo, modifiant un mot. On n'est pourtant dans le débat d'entrée en matière. La gauche n'a pas le monopole de l'obstruction.

Murat Alder déclare qu'il ne votera pas l'amendement Mizrahi, car il parle du Lac Léman... Sur le fond, Murat Alder convient que le libre choix du mode de transport n'a guère de portée, mais qu'il le votera néanmoins.

En marge des débats, je butine sur les blogs. Nicolas D. Chauvet écrit sous le titre "Constituante: le grand bac à sable": Depuis quelques mois, une droite plutôt étroite d'esprit impose arithmétiquement une série de revers symboliques à une gauche pas très inspirée. Il n'en demeure pas moins qu'écarter l'égalité femmes-hommes des principes fondamentaux de notre société est parfaitement rétrograde. (...) Tout porte à croire que cette droite-là se repose paresseusement sur sa majorité, sans réel souci de prendre en compte les effets potentiellement désastreux de son attitude sur les chances d'acceptation de la nouvelle constitution. Ma pratique de coaching m'a souvent fait le témoin de situations semblables dans des entreprises dont le sérieux et le succès ne pouvaient être mis en doute.  Par dérision, mes confrères, consoeurs et moi-même appelons cela le "bac à sable"... La suite sur http://leblogducoach.blog.tdg.ch

Il est passsé 16 heures. Va-t-on voter avant la pause? C'est le voeu du président Eggly.

Pierre Gauthier dépose son jeu. Les derniers amendements sont une boutade - l'huissier apprécie - il n'avait pour but que de montrer l'absurdité d'ancrer la traversée du lac dans la Constitution.

Soli Pardo regrette le retrait des amendements Gauthier et Mizrahi, car "la proposition socialiste rejoint le projet de loi de l'UDC qui vise à installer un bac à travers le lac en attendant la traversée du lac".

Le débat se termine sur un ultime échange verbal entre le libéral Laurent Hirsch et le socialiste Cyril Mizrahi qui dénonce la privatisation rampante des TPG qui se cachent derrière les amendements de la droite.

A 16h26, le président passe au vote.

Aménagement du territoire 501.7

L'amendement de l'AVIVO qui réclame une forte densité dans les zones de construction est refusée par 38 voix (droite et Verts) contre 21.

L'amendement des Associations et de la libérale Simone de Montmollin qui préserve la surface (plutôt que la zone) agricole est adopté par 60 voix contre 10.

La thèse 501.71.a amendée est adoptée par 63 voix contre 3 et 4 abstentions (UDC)

La thèse de minorité 501.72.a qui demande des espaces pour la pratique des sports de la culture et des loisirs, modifiée par un amendement de la gauche accepté par 39 voix contre 30, est adoptée par 42 voix contre 26  (libéraux et Ge-Avance).

La thèse relative aux quartiers durables est acceptée par 37 voix contre 34 (droite).

Mobilité 501.8. Le libre choix

La thèse de minorité 501.83.a donnant la priorité aux transports publics est refusée par 34 voix contre 29 et 9 abstentions.

La deuxième thèse de minorité 501.82.a donnant la priorité aux transports publics et à la mobilité douce tout en veillant à la complémentarité des différents modes de transport est acceptée par 37 voix contre 35 non. En n'empêchant pas l'adoption de cette thèse, la droite a fait une concession à la gauche.

La thèse de majorité 501.81.b fait l'objet de deux amendements: celui de l'UDC est refusé, celui des Verts qui conditionne le développement des transports à la situation énergétique est adopté par 37 voix contre 33. Ce vote représente une nouvelle concession à la gauche. La thèse amendée est adoptée par 43 oui contre 26.

La thèse 501.81.c qui fait obligation à l'Etat de développer les transports publics. Le président Eggly lit un très long amendement AVIVO qui empêche la privatisation de tout ou partie des TPG. L'amendement est refusé par la droite et trois Verts par 43 voix contre 20. Un amendement radical est refusé par 38 voix contre 34. La thèse de majorité est finalement acceptée par 49 voix contre 14 et 10 abstentions.

La thèse 501.81.d qui décide que les TPG sont un établissement public. L'AVIVO obtient le principe de tarifs bas et réduits par 43 voix contre 30. La thèse amendée est acceptée.

La thèse 501.81.e qui favorise la mobilité douce. Les constituants Zwahlen et Kunz échouen dans leur projet de remplacer le mot favorise par encourage. La thèse non amendée est adoptée par 43 voix contre 28.

Guy Zwahlen dépose un amendement qui consacre la liberté individuelle du choix du mode de transport. L'amendement adopté devient une thèse qui est adopté par 36 voix contre 32 et 5 abstentions.

Infrastructure 501.9. Pas de traversée du lac dans la Constitution

L'amendement Barde consacrant la traversée du lac est refusé par 38 voix contre 35. L'amendement Sayegh qui propose de réaliser la traversée du lac Léman est accepté par 37 voix contre 36 grâce à la voix du président Eggly. La thèse de majorité amendée est cependant de manière surprenante refusée par 37 voix contre 36.

La thèse de minorité 501.92.a, modifiée par l'amendement Perroux ainsi que par un amendement des Associations, est adoptée par 36 voix contre 35. Elle demande que les infrastructures de transports publics et de mobilité douce doivent accompagner les constructions de surfaces dédiées au logement, à l'emploi,aux  activités de loisirs et d'achats.



Commentaires

Hahaha. Cette droite est décidément à crever de rire. Le droit au logement et l'égalité homme/femme ne seraient pas de rang constitutionnel mais par contre la traversée de la rade le serait!?

Malheureusement ils ont échoué. Je dis malheureusement parce que ça donnerait presque envie de voter cette constitution qui, sur tout le reste, est un empilement de reculs graves et inacceptables.

Écrit par : Sandro Minimo | 07/10/2010

Les commentaires sont fermés.