02/02/2011

Trois femmes à la barre?

roy céline.jpgJacques-Simon Eggly lâche la présidence de la Constituante de Genève. Sauf surprise, c'est la jeune Céline Roy, 27 ans, ingénieur en physique appliquée et détentrice d'un master en droit administratif qui devrait être élue cet jeudi après-midi en séance plénière publique.

On imagine mal le front du refus composé des élus de l'AVIVO, de  l'UDC et de Solidarités parviennir à faire élire le bijoutier UDC Ludwig Muller. Mais, en ces temps de révolution populaire, rien n'est impossible... Céline Roy nous a accordé une interview vidéo [cliquer lire la suite]

Le libéral de Champel, ancien conseiller national, plume fidèle des milieux économiques au Journal de Genève puis au Temps et désormais dans un blog hébergé par la Tribune, aura 70 ans le 4 septembre prochain. "Il est temps de réduire mes activités. Je n'avais pas mesuré à quel point la coprésidence de l'assemblée allait nous accaparer, nous avait-il confié en septembre dernier, alors qu'il annonçait sa décision à ses collègues. Mais je pense que le plus dure est fait. La Constituante est désormais sur de bon rail et le temps qui vient sera forcément celui de la conciliation sinon de la réconciliation."


Une jeune femme bien dans ses baskets

Les candidats ne se sont pas pressés au portillon pour monter au perchoir. Conduire la Constituante à quatre avec un bureau de onze membres est certes un honneur mais ce n'est pas une sinécure. Après quelques mois de tâtonnements, la bande des quatre coprésidents avaient cependant trouvé ses marques. La socialiste Christiane Perregaux, la Verte Marguerite Contat-Hickel, le radical Thomas Büchi et le libéral Jacques-Simon Eggly ont réussi à conduire la galère à bon port. L'arrivée d'une jeune élue qui est entrée à la Constituante au détour d'une démission, qui, de surcroît, n'a qu'une faible expérience en politique et aucune en direction d'assemblée sera un petit défi.

Mais Céline Roy paraît bien dans ses baskets. Elle affirme son ancrage libéral avec aplomb dans l'interview qu'elle nous a accordée, ce qui risque de faire grincer des dents à gauche au moment de son élection, mais au fond devenir présidente, n'est-ce pas accepter, sauf rares exceptions, de se taire sur les sujets traités? Pour Céline Roy, l'expérience sera formatrice et sans doute un bon tremplin pour son avenir politique.

Et puis les plénières devraient être moins chahutées en 2011 qu'elles l'ont été en 2010. En revanche, l'art d'un Jacques-Simon Eggly de trouver des compromis improbable, de monter des équilibres subtiles, qui sera la tâche des coprésidents durant l'année fera sans doute défaut. A l'heure où les caciques de l'AVIVO annoncent le naufrage de la Constituante, la réconciliation sur un texte acceptable par les Genevois en juin 2012 se fera en effet bien davantage en coulisses que sous les projecteurs des médias. L'expérience de l'âge est là souvent déterminante.

Les Genevois qui souhaitent rencontrer la probable nouvelle coprésidente de la Constituante pourront le faire ce samedi 5 février. Une journée qui ouvre la grande consultation populaire sur l'avant-projet.

La Constituante embarque dans un bus à impériale. Il fera halte à Vésenaz, devant Manor, de 9h à 10h, à Carouge place du Marché de 11h45 à 12h45, à Vernier à l'arrêt TPG de Balexert de 13h30 à 14h30 et enfin au Grand-Saconnex, à l'école des Pommier de 15h à 16h.

Les plus solides finiront peut-être à la fête de la longeole à Aire-la-Ville ou dans quelques autres bastringues du samedi soir.

07:19 Publié dans Actualités, Les constituants, Vidéo interview | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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