21/10/2010

David Hiler tente de calmer les fronts

hiler 21 oct 2010.pngIl est bientôt 16 heures. La présidente Perregaux interrompt l'âpre débat sur le logement pour donner la parole à David Hiler. Le silence se fait.

Le conseiller d'Etat vert rappelle en préambule la création en 1954 et 1958 du système des HLM et les déclassements très importants opérés alors pour faire face à une crise du logement très aiguë: "Plus de la moitié des Genevois vivent aujourd'hui sur ces parcelles anciennement agricoles. Nous sommes dans une situation à peu près voisine."


"Aujourd'hui, nous vivons un changement d'échelle. Genève sera une des trois métropoles de la Suisse - il n'y en aura pas plus (les Lausannois vont apprécier)!"

"Deuxième évolution, la mort du système HLM et l'avènement des logements d'utilité publique avec un objectif ambitieux à réaliser: 20% des logements seront contrôlés par l'Etat, les communes et des fondations. Le droit suisse donne aussi davantage accès à la propriété, via la propriété par étage. Elle pourra concerner à Genève 20 à 30% du parc immobilier."

Reste à loger ceux qui n'ont accès ni au système contrôlé ni à la propriété. C'est évidemment un problème, mais relativise David Hiler sans que personne ne bronche: "Nous avons par rapport à d'autres pays européens développés très peu de personnes sans domicile fixe (hors les gens de passage), ceci grâce à un effort social important qui voit l'Etat prendre en charge le loyer de ces personnes."

Genève a beaucoup plus d'emplois que de logements, note encore le magistrat écologiste. Il souligne que le ratio un logement unemploi, qu'affectionne la gauche et les Verts,  ignore les retraités, catégorie de la population qui continue d'augmenter.

L'aménagement du territoire est mal réglé, poursuit David Hiler - est-ce une critique à son ancien collègue Robert Cramer ancien ministre du territoire? -, la sous-occupation dans certaines zones industrielles est patentes. "Allez de la place des Charmilles à Vernier, les entrepots disposent d'espace, tandis que les habitants sont en immeubles bien serrés".

Il prône donc une politique très volontariste, qui est celle de l'Etat, en matière d'acquisition de terrains. Nous n'avons jamais autant acquis de terrains que ces dernières années. C'est coûteux, mais ce n'est pas un puit sans fonds comme l'était le système HLM. Il appelle les communes à s'y mettre beaucoup plus intensémment.

S'agissant de la Constitution, il s'interroge sur la pertinence des référendums obligatoires: "Comment peut-on dire que le référendum obligatoire serait vertueux pour les impôts et ne le serait pas pour le logement? On comprendrait mal un déséquilibre de traitement, sauf à entrer dans une casuistique complexe." Une pierre dans la cour de la droite.

David Hiller annonce que le Conseil d'Etat interviendra ultérieurement sur la Constitution. Aujourd'hui, la réalité veut que nous ne pouvons pas garantir le droit au logement à tout moment.

"Oui, termine le poids lourd du Conseil d'Etat, il faut un système garantissant le contrôle sur 20% des logements, c'est le système des LUP. Non, on ne peut pas le faire qu'avec des normes de contrôle."

Jetant une pierre dans le jardin de ses amis verts, le ministre des finances déclare: Il faudra bien disposer de nouveaux terrains à construire. Le nouveau plan directeur en disposera. Sa révision sera présentée en 2012, comme votre projet. Et de conclure toujours impassible: "Sans doute sera-t-il plus facilement accepté que la Constitution."

Commentaires

En Suisse il y a 3 métropoles, celle de Bâle, celle de Zürich, et la région métropolitaine lémanique. Genève change d'échelle puisque déjà la population a déjà élu domicile sur Vaud ou en France voisine, malheureusement les infrastructures sont défaillantes. C'est la priorité numéro 1tout comme le logement. Il manque sérieusement de logements non subventionnés pour les classes moyennes, ce sont elles qui s'exilent sans parler des impôts.

Écrit par : Sirène | 22/10/2010

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